‹ Le développement en photographieChapitre 18 sur 64 · AZ^CH3 W · texte numérisé non relu

AZ^CH3 W

Le diéthylparamidophénol .. L6R4C^^C2H5

Le dimélhylhydroquinone ....... |||

Tirant une conséquence absolue de ces faits, est-on en droit d’affirmer que les substitutions, dans l’un des groupes constituant la fonction révélatrice, détruisent invariablement cette fonction? Ce serait peut-être audacieux. Tout au moins prématuré. Il n’est pas douteux que les expériences de MM. Lumière frères tendent à démontrer que la fonction révélatrice ne subsiste qu’autant que la molécule possède, intacts, les groupements constituant cette fonction. Mais d’autre part il faut, dans une certaine mesure, tenir compte de résultats contraires ayant été ou pouvant être obtenus. Il est juste de dire, cependant, que MM. Lumière frères, par des expériences très soigneuses, semblent avoir déjà mis à néant la valeur de ces résultats.

94. — En 1891, le colonel Waterhouse (1) indiquait la méthylpyrocaléchine ou gaïacol comme susceptible de révéler l’image latente. Or cette substance a pour formule

(1) Photographie News, juin 1891

LA FONCTION RÉVÉLATRICE

c'est-a-dire une substitution dans i’un des groupes oxhydriies en position ortho. Donc la fonction révélatrice devrait être détruite. En rejetant le produit commercial très complexe, connu sous le nom de gaïacol, ou plutôt en amenant ce produit à un degré de pureté absolue, MM. Lumière frères ont repris les expériences du colonel Waterhouse, et n’ont pu obtenir, avec le gaïacol purifié, la moindre révélation de l’image latente.

Ceci porte à supposer que la fonction révélatrice attribuée au gaïacol provient de scs impuretés, erreur semblable à celle qui avait fait donner à la résorcine, par le Dr Eder, le titre de révélateur. Erreur facile si l’on considère combien peu de substance active exige le développement d’une plaque photographique. Une solution de paramidophénol, par exemple à 1/10000, donne une image sinon parfaite, du moins très visible. Erreur dans laquelle semble être tombé encore le Dr Andresen lorsqu’il a affirmé (1) que le diméthylparamidophénol développait l’image latente, alors que nous venons de voir tout à l’heure que ce corps est de ceux qui ne développent pas, parce que les substitutions ont été faites de telle sorte qu’il ne reste plus dans la molécule deux groupements intacts, oxhydriles ou amidogènes, en positions ortho ou para.

Cependant, la phénylhydrazine , que j’ai comprise dans la nomenclature restreinte des substances révélatrices, connues avant les études de MM. A. et L. Lumière, semble vouloir se dérober aux règles ci-dessus. Il n’y aurait, dans la constitution qu’on lui suppose, qu’une seule substitution dans un CH du noyau benzénique. Mais, comme le font remarquer MM. Lumière frères, cette substitution est le dia midogène :

H2Az — AzH2

Or cette constitution différente de la phénylhydrazine

C6H5 - HAz - AzH2

peut se traduire et se traduit par des propriétés différentes. Il arrive ainsi que, dans la série aromatique, la phénylhydrazine demeure, en effet, le seul corps connu ne possédant

(1) Pholographische Mitlheilungen, novembre 1891»

que deux groupes amidés et pouvant développer sans le secours d’une base ou d’un carbonate alcalin. Une solution hydro-alcoolique suffit.

95. — La fonction révélatrice paraît donc dépendre de la présence, dans le noyau benzénique, des groupements suivants :

OH AzH2 AzH2

OH AzH2 OH

Ces doubles groupements, considérés isolément, indépendamment de tout noyau benzénique, constituent des corps existants : le premier Venu oxygénée ; le second V hydrazine ; le troisième l 'hydroxy lamine, et, quoique les expériences faites sur eux jusqu’à ce jour aient été un peu sommaires, il semble bien que ces trois corps soient des révélateurs.

96. — L’étude si curieuse de la fonction révélatrice, et si pleine d’aperçus suggestifs, ne s’arrête pas là. Les révélateurs ne sauraient seuls développer pratiquement l’image latente. Ils la développent en solution alcaline, neutre ou acide. Or si, généralement, avec les révélateurs de la série aromatique, la solution alcaline est presque toujours nécessaire et suffisante, peut-être y en a-t-il — et nous savons qu’il y en a — pouvant se passer de la solution alcaline et travailler en solution neutre ou acide ?

Au premier abord, cette question paraît insignifiante. Elle le devient beaucoup moins dès qu’on se prend à considérer que les alcalis attaquent toujours peu ou prou la gélatine servant de substratum au bromure d’argent. L’on en arrive même, par un examen plus approfondi, à bien se pénétrer de cette idée que: étant donné le procédé au gélatino-bromure d’argent, les révélateurs idéaux, les révélateurs de l’avenir seront vraisemblablement ceux qui n’ont point besoin du secours des alcalis. Déterminer les relations pouvant exister entre la constitution chimique des corps organiques et leur propriété de pouvoir développer en liqueur neutre ou acide devient donc, de par là même, une étude de haut intérêt.

Dans le bon combat tenté en faveur de cette détermination, ce sont encore MM. A. et L. Lumière que nous trouvons sur la brèche. De leurs travaux il résulte que les diphénols, les diamines ou les amido-phénols, ne possédant, dans

LA FONCTION REVELATRICE.

un même noyau aromatique, que deux groupements oxliydriles ou amidogènes, ne peuvent développer l’image latente en solution neutre ou acide.

Par contre, il arrive presque généralement que les substances qui ont trois groupements OH ou AzH* révèlent l’image latente en solution acide.

Ainsi, par exemple :

Le diamidophénol

. . CCH3^— AzH2

\AzH2

Le triamidophénol.

• c6H2éÆ

\AzH2

L'acide pyrogallique . . .

... C6Il3^— OH

L'oxyhydroquinone

Le diamidonaphtol

. C10H5(— AzH2 \AzH2

provenant de la réduction du jaune Martius.

11 est à remarquer, cependant, que si la molécule contient un groupement acide CO OH, la loi précédente ne se trouve plus vérifiée. On doit nécessairement faire emploi d’un alcali : potasse, soude ou ammoniaque. Les carbonates alcalins ne suffisent même plus.

Les groupes amidés AzHs, imprimant à la molécule qui les contient des propriétés basiques, l’influence de la fonction acide sur le pouvoir révélateur sera moins énergique sur les amines que sur les corps hydroxylés.

Ainsi :

/COOH (l)

L'acide amidosalicylique . C6H3— OH (21

\ AzH2

développe en solution carbonatée, tandis que :

/COOH (1)

L'acide protoc atéchique . . C6H3— -OH (3)

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