Ennousreportantauxprincioes donnés au chapitre
les Solutions sur la formation des développateurs, on sait qu’un gramme d’azotate d’argent est complètement réduit par 0er,08 d’hydroquinone. Evidemment, on devrait rigoureusement refaire, pour chaque révélateur, les mêmes expériences qui ont conduit à ce résultat. Pratiquement, on peut déduire d’une façon assez approchée la quantité nécessaire d’un révélateur quelconque en remarquant que la fonction réductrice des dérivés du benzène réside seulement dans leurs groupes hydroxyles, et en admettant, tout en tenant compte des poids moléculaires respectifs, que, pour unnombre croissant de ces groupes hydroxyles, la quantité de substance oxydable doit nécessairement diminuer.
Nous avons aussi examiné sommairement au chapitre les Solutions, les rapports que les différents révélateurs pouvaient avoir entre eux.
Ignorants que nous sommes encore de la façon dont s’effectue la décomposition de la matière oxydable, ce n’est que l’expérience seule qui peut décider de la proportion d’alcali à employer. J’ajouterai que, dans cette expérience, on ne doit pas oublier que la pratique journalière nous apprend que dans bien des cas, pour utiliser complètement l’énergie d’un révélateur, celui-ci doit cire quelquefois additionné d’un excès d’alcali considérable. Toutefois, cette théorie admise, et en tenant compte du poids moléculaire des révélateurs, il existe entre l’alcali et la substance oxydable un rapport à peu près constant. Si nous prenons, par exemple, le carbonate de potassium et un gramme de révélateur. Nous avons vu au chapitre les Solutions quels étaient ces rapports approximatifs pour les différents révélateurs. En prenant ces rapports, on peut dire que dans le cas d’une plaque correctement exposée, mais dans ce cas seulement, tous les révélateurs fourniront le même rendement.
L’expérience nous donne des résultats conformes à ce qui précède. En etlet, si nous prenons 100 centimètres cubes d’eau et 1 gramme de glycin et que nous fassions varier la quantité de carbonate de potassium, nous constatons que:
Avec 1 gr. le développement s’efiectue en 40 minutes.
DÉVELOPPATEUR AU GLYCIN.
Doncl’énergie du développateur nesuitpas la progression de l’augmentation d’alcali, et nous avons vraiment une bonne valeur moyenne en prenant S grammes de carbonate de potassium pour 1 gramme de glycin, alors que nous avons vu que la quantité nécessaire et suffisante pouvait n’être que de 3er,12. C’est le cas cité plus haut de l’alcali en excès.
Quant à la quantité de sulfite, l’expérience seule pourrait en définir l’exactitude, attendu qu’elle varie inévitablement suivant la facilité avec laquelle les differentes substances révélatrices s’oxydent et forment des produits colorés. Le glycin s’oxyde peu et forme des produits colorés à peu près nuis. La pratique en effet démontre que si certains révélateurs, comme le métol et le pyrogallol, nécessitent dix fois environ leur poids de sulfite de sodium cristallisé, le glycin n’exige que deux fois et demie ou trois fois son poids. 11 suffira donc de 2gr,5 ou 3 grammes pour 1 gramme de glycin. 11 est certain que la dose peut être augmentée si l’on tient à augmenter sensiblement la durée de conservation. On bénéficie alors des qualités du sulfite, qui sont de communiquer une grande finesse au grain de l’argent déposé et de rendre ce dépôt transparent. Mais on subit aussi ses défauts, qui sont de ralentir l’action du bain et d’occasionner facilement la production d’un voile rose, étant donné que le bromure d’argent est peu soluble dans le sulfite et peut, par conséquent, être précipité en poudre extrêmement ténue sur toute la surface de la plaque.
Nous en arrivons donc à ces conclusions qu’un développateur au glycin sera toujours normalement composé si nous employons :
Glycin 1 gr.
Carbonate de potassium 5 —
Sullite de sodium cristallisé 2er,5
Mais, d’une part, je préfère le sulfite de sodium anhydre au sulfite de sodium cristallisé, et, d’autre part, je préfère aussi employer les carbonates de potassium et de sodium mélangés à parties égales.
En tenant compte des rapports des poids moléculaires: 2Br,5 de sulfite de sodium cristallisé correspondent à lgr,25 de
sulfite de sodium anhydre ; 2Er,5 de carbonate de potassium (moitié de la quantité nécessaire) correspondent à 5er,25 de carbonate de sodium.
La composition normale d’un développateur au glycin sera dès lors:
Glycin 1 gr.
Carbonate de potassium ; 2er,5
— de sodium cristallisé ô£r,25
Sulfite de sodium anhydre •. ier,2â
On pourra donc, en tenant compte de ces proportions, faire un développateur aussi concentré qu’on le voudra. Vous ne serez limités que par le degré de solubilité des constituants. Personnellement, je me contente d’une concentration à 6 p. 100 de glycin, alors qu'il me semble bien qu’on peut aller à 10 p. 100. Tous les constituants à cette dose étant individuellement solubles dans 100 centimètres cubes d’eau à la température ordinaire. Ce qui fait que je m’en tiens à 6 p. 100, c’est que j’ai l’habitude, bonne ou mauvaise, comme vous le voudrez, d’employer le sulfite toujours en plus grande quantité que la quantité normale. Il n’importe. Ce qui est intéressant, c’est qu’en opérant dans les conditions normales que je vous indique, vous pourrez en tous points suivre la méthode de développement que je vous ai détaillée pour la première formule du baron von Hfibl. 11 vous suffira, votre développaleur une fois fait, de mesurer la quantité finale de liquide que vous possédez, ce qui, par conséquent, vous permettra de connaître combien 1 centimètre cube de ce développateur contient de révélateur. Or, comme vous pouvez savoir également combien de révélateur contient 1 centimètre cube du développateur concentré pris comme type, vous n’aurez plus qu’à agir en tenant compte du rapport de ces deux quantités.
236. — Supposons, par exemple, que votre déveioppateur soit exactement titré à 6 p. 100 de glycin. Vous aurez, par chaque centimètre cube, 0er,06 de révélateur, alors que chaque centimètre cube du développateur type en contient 0gr,13. Vous atteindrez donc à un dosage très suffisamment approché en prenant deux fois plus de développaleur qu’il est indiqué dans les différents cas. Ouaut à l’ addition occasionnelle d’une solution de soude
DÉVELOPPATEUR AU GLYCIN.
caustique, je la supprime complètement. Le développement en va un peu plus lentement, mais l’image présente tout autant de douceur grâce au carbonate de sodium contenu dans votre développateur.
Quant à la solution de bromure de potassium, vous l’emploierez comme il est indiqué.
Les épreuves obtenues ainsi se rapprochent, de très près, comme tinesse, de celles obtenues avec l’acide pyrogallique. Le glycin a même un avantage très particulier dans les cas de surexposition, attendu que dans ce cas l’argent déposé prend une teinte nettement brune, ce qui donne un très bon tirage malgré la faiblesse apparente de l’image. Je ne saurais donc trop conseiller ce révélateur à tous ceux qui désirent, avant tout, un développateur en une seule solution et se conservant aussi bien que possible.
237. — Il va de soi que si le glycin peut s'employer en solution unique, il peut aussi s’employer en deux solutions. Pour cet usage, vous préparez les deux solutions suivantes :
t Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm*.
A 5 Sulfite de sodium anhydre 25 gr-
( Glycin 10 —
La quantité de sulfile est le double de celle dite normale,, è cause de la grande dilution de la solution.
£ ( Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm*.
u 1 Carbonate de poLassium 200 gr.
Il est bien entendu que vous pouvez faire la solution B en employant les deux carbonates de potassium et de sodium.
Vous auriez dans ce cas-là 100 grammes de carbonate de potassium et 210 grammes de carbonate de sodium cristallisé.
238. — Pour développer des plaques ayant reçu une exposition correcte et présentant un sujet normal, c’està-dire sans platitude ni sans grandes oppositions, vous composerez le bain avec :
Solution A - B
100 cm*.
Dans le cas où le sujet présente des contrastes trop accentués, on peut diminuer la quantité de la solution B. Si même on désire obtenir une très grande douceur, on diluera le bain. On peut, par exemple, composer le bam comme suit:
Solution A 100 cm3.
Eau 160 —
Dans le cas où le sujet se présente avec trop de platitude et qu’il faille, par conséquent, accentuer ses contrastes trop légers, on augmente sensiblement la solution B, surtout si elle n’est formée que par du carbonate de potassium. Vous prenez, par exemple :
Solution A — B
Un tel bain, étant destiné à augmenter les contrastes, devra tout naturellement être employé dans le cas de la surexposition. Si cette surexposition est très accentuée, il y aura lieu d’ajouter à ce bain du bromure de potassium, quelle que soit d’ailleurs sa température. Pour les cas extrêmes, on pourra prendre :
Solution A 100 cm3.
Solution de bromure de potassium au 1/10° 10 —
fVous le voyez, le glycin, avec ses propriétés très remarquables et surtout sa propriété spéciale de fournir des images parfaitement claires, peut être également employé par ceux qui aiment le développateur en solution unique et ceux qui le préfèrent en deux solutions.
Un mot final sur la nature du glycin. J’ai trouvé ce corps dans le commerce sous deux espèces : en poudre jaune sableuse, avec une odeur pharmaceutique désagréable, en poudre blanche avec une odeur très caractérisée d’acide acétique