RÉPERTOIRE DE DÉFINITIONS
Accommodation, v. Assimilation.
Ammensprache « langue des nourrices », consiste à dire à l’enfant p. ex. all. Wauwau au lieu de Hund, fr. toutou’au lieu de chien ; S 22 in fine.
Anaptyxe, intercalation d’une voyelle entre une sonante et une autre consônne, ex. p. 48 charbon > [Sarabaro].
Aspirées, v. Sourd.
Assimilation (l) et l’accommodation sont des phénomènes d’induction dans lesquels un phonème induit devient identique (ex. p. 20 patte > [pap]) ou semblable (ex. ibid., dame ©> [dan] et p. so [pri] < cuit) à un phonème inducteur.
Adoptant la terminologie proposée par M. Vendryes (MSE, t. xvi, p. 53-58), j'appelle assimilation l'induction à distance (ex. [pap, dan])
et accommodation l'induction entre phonèmes contigus (ex. [pur)). Dans le passage de M. Grammont cité Ç 17 les mots assimilation et accommodation Sont employés pour désigner une induction à distance suivant que le phonème induit devient identique (assimilation) où semblable (accommodation) au phonème inducteur.
Bébé (parler), le contraire du parler franc.
Bilabiopalatal (phonème), dans l’articulation duquel entrent en jeu les deux lèvres et la région antérieure du palais, ex. [a] dans fr. cuit [hdi].
Blésité, défaut de prononciation consistant à remplacer [s, x] par [P, d] ou par des phonèmes approchants.
Chuintantes, les consonnes [$, 7].
Continue, consonne non occlusive, ex. fr. f, s, v, x, 1, r. J'y comprends les nasales [#”1, n, à, #].
Dentale (consonne), articulée avec la pointe de la langue près des dénIS EX FA d,S, 2,1
Détente, v. Occlusion.
Digéré, digestion, v. p. 23.
Diphtongue, deux voyelles ne formant qu’une syllabe, ex. [a] et [1] dans all. nein [nain |.
Dissimilation (la) consiste à éviter la répétition d’un mouvement articulatoire commun à deux phonèmes non contigus ; v. au $ 14 l’explication générale du phénomène et divers exemples. Le phonème induit est soit rendu différent du phonème inducteur, ex. au 6 2r la seconde # de banane dissimilée par la première dans [bandd}, soit supprimé, ex. ‘bid. la première #7 dissimilée par la seconde dans [ambamp > abämp].
Donné (all. vorgesprochen), phonème, mot ou groupe quelconque de phonèmes ou de mots articulé devant l’enfant avec invitation à le répéter. J'emploie l'expression répété (all. nachgesprochen) d’une façon générale pour toute imitation du langage entendu, et spécialement quand ce qui a été donné est reproduit par l’enfant exactement, ex. fr. nez répété [ne |, ou à peu près, ex. all. k répété par une sourde douce mouillée, etc. (6 25 ad finem) ; je dis substitution, substitué quand l’enfant, ne parvenant pas à une répétition exacte ou à peu près exacte, remplace un phonème donné par un phonème très différent, ainsi quand il prononce [dude] avec d au lieu du g de all. Auge : d'est le substitut de g. Il est souvent difficile de distinguer strictement la substitution de la répétition proprement dite :-entre la répétition exacte et la substitution nette il peut exister une foule de nuances intermédiaires ; mais les substituts ont dans les phénomènes d’induction un tout autre rôle que les phonèmes exactement répétés (v. (6 16-18).
Douces, v. Sourd.
Explosion, v. Occlusion.
Explosive, v. Implosive.
Fermé, -e, v. Ouvert, -te.
Fortes, v. Sourd.
Franc (parler), v. $ 22 ad finem.
Fricatif (bruit), semblable à une spirante confusément articulée.
Hypotaxe, situation dans une proposition subordonnée (introduite par « qui, que, lequel, dont », etc..…., « quand, si, quoique », etc..).
Implosion, v. Occlusion.
Implosive. J'entends par explosive une consonne placée avant les éléments vocaliques de la syllabe dont elle fait partie, par implosive une consonne placée après, ex. dans rendrait la première r et le groupe dr sont explosifs, dans maslic s et c sont implosifs, m et { sont explosifs. Je comprends dans les explosives les intervocaliques comme fr. papa, vagon, poser, aimer, all. Rübe, Schnake, Tasche, Name, etc.…, parce que la syllabation du type paipa (et non papla) est très nette dans la
prononciation du sujet observé (cf. p. 133) comme dans les prononciations qui lui ont servi de modèle.
Inducteur, -tion, -tive, induit, v. Assimilation, Dissimilation.
Krähen, v. S 23.
