‹ Le développement en photographieChapitre 20 sur 64 · CH N N CH · texte numérisé non relu

CH N N CH

CH'X yC — OH G — OH'x y G — OH

Gfi C?I

Acide pyrogallique. Phloroglucine.

Les oxhydriles OH de l’oxyhydroquinone sont en orthopara; ceux de l’acide pyrogallique en orlho-méta : ceux de la phloroglucine en méta symétrique. Or l’oxyhydroquinone est extrêmement énergique; l’acide pyrogallique un peu moins et la phloroglucine ne développe pas.

En collaboration avec M. Seyewetz, MM. Lumière frères ont remarqué que les combinaisons de paraphénylènediamine, avec le phénol, la résorcine, la pyrocatéchine et l’hydroquinone, c’est-à-dire les combinaisons d’une diami ne possédant la fonction révélatrice avec des substances phénoliques dont quelques-unes sont des révélateurs, comme

LA FONCTION REVELATRICE.

l’hydroquinone et la pyrocatéchine, et d’autres qui n’ont aucune fonction réductrice, comme le phénol et la résorcine, peuvent parfaitement bien constituer des révélateurs fonctionnant en solution neutre.

Dans ce cas, leur énergie se trouve être d’autant plus grande que le phénol amené dans la combinaison possède à lui seul la fonction révélatrice à un degré plus élevé.

Que se forme-t-il donc dans ces combinaisons? Probablement un dérivé salin du phénol comparable à un phénate alcalin, dont la fonction acide du phénol se trouve détruite par le caractère basique de l’amine.

Pour ma part, il me paraît absolument incontestable que les révélateurs ainsi constitués, c’est-à-dire pouvant développer en solution neutre , sont les vrais révélateurs de l’avenir. Le chlorhydrate de diamidophénol , qui remplit ces conditions complètement, se montre déjà comme le prototype de ces révélateurs, et, comme nous le verrons dans la suite, c’est presque le meilleur de tous les révélateurs que nous possédons, donnant indifféremment d’excellents résultats par action très rapide ou très lente.

98. — De toutes ces études et en se guidant sur les considérations qui en émanent, on peut prévoir un nombre considérable de révélateurs insoupçonnés avant. D’ores et déjà on peut citer, par exemple :

Dans le groupe du benzène.

Les diphénols, les oxycrésols, les oxythymols.

Les triphénols, les dioxycresois.

Les amidophénols, les amidocrésois, les amidoliiymols. Les diamidophénols, les diamidocrésols, les diamidoth^ mois.

Les triamidophénols, les triamidocrésols.

Les diamidobenzènes, les diamidotoluènes.

Lee triamidobenzènes, les triamidotoluënes.

— l’acide diamidocinnamique.

— l’acide dioxybenzoïque.

— • l’acide amidosalicylique.

Etc.

Groupe du naphtalène.

Oxynaphtols.

Dioxyuaphtols.

Amiilonaphtols.

Diamidonaphtols.

Triamidonaphtols.

Dioxyquinoléines.

Amidoxyquinoléines.

Diamidoquinoléines.

Encore, aussi, les autres corps bi ou trihydroxylés, di ou triamidés, ou bien amidohydroxylés se rapportant aux autres homologues. Il en est de même des composés sulfonés, chlorés, bromés, etc., de toutes ces substances, puis les hydrazines primaires aromatiques, etc.

99. — Quant aux corps de la série grasse, les plus réducteurs, les amines et les aldéhydes, qui possèdent les groupements constituant la fonction révélatrice dans la série aromatique, ils se montrent réfractaires au développement de l’image latente.

Ainsi :

L'urée

.. co^AzH!!

La guanidine

n^AzH*

L'éthylène diamine

esm^AzH*

''AzH1

malgré leurs groupements AzH2, ne développent pas. Il semble donc que les groupements hydroxylés ou amidés ne constituent la fonction révélatrice que pour les substances de la série aromatique. Je dis il semble, car les auteurs de ces études, en continuant leurs expériences, ont bien trouvé des corps de la série grasse susceptibles de développer l’image latente, mais ils le font avec un tel dégagement d’odeurs nauséabondes qu’on ne prévoit guère leur application pratique.

100. — En résumant l’ensemble de ces très intéressantes observations, dont la plus grande gloire revient à MM. A. et

Vache aupaturage.

Représentation d’un phototype de l’auteur,

LA FONCTION RÉVÉLATRICE

L. Lumière et Seyewetz, on arrive à formuler les règles suivantes :

Première règle. — Pour qu'une substance de la série aromatique soit un révélateur de l'image latente , il faut qu'il y ait , dans le noyau benzénique , au moins deux groupes hydroxylés OH ou bien deux groupes amidogènes AzH1, ou bien encore un oxhydrile et un amidogène.

Deuxième règle. — Cette condition nécessaire n'est sûrement suffisante que dans la parasérie et généralement dans Porthosérie.

D'une manière générale , si les substitutions hydroxylées et amidées sont en position para, le pouvoir révélateur est maximum. Il est moindre si les substitutions sont en situation ortho. Il devient nul dans la métasérie.

Troisième règle. — Les propriétés révélatrices peuvent persister quand il se trouve dans la molécule plus de deux groupes OH et AzH a.

Quatrième règle. — La fonction révélatrice est, en général , conservée quand la molécule résulte de la soudure de deux ou de plusieurs noyaux aromatiques si les groupes hydroxylés et amidés existent dans un même noyau aromatique. Quelques exceptions à cette règle sont à noter dans la série du naphtalène.

Cinquième règle. — Les substitutions que P on peut effectuer dans les CH du noyau aromatique ne paraissent pas supprimer la fonction révélatrice.

Sixième règle. — Les substitutions que P on effectue dans le groupe OH ou dans le groupe AzH 2 détruisent en général la fonction révélatrice, lorsqu’il ne reste pas dans la molécule au moins deux de ces groupes intacts en position para ou en position ortho.

Septième règle. es substances qui présentent plus de deux substitutions OH ou AzH a (à l’exception des trisubsti -

tués symétriques) et plus spécialement celles qui possèdent plusieurs fois la fonction révélatrice et dont la molécule ne contient pas de groupement acide CO OH, sont susceptibles de développer en solution neutre et même en solution acide.

MM. A. et L. Lumière, qui ont ouvert cette voie pleine d’aperçus nouveaux et qui pi omet une arrivée abondante de résultats pratiques, ont vraiment bien mérité de la photographie,

RÉVÉLATEURS

101. Manière d’agir des révélateurs. — 102. Formation de leur état civil. — 103. Acide pyrogallique ou pyrogalloi. — 104. Pyrocatéchine. — 105. Hydroquinone. — 106. Iconogène. — 107. Paramidophénol. — 108. Diamidophénol ou amidol. — 109. Métol. — 110. Glycin. — 111. Diamidorésorcine. — 112. Diogène. — 113. Ortol. — 114. Triami. dophénol. — 115. Triamidorésorcine. — 116. Révélateurs divers. — 117. Oxalate ferreux. — 118. Manière de reconnaître un révélateur. — 119. Différence entre un révélateur et un développateur.

101. — Pour l’instant, nous savons et nous admettons que dans le procédé au gélatino-bromure d’argent l’image photographique doit être constituée par de l’argent métallique et que cet argent est pris dans le gélatino-bromure d’argent lui-même. Les corps dits révélateurs, possédant la fonction révélatrice, devront donc décomposer le bromure d’argent, déjà modifié par la lumière, en effectuant la séparation du brome et de l’argent. Il va de soi que si l’on peut absorber le brome, à l’aide d’un corps s’unissant facilement à lui, on opérera d’autant plus aisément la séparation recherchée. Ür l’hydrogène possède cette propriété à un très haut degré. Donc si, par le secours d’une substance éminemment oxydable, pouvant s’emparer par exemple de l’oxygène de l’eau, dont on recouvrira une plaque photogi*aphique exposée, on décompose cette eau, l’hydrogène libéré se précipitera en naissant sur le brome pour le séparer de l’argent. Ce sont ces substances qui sont des révélateurs et nous venons de voir à quelles règles de constitution ces révélateurs sont soumis.

102. — Déjànombreux, ils le serontplus encore demain. Mais ils ne maîtrisent pas tous les bonnes grâces de l’opérateur. Beaucoup ont déjà passé sans laisser de traces. Quelques-uns se font difficilement admettre. D’autres enfin

ont pris nettement droit de cité dans le laboratoire photographique. C’est dans ces deux dernières classes que je vais choisir les meilleurs ou les plus réputés, cherchant à constituer à chacun une sorte d’état civil, en suivant autant que possible leur ordre d’ancieuneté, le révélateur oxalate ferreux mis à part, puisqu’il appartient à la classe particulière des révélateurs minéraux, et qu’il tend, de plus en plus, comme je l’ai déjà dit, à disparaître de la pratique.

Acide pyrogallique ou pyrogallol.

103. — L 'acide pyrogallique ou pyrogallol se présente à nous sous la forme de très minces lamelles ou mieux d’aiguilles brillantes d’un blanc éclatant. Il est éminemment léger. Sa saveur est amère. Son odeur rappelle celle du tannin. Même à faible dose, il est très vénéneux. Sa formule de constitution est :

OH

HCi//XjC— OH

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