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SENTIMENT DES INTERVALLES

Vers la mème époque il n'entend jouer avec sa mère une réduction pour piano à quatre mains de la deuxième symphonie de M. Vincent d’Indy et en fredonner divers

passages. Celui-ci (début du mouvement srés vif au premier morceau)

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Eee F le frappe particulièrement par son allure vive et fière : il s'exerce assez souvent à le répéter, et parvient vers le 53° mois à le faire de façon que la mélodie soit reconnaissable ; le rythme est bon, le saut de septième ascendante sip — lab et les intervalles chromatiques /ab — sol — solh sont le plus souvent justes.

Vers la fin du 57° mois, comme Louis entonnait la chanson Un canard, déployant ses ailes...…, je lui dis qu’il a commencé trop haut et qu'il ne pourra pas chanter la suite; je lui donne l’intonation des premières notes, il prend l’unisson et mène correctement sa chanson jusqu’à la fin. J'ai alors l’idée d'examiner s’il comprend bien ce que signifient les expressions haut et bas. Je produis des intervalles très variés, en montée et en descente : sans jamais se tromper, il indique si la seconde note est plus haute ou plus basse que la première. Je chante (sans paroles) le chœur des pèlerins de Tannhäuser en faisant un silence après chaque petit groupe d’intervalles : sans jamais se tromper, il dit #10nte, ou descend, ou more, puis descend. Je fais une octave ascendante, il dit: « Le premier est plus bas, le second plus haut » ; une quarte ascendante en par-

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tant de la même prime que pour lPoctave précédente, il dit : « Le second est au milieu ». On ne lui a jamais appris le sens des expressions haut et bas ; il Va compris en écoutant des conversations de ses parents entre eux et en réfléchissant sur les intervalles musicaux qu’il entend ou qu'il produit lui-même.

« C’est surtout à partir de quatre ou cinq ans que l'oreille se forme et qu’elle apprend le plus facilement à reconnaître les sons. Le développement graduel de la voix et son exercice continuel ont beaucoup contribué à ce progrès. L’enfant d’un an peut utilement commencer à entendre de la musique juste, simple, modérément expressive, surtout gaie en elle-même ou chantée gaiement : ce sont là des plaisirs propres à lui former l’oreille. Mais sa véritable éducation musicale, celle dont il retirera les fruits les plus manifestes, ne commence presque jamais avant cinq ou six ans » (Dupaigne, Conférences pédagogiques, cité par Pérez, p. 314). M. Vincent d’Indy estime que pour pouvoir plus tard «être utile à la musique » un enfant doit commencer le solfège entre cinq et six ans et que pour le mettre à un instrument 1l faut attendre qu’il sache couramment lire et écrire en musique.

6 68. — Suivant M. Houzeau (Facultés mentales des animaux, t. Il, p. 202, cité par Pérez, p. 218) l’enfant distingue d’abord lunité et la pluralité, puis, vers dix-huit mois, 1, 2 et plus de 2, etun peu avant trois ans 1, 2 et 4 (2%<2) ; il reste longtemps à ce stade ; ce n’est qu’à six ou sept ans qu'il peut aller jusqu’à 10, vers dix ans jusqu’à 100 ; on entend iei une numération consciente, consistant p. ex. à compter des objets, non une simple récitation de suite de nombres ; « les données qui précèdent se rapportent à des enfants européens d’une intelligence moyenne et qui

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