Labial (phonème), dans l'articulation duquel les lèvres jouent un rôle essentiel, ex. la voy. o, les cons. p, b, f, v.
Labiodentale (consonne), articulée avec la lèvre inférieure pressée contre les incisives supérieures, ex. f, v.
Laryngale (occlusive), articulée dans le larynx, avec occlusion par rapprochement des cordes vocales.
Médiolinguale (consonne), articulée en élevant vers la voûte palatine la partie médiane de la langue ; v. S 25 ad finem.
Métaphonie, changement de timbre d’une voyelle sous l'influence d’une autre voyelle dans la syllabe suivante, ex. all. Mann « homme », Münner « hommes », Nof « nécessité », nôtig « nécessaire ».
Mi-occlusive, consonne comprenant un élément occlusif et un élément spirant en un seul mouvement articulatoire, ex. [e] correspondant à la spirante pure [s]; v. encore Occlusion.
Mouillée (consonne), articulée avec un notable écrasement de la langue contre la voûte palatine; v. 6 25 ad finem.
Moyen, -ne, v. Ouvert, -te.
Nasal (phonème), dont l’émission se produit à la fois par la bouche et par le nez, ex. les cons. initiales de wu, mère, les voy. [@, &, à, &] dans banc, teint, front, un [ba, tè, frô, &].
Occlusion, -ive. Une occlusive est une consonne dont l'articulation comporte une Z/mplosion (mise des organes dans la position requise) produisant une occlusion (arrêt du souffle, fermeture complète du canal buccal et des fosses nasales) suivie d’une explosion (détente avec, s'il y a lieu, passage des organes à la position requise pour le phonème suivant), ex. [p, b, t, d, k, 9]. Une continue comporte trois phrases analogues : lension (resserrement en un point quelconque des organes phonateurs), fenue (maintien de ce resserrement), détente (suppression du resserrement ou passage au resserrement ou à l’implosion qu’exige l’articulation d’un phonème suivant). Ces définitions font rentrer dans la catégorie des continues les cons. nasales telles que #, 7; certains auteurs les appellent occlusives parce que le canal buccal est fermé pendant leur tenue, mais les fosses nasales sont ouvertes. Une wi-occlusive a une implosion d’occlusive, mais l’occlusion se relâche immédiatement en resserrement suivi de détente comme dans les continues, et la durée totale d'une mi-occlusive, p. ex. [c], est sensiblement la même que celle de la spirante qui a le même point d’articulation, soit ici [s].
Orale (voyelle), dont l’émission ne se produit que par la bouche, ex. fe] dans fr. #ère [mer | comparé à la nasale correspondante [è] dans fr.
vin [vè] : la première voy. ne diffère de la seconde que par la fermeture des fosses nasales.
Ouvert, -te. L'oreille distingue nettement des couples de voyelles de timbre analogue, dont l’une est fermée et l’autre ouverte, ce qui correspond généralement à un degré plus ou moins grand d’ouverture des mâchoires, ex. fr. beauté (e fermé), mauvais (e-ouvert); on appelle moyenne une voyelle intermédiaire entre ses voisines ouverte et fermée, ex. fr. gilet (e moyen). — Syllabe fermée, terminée par une consonne, ex. les deux syllabes de fr. capltif ; ouverte, terminée par une voyelle, ex. les deux syllabes de fr. palpa.
Oxyton, mot dont le principal accent d'intensité frappe la dernière syllabe, ex. fr. intensité [ètasité|, all. Intensität [intenzitét |.
Palatal (phonème), articulé dans la région antérieure ou dans la région médiane du palais.
Paroxyton, mot dont le principal accent d’intensité frappe l’avantdernière syllabe, ex. fr. acte dans le groupe acte premier [akta pramyé],
all. felephonieren |telefonirn|.
Phase dépourvue de durée ou phase sans durée, v. p.19, n. 1.
Phonème, voyelle ou consonne, élément simple du langage articulé, ex. les trois phonèmes [k, w, a] dans fr. quoi.
Postpalatal (phonème), articulé dans la région postérieure du palais.
Répété, v. Donné.
Resserrement, v. Occlusion.
Sifflantes, les consonnes [s, z, c]:
Sonantes, les phonèmes [m, n, #, #, r, 1], pouvant tantôt commencer ou terminer une syllabe comme une consonne, ex. fr. nez, artiste, all. reich, Ende, tantôt former le centre d’une syllabe comme une voyelle, ex. all. lachen, Winters [läxn, vintrs].
Sonore (phonème), dont l'émission est accompagnée de vibrations glottales.
Sourd (phonème), émis sans vibrations glottales, ex. l’occlusive dentale fr. f, dont la correspondante sonore est d. Les occl. sourdes fr. sont fortes, c.-à-d. que les muscles sont très tendus pour leur occlusion. L’all. a des sourdes fortes et, de plus, des sources douces dont l’occlusion se fait avec une moindre tension musculaire (comme pour les sonores, mais sans vibrations glottales) et des sourdes aspirées (c.-à-d. suivies d’une brève émission de souffle sourd avant l'attaque d’une voy. suivante). V. encore Ç 27 ad finem. me
Spirante, continue autre qu’une sonante ou une mi-occlusive, ex. LA V, P; d, S, X 2 “à Ç; ji wi
Substitué, — tut, v. Donné.
Tension, tenue, v. Occlusion.
Uvulaire (r), r dans fr. riche, all. rufen, articulée avec vibration plus ou moins énergique de la luette.
Vélaire (phonème), articulé tout au fond du palais, vers le voile.
Vélopalatales (occlusives), [k, g] articulés dans des régions très variables, de la partie antérieure du palais jusqu’au fond, vers le voile, suivant le point d’articulation des phonèmes contigus : cf. p. ex. les extrêmes [ki] et [ku].
J. Roxjar. — Enfant bilingue. ; 10
Addi, v. p.2, 9.
adj. : adjectif.
all. : allemand moderne.
angl. : anglais moderne. ;
Baldwin : James Mark Baldwin, Le développement mental chez l'enfant et dans la race, traduit de l'anglais par M. Nourry, Paris, Félix Alcan,
BDR : Bulletin de dialectologie romane.
Bloch : Oscar Bloch, Notes sur le langage d’un enfant, dans MSL, t. XVII, p. 37-59.
Brugmann : Karl Brugmann, Abrégé de grammaire comparée des langues indo-européennes, Paris, Klincksieck, 1905 (traduction fr. de la Kurze vergleichende Grammatik der indogermanischen Sprachen).
BSL : Bulletin de la Société de linguistique de Paris.
c.-à-d. : c'est-à-dire.
cf. : comparez.
ch. : chapitre.
cons. : consonne.
dipht. : diphtongue.
dissim. suivi d’un numéro en chiffres romains renvoie aux formules de dissimilation établies par M. Grammont.
éd. : édition.
esp. : espagnol moderne.
ex. : exemple, exemples.
fpr. : franco-provençal.
fr. : français moderne.
Geneviève : l’un des enfants observé par M. Grammont.
Grammont : Maurice Grammont, Observations sur le langage des enfants, dans Mél. Meillet, p. 61-82.
Grammont, Dissim.: Maurice Grammont, La dissimilation consonantique dans les langues indo-européennes et dans les langues romanes, Dijon, imprimerie Darantière, 1895.
ibid. : ibidem.
it. : italien moderne.
lat. : latin.
lim. : limousin moderne.
Meillet : A. Meillet, Jntroduction à l’élude comparative des langues indo-européennes, 3° éd., Paris, Hachette, 1912.
Mél. Meillet: Mélanges linguistiques offerts à M. Antoine Meillet, Paris, C. Klincksieck, 1902.
Meringer : Rudolf Meringer, Aus dem Leben der Sprache, Berlin, B. Behr, 1908.
Meumann : Meumann, Die Sprache des Kindes, dans Abhandlungen, herausgeceben von der Gesellschaft für deutsche Sprache in Zürich, Zürich, Zürcher & Furrer, 1903.
mha. : moyen haut allemand.
MSL : Mémoires de la Sociélé de linguistique de Paris.
n. : note.
occl. : occlusive, occlusives.
p. : page, pages.
Pérez : Bernard Pérez, La psychologie de l'enfant (les trois premières années), Paris, Germer-Baillière, 1882.
p.ex. : par exemple.
plur. : pluriel.
qqch. : quelque chose.
qqf. : quelquefois.
qqn. : quelqu'un.
Robert : l’un des enfants observés par M. Grammont.
Roussey : Charles Roussey, Nofes sur l'apprentissage de la parole chez un enfant, publiées après la mort de l’auteur dans La Parole, années 1899 et 1900 (l’abréviation ne se réfère qu’au volume de 1900).
sc. : scène.
sing. : singulier.
ss. : et suivant, -ts, -te, -tes.
Stern : Clara und William Stern, Die Kindersprache, eine psychologische ‘und sprachtheoretische Untersuchung, Leipzig, Johann Ambrosius Barth, 1907. — V.le commencement de ce livre.
subst. : substantif.
t. : tome.
Tappolet : Ernst Tappolet, Die Sprache des Kindes, dans Deutsche
Rundschau, 33° année, t. 111, p. 399-411, Berlin, 1907. — Article de vulgarisation.