En résumé, au 16° mois Louis possède les
voy. a, a mi-fermé, €, €,1, u, &, @, 2, après mn, @, la dipht.
1. M. Grammont me fait remarquer que dans la période antérieure Louis a dû ne pas entendre une harmonique commune à / et à d, de sorte que l’idée ne lui est pas venue de placer la pointe de sa langue pour / à peu près comme pour d ; il cherche dans une autre direction jusqu’à ce que, s’apercevant qu'il n’atteint pas /avec la position de [y], il prenne la position de [d] sans parvenir de lui-même à trouver le procédé (abaissernent des deux côtés de la langue) qui lui permettrait de transformer son d en /, procédé que dans l’état de son développement intellectuel je ne crois pas pouvoir utilement lui indiquer. — Le phonème intermédiaire est très différent de / mouillée qu’on entend dans it. figlia, béarnais hilhe, portugais fiha, esp. Jleno.
s4 RÉSUMÉ DES ACQUIS. SUCCESSIVES $ 30
ai, les occl. p, b,t, d' et les continues v, w, y, h, m,n,"; les assimilations du 15° mois cessent de se produire (v. 619); vers le milieu du mois apparaît une voy. tonique fermée en syllabe fermée, hat (v. 19); pour l'accent d’intensité dans les mots du type Armband, v. $ 9. Voici maintenant les acquisitions ultérieures importantes :
Voy. : pau 17° mois, æ au 18°, 4 très nettement fermé et bien établi au 20°, & en toute position au 20°, à au 20°, 1n au 20°, à au 26°.
Cons. continues : f- au 18° mois, -f au 20°, -f- au 23°, pf- au 21°, -pf- au 30°; -x assez net au 23°; -x- très net au 24°; çau 26°; r implosive au 22°, correcte en toute position au 31°.
Groupes : presque -br- au 21° mois ; -br au 23°, -br- au 30° ; py au 24°; cons. + y << cons. + 7 (sauf kl, gl, où l’occl. est supprimée ou remplacée par ”) au 26°; - << -51 au 26°; -xt au 29°.
Vers le 31° mois tout est à peu près correct sauf les occl. vélopalatales et #, les sifflantes et chuintantes, /.
Les occl. vélopalatales sont répétées 1, d au 16° mois; au 24° elles sont supprimées ou remplacées par ’, sauf en finale -{,-d; premières apparitions de #r-ou approximations au 29° ; extension de ’,même en finale, vers le 31° ; quelques k, g explosifs aux 34° et 39°; aux 40° et 41°, en une quinzaine environ, acquisition définitive de k, g, #, kr, gr, kl, gl (sauf Particulation encore impartaite de /).
Sifflantes et chuintantes : toutes sortes d’essais depuis le 19° mois ; c fixé au 30°; 5, 7, $,? définitivement distingués et fixés au 41°.
1. Dans tout ce il faut sous-entendre les sourdes douces ail. conformément au Ç 8 ; pour les sourdes aspirées, v. aussiS 8. J'ai supprimé ici les [ ] pour alléger l'aspect typographique : tous les phonèmes en italiques sont notés en transcription phonétique.
30 37 ESSAIS ET RECTIFICATIONS sS
[=> yau 16° mois; / intervocalique > y au 26°; au 30° apparition de /, qui ne se fixe pas; au 48° essais dans les . Û } « . .
directions Jet d; au $o° essais dans les directions d et / labiale ; / reste articulée très fréquemment de manière à
produire une impression auditive participant alternativement de yet de d. |
$ 34. — Le lecteur aura remarqué de lui-même la fréquence et la variété des essais spontanés d'imitation (( 26- 29), surtout pour les occl. vélopalatales, pour les sifflantes et chuintantes et pour /, l’abondance des réfections progressives, corrections ou rectifications totales ou partielles (ibid. et $$ 18-20). Les essais sont manifestement conscients dès le 24° mois : v. note au © 26 in fine hif, nit fit] et cf. au 41° mois « [syé, 5] pas joli », Ç 28 in fine.
Ces faits ne se présentent pas chez tous les enfants. Chez les deux sujets observés par M. Grammont, la prononciation correcte succède à une prononciation enfantine presque toujours par substitution immédiate d’une forme à une autre totalement différente : Robert dit tout à coup du sucre au lieu de [kotük|, sans intermédiaire ; chez Geneviève confiture succède sans transition à [itäya] (Mél. Meillet, p. 81, 82). Mais ce n’est rien qui ressemble à une loi, c’est seulement le cas le plus fréquent : on a vu p. ex. au ( 20 ad finem que Robert prononce successivement [menf, peti, meti, mesi|, merci (ibid., p. 70). Chez Louis le cas le plus fréquent semble bien au contraire être la correction, le perfectionnement. M. Meringer a tort de poser en règle générale (p. 209-211) que « les enfants ne s’exercent pas » et que chez eux « apparaît subitement, tout d’un coup, une acquisition nouvelle dont la préparation n'avait pu être observée en aucune manière ».
La fréquence des perfectionnements et la variété des