‹ Le Développement Du Langage Observé Chez Un Enfant BilingueChapitre 40 sur 115 · ÉVOLUTION GÉNÉRALE CHEZ LOUIS · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION GÉNÉRALE CHEZ LOUIS

essais seraient-elles dues chez Louis au bilinguisme qui provoquerait un double jeu de comparaisons phonétiques ? Non, car d’une part Addi, bilingue comme Louis, n’a pas présenté les mêmes phénomènes, et d’autre part la petite fille monoglotte observée par M. Bloch a eu des essais encore plus compliqués et plus variables! que ceux de Louis (v. MSL, t. xvin, p. 37 ss. et spécialement 39-51): Enfin on a toujours parlé franc à Louis et à Addi, et on a beaucoup parlé bébé à Jacqueline Bloch. Aucune généralisation n’est légitime en cette matière.

$ 32. — Louis a eu de bonne heure un jeu assez étendu de voyelles; très tard, après sa troisième année révolue, les occl. vélopalatales, les sifflantes et chuintantes et une / presque correcte ; de très bonne heure 7 faible, puis r correcte en toute position avant la-fin de sa troisième année ; les labiales[p, D, v, w, m] étaient acquises en même temps que les dentales [f,d, n],mais f(18°-23° mois) a de beaucoup précédé [] (26°), et encore plus les sifflantes et chuintantes (41°) et / (à peine correcte au 50°). Il y a en somme concordance pour les points importants avec les conclusions générales de M. Meringer (p. 215, 216), suivant lesquelles les enfants acquièrent le plus souvent les occl. labiales avant les dentales et surtout avant les vélopalatales, et éprouvent les plus grandes et les plus durables difficultés pour articuler [r, /, s, #]. On s'explique aisément que l'enfant répète le mieux les phonèmes pour limitation desquels l'œil vient au secours de l’oreille (cf. & 23). Les aveugles de naissance parlent plus tard que les voyants,

1. « On conçoit combien il est difficile de suivre et même de saisir des manifestations si changeantes, et qu’à vouloir les présenter d’une façon trop systématique on s’exposerait à trahir la réalité » (Bloch, p. 46).

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