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C6H3^— OH (2) \0H

RÉVÉLATEURS

De tous les agents du développement, c’est encore, à l’heure présente, l’agent par excellence.

Bien que son prix autrefois très élevé, 3 francs le gramme, soit réduit aujourd’hui à des proportions relativement minimes, il n’est pas rare de le trouver falsifié, comme le sont d’ailleurs tous les produits chimiques que l’on n’achète pas dans des maisons sûres ou que l’on nous offre à trop bon marché. En général, la falsification consiste à mélanger au pyrogallol des quantités plus ou moins appréciables d’acide gallique ou de sucre pulvérisé. Je viens de vous indiquer, à propos de la solubilité de l’acide pyrogallique, comment on découvrait l’acide gallique. Quant au moyen de déceler le sucre, il suffit de faire dissoudre le pyrogallol dans une petite quantité d’alcool, ce produit ne dissolvant pas le sucre.

Pyrocatéchine.

104. — A peu près vers la même époque où le pyrogallol a été indiqué, on a signalé la 'pyrocatéchine. Ce révélateur se présente sous la forme de petites lamelles cristallines blanches et brillantes. Sa saveur est amère. Son odeur est butyrique. Sa réaction est légèrement acide. Sa formule de constitution est :

OH

Hc/jC-OIl

HCs^y-CH

C’est donc un diphénol aux oxhydriles en position ortho. Il fond à 104° et bout à 242°. Il dégage alors des vapeurs dont l’odeur pénétrante provoque les éternuements et qui peuvent se condenser sans subir d’altération. Il est facilement soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther et même dans le benzol froid.

Les solutions de pyrocatéchine se colorent très lentement, en vert, au contact de l’air. On peut donc assez bien les conserver quelques semaines, à l’état de vidange, dans un flacon

mal bouché, alors môme quelles ne sont pas additionnées de sulfite de soude, qui est, comme nous le verrons plus tard, un conservateur. En présence de l’acide chlorhydrique, une solution de pyrocatéchine prend une coloration violette. Additionnée seulement d’une goutte de chlorure ferrique, une solution de pyrocatéchine se colore immédiatement en vertémeraude, virant au rouge violet si on lui ajoute une solution de carbonate de plomb. Il est à remarquer aussi qu'une solution d’acétate de plomb ajoutée à une solution de pyrocatéchine détermine un précipité blanc.

Bien qu’elle s’offre comme un très bon révélateur, la pyrocatéchine est longtemps restée peu employée, à cause de son prix élevé provenant de la cherté des matières premières qui lui donnaient naissance. Dernièrement, elle a enfin pénétré dans l’intimité de l’amateur grâce à MM. Poulenc frères. Ces messieurs, se rappelant qu’il existait pas mal de manières de préparer synthétiquement la pyrocatéchine, en ont choisi une leur permettant l’emploi de matières premières à bas prix. Est-ce celle qui consiste, par exemple, à suroxyder, au moyen de l’hydrate de potassium, l’acide phénolsulfurique ? Est-ce une autre? Je ne sais. Tou jours est-il que la pyrocatéchine a vu, de ce fait, son prix descendre de 0 fr. 80 le gramme à 0 fr. 15. C’était tout ce qu’il fallait pour la mettre en usage.

Hydroquinone.

105. — Vers 1880, le capitaine Abney a signalé Yhi/droquinone comme étant un révélateur. Ce révélateur se présente à nous sous la forme de fines aiguilles prismatiques hexagonales, onctueuses, inodores, d’un blanc légèrement jaunâtre ou verdâtre. Sa saveur est douceâtre. Sa formule de constitution est :

REVELATEURS.

C'est par conséquent un diphénol, comme lapyrocatéchine, mais avec ses oxhydriles en position para au lieu d’être en position ortho. L’hydroquinone se présente donc comme un isomère de la pyrocatéchine. Elle fond vers 170°, et se sublime assez facilement par la chaleur. Elle est facilement soluble dans l’alcool, l’éther et l’eau chaude. Beaucoup moins soluble dans l’eau froide. Environ 3 p. 100 à 10°; 10 p. 100 à 30°.

Les solutions d’hydroquinone, si l’hydroquinone est bien purifiée, se conservent très longtemps sans brunir à l’air. Malheureusement, on ne trouve pas toujours de l’hydroquinone bien purifiée, et de plus on la rencontre très souvent additionnée de substances étrangères inertes ou nuisibles. On peut poser en principe qu’un hydroquinone de bonne qualité se dissout entièrement dans l’alcool, qui reste incolore et ne laisse voir aucune trace de résidu.

Si l’on additionne une solution d’hydroquinone d’une solution oxydante, comme celle, par exemple, que l’on préparerait en dissolvant dans 20 parties d’eau une partie d’acide sulfurique concentré et une partie de bichromate de potassium, l’hydroquinone se transforme en quinone que l’on reconnaît à son odeur piquante.

Gomme tous les révélateurs présentant leurs fonctions révélatrices en position para, l’hydroquinone agit fortement. Venant le premier en date, ce révélateur a donné lieu, par cela même, à un engouement bien injustement mérité, comme nous aurons occasion de le constater en étudiant les développateurs et le développement.

IcONOGÈNB.

106. — L 'iconogène, de son nom allemand eikonogen , a été découvert par le Dr Andresen (de Berlin) dans le courant de l’année 1888. Ce révélateur, lorsqu’il est parfaitement pur, se présente sous la forme de cristaux rhombiques bien définis, à peine jaunâtres. Son odeur est légèrement piquante. Dans les premiers temps, les cristaux prenaient facilement une teinte violacée, Àujour- ’hui, ils se gardent bien, grâce, je crois, à une addition

iK> LE DÉVELOPPEMENT EN PHOTOGRAPHIE.

de sulfite de soude. La formule de constitution de l’iconogène est :

H AzHs I I

80*Na-Cl>^/^yCH

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