‹ Le développement du capitalisme en RussieChapitre 93 sur 138 · Industries des produits alimentaires ч · texte numérisé non relu

Industries des produits alimentaires ч

Ces industries méritent une attention spéciale pour la question qui nous préoccupe, car le caractère erroné des

* Par exemple, en 1860-1870 on comptait dans quelques provinces parmi les «usines pour le travail du fer» des dizaines de forges. Voir le Recueil de rens. et matériaux du Ministère des Finances, 1866, n°4, p. 406 ; 1867, n" 6, p. 384. — Les Annales stat. Série II, fasc. 6. — Cf. aussi l'exemple cité plus haut (§ II d'enregistrement par VAnnuaire de 1866 des koustari de Pavlovo au nombre des «fabricants»).

** Voir des exemples dans les Etudes, pp. 269 et 284 (voir Œuvres, t. 4, pp. 7-8 et 24. Л'.^.) — on y trouvera l'analyse de l'erreur dans laquelle est tombé M. Karychev, en ne tenant pas compte de cette circonstance. L'Index pour 1879 dénombre, par exemple, les usines métallurgiques de Koulébaki et de Vyksa et leurs filiales (pp. 356 et 374), qui ont été exclues de VIndex de 1890.

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données de la statistique des fabriques et usines atteint ici son maximum. Or, ces industries tiennent une place marquante dans le bilan général de la production de nos fabriques et usines. Ainsi, d'après l'Index pour 1890 sur un total en Russie d'Europe de 21 124 fabriques avec 875 764 ouvriers produisant pour une somme de 1501000 000 de roubles, ces industries comptent 7 095 fabriques avec 45 000 ouvriers et une production de 174 millions de roubles. Les principales branches de cette industrie : minoterie, gruaux et semoules, huilerie s'occupent du traitement des produits agricoles. Les petits établissements occupés à ce traitement se chiffrent en Russie par centaines et par milliers dans chaque province, et comme il n'existe aucune règle fixe pour dégager les « fabriques et usines » de l'ensemble de ces entreprises, la statistique détache tout à fait incidemment ces petites entreprises. Le nombre des «fabriques et usines » fait ainsi des sauts fantastiques, d'année en année et de province en province. Voici, par exemple, le nombre des usines dans la minoterie au cours de différentes années et d'après différentes sources : en 18G5, 857 (Recueil de rens. et de matériaux du Ministère des Finances) ; 1866, 2 176 {Annuaire) ; 1866, 18 426 {Recueil de la statistique militaire) ; 1885, 3 940 {Relevé) ; 17 765 {Recueil de renseignements sur la Russie) ; 1889, 1890 et 1891, 5073, 5 605 et 5 201* {Relevé) ; 1894-1895, 2 308 (Liste). Sur les 5 041 moulins dénombrés en 1892 (Relevé) il y en avait 803 à vapeur, 2 907 à eau, 1 323 à vent et 8 à chevaux ! Certaines provinces ne comptaient que les moulins à vapeur ; d'autres y ajoutaient des moulins à eau (au nombre de 1 à 425) ; d'autres enfin (la minorité) comptaient à la fois les moulins à vent (de 1 à 530) et à chevaux. On peut s'imaginer la valeur que peut avoir une telle statistique et les conclusions basées sur

* Et en plus, 32 957 « petits moulins » qui ne sont pas comptés au nombre des « fabriques et usines ».

l'utilisation confiante de ses chiffres* ! Il est évident que pour juger des progrès de la grande industrie mécanique, il nous faut tout d'abord établir un indice déterminé de la notion de « fabrique ». Nous choisissons à cet effet la présence d'une machine à vapeur : les minoteries à vapeur sont le complément caractéristique de l'époque de la grande industrie mécanique**..

Nous obtenons le tableau suivant du développement de la production de fabrique dans cette branche*** :

50 provinces de la Russie d'Europe

Produc- ^ . tion en

Ouvriers milliers

de roubles

La statistique de l'huilerie est également insuffisante pour la même raison. Ainsi, en 1879, elle comptait 2 450 usines avec 7 207 ouvriers et une production de 6 486 000 roubles et en 1890, 383 usines avec 4 746 ouvriers et une production de 12 232 000 roubles. Mais cette diminution du

Années

Minoteries à vapeur

* Voir les exemples de telles conclusions chez M. Karychev, dans l'article cité plus haut des Etudes. (Voir Œuvres, t. 4. N.R.)

** Les grandes minoteries hydrauliques portent elles aussi, bien entendu, un caractère de fabriques, mais nous n'avons aucun moyen de les séparer des petits moulins à eau. D'après l'Index pour 1890, nous avons dénombré 250 moulins à eau avec 10 ouvriers et plus. Le nombre des ouvriers qui y travaillaient s'élevait à 6 378.

*** Recueil de la statistique militaire. Index ei Relevé. D'apvès la Liste pour 1894-1895, on compte 1 192 minoteries à vapeur en Russie d'Europe. La statistique des machines à vapeur établissait en 1875-1878 294 minoteries à vapeur en Russie d'Europe.

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nombre des usines et des ouvriers n'est qu'apparente. En rendant comparables les chiffres de 1879 et 1890, c'est-àdire en excluant les établissements avec une production inférieure à 2 000 roubles (non compris dans les listes nominatives) nous obtiendrons en 1879 272 usines avec 2 941 ouvriers et une production de 5 771 000 roubles et en 1890, 379 usines avec 4 741 ouvriers et une production de 12 232 000 roubles. Il ressort, par ex., de la statistique des machines à vapeur que la grande industrie mécanique s'est développée dans cette branche avec non moins de rapidité que dans la minoterie. En effet, en 1875-1878 il y avait 27 usines à vapeur avec 28 machines d'une puissance de 521 chevaux, et en 1890, 113 usines mécaniques avec 116 machines d'une puissance de 1 886 chevaux.

Les autres branches de cette industrie sont relativement peu importantes. Notons que, par ex., dans les industries de la moutarde et des conserves de poisson, la statistique de 1860-1870 comptait par centaines les petits établissements n'ayant rien de commun avec les fiabriques et qui actuellement ne sont pas classées comme telles. Ce qui suit montre bien que les données de notre statistique des fabriques et usines pour les différentes années ont besoin d'être corrigées : Ylndex pour 1879 comptait dans cette industrie, à l'exception de la minoterie, 3 555 usines et 15 313 ouvriers, et en 1890 1 842 usines et 19 159 ouvriers. Pour 7 branches d'industrie*, on enregistre en 1879 2 487 petits établissements (dont la production est inférieure à 2 000 roubles) avec 5 176 ouvriers et une production de 916 000 roubles, et en 1890 sept établissements avec dix ouvriers et une production de deux mille roubles ! Avant de comparer ces chiffres, il faut donc déduire dans un cas cinq mille ouvriers, dans l'autre dix ouvriers !

• Industries des huiles, de l'amidon, de Ja mélasse, du malt, de la confiserie, des conserves et du vinaigre.

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