Inidustriee payant l'accise elt autres
Nous observons pour quelques industries payant l'accise une diminution du nombre des ouvriers de fabriques et usines depuis 1860 jusqu'à aujourd'hui, mais cette diminution est loin d'être aussi importante que l'affirme M. N. — on*, qui croit aveuglément à chaque chiffre imprimé. La raison en est que le Recueil de la statistique militaire est la seule source de renseignements pour la plupart des industries payant l'accise ; or, nous savons que ce recueil exagère énormément les totaux de la statistique des fabriques et usines. Malheureusement, nous disposons de très peu de miatériaux pour contrôler ses chiffres. Ainsi, dans la distillerie, le Recueil de la statistique militaire comptait, en 1866, 3 836 usines avec 52 660 ouvriers (en 1890: 1620 usines avec 26 102 ouvriers). Ajoutons que le nombre des usines ne correspond pas aux chiffres du Ministère des Finances, qui comptait en 1865-1866, 2 947 usines en service et, en 1866-1867, 3 386**. Ceci porte à croire que le nombre des ouvriers est grossi de 5 à 9 000. Dans La fabrication de l'eaude-vie, le Recueil de la statistique militaire dénombre 4 841 usines avec 8 326 ouvriers (en 1890: 242 usines lavec 5 266 ouvriers), dont 3 207 usines avec 6 873 ouvriers en Bessarabie. L'absurdité de ce chiffre saute aux yeux. En effet, nous savons par les renseignements du Ministère des Finances*** que le nombre réel des fabriques d'eau-de-vie de la province de Bessarabie était de 10 à 12, et celui de toute la Russie d'Europe, de 1 157. Le nombre des ouvriers est donc grossi, de 6 000 au minimum. La cause de l'exagération est visiblement que les « statisticiens » de Bessarabie
♦ Rousskoïé Bogatstvo, 1894, no 6, pp 104 et 105. *♦ L'Annuaire du Ministère des Finances, f. I, pp. 76 et 82. Le nom bre total des usines (y compris celles qui n'étaient pas en activité) était de 4 737 et 4 646.
♦** Annuaire, t. 1, p. 104.
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ont classé parmi les usiniers les propriétaires de vignes (voir ci-dessous sur l'industrie du tabac). Dans la brasserie de bière et d'hydromel le Recueil de la statistique militaire compte 2 374 usines avec 6 825 ouvriers (en 1890 : 918 usines avec 8 364 ouvriers), tandis que У Annuaire du Ministère des Finances compte en 1866 dans la Russie d'Europe 2 087 usines. Là encore le nombre des ouvriers est exagéré*. Dans l'industrie du sucre et la raffinerie, le Recueil de la statistique militaire grossit le nombre des ouvriers de 11 000, en comptant 92 126 ouvriers contre 80 919, chiffre indiqué par V Annuaire du Ministère des Finances (en 1890 : 11 ЮЪ ouvriers). Dans l'industrie du tabac le Recueil de la statistique militaire compte 5 327 fabriques (!) avec 26 116 ouvriers (en 1890: 281 fabriques avec 26 720 ouvriers) ; 4 993 de ces fabriques avec 20 038 ouvriers se trouvent dans la province de Bessarabie. En réalité, le nombre des fabriques de tabac en Russie s'élevait en 1866 à 343 et dans la province de Bessarabie, à 13**. Le grossissement du nombre des ouvriers atteint environ 20 000. Les auteurs du Recueil de la statistique militaire font observer eux-mêmes que « les fabriques indiquées pour la Bessarabie. . . ne sont pas autre chose que des pLantations de tabac» (p. 414). M. N. — on semble avoir trouvé superflu de jeter un coup d'œil sur le texte du recueil de statistique dont il se sert ; il n'ia donc pas remarqué l'erreur et disserte d'un air grave sur une « augmentation insignifiante du nombre des ouvriers. . .
* Dans la province de Simbirsk, par exemple, le Recueil de la statistique militaire compte 218 usines (!) avec 299 ouvr. et une production de 21 600 roubles (d'après V Annuaire il y avait dans cette province 7 usines). Il s'agit, probablement, de petits établissements domestiques ou paysans.
** Annuaire du Ministère des Finances, p. 61. Cf. Revue des indus, manufacturières (t. II, St-Pétersb. 1863), où l'on trouve des renseignements détaillés pour 1861 : 534 fabriques avec 6 937 ouvriers, et dans la province de Bessarabie 31 fabriques avec 73 ouvr. Le nombre des fabriques de tabac varie beaucoup suivant les années.
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aux fabriques de tabac » (article cité, p. 104) ! ! M. N. —on prend tout simplement le total des ouvriers des industries payant l'accise, d'iaprès le Recueil de la statistique militaire et VIndex de 1890 (186 053 et 144 332) et évalue le taux de la diminution. . . « Une forte diminution du nombre des ouvriers occupés s'est faite depuis 25 ans ; ce nombre est tombé de 22,4% ». . .'« Ici » (c'est-à-dire dans les industries payant l'accise) « nous voyons qu'il ne saurait être question d'accroissement, le nombre des ouvriers a tout simplement diminué d'un quart» (ibid.). En effet, rien de «plus simple » ! On prend le premier chiffre venu et on calcule la proportion ! Quant à ce petit détail que le chiffre du Recueil de la statistique militaire est grossi de quelque quarante mille ouvriers, on peut ne pas le remarquer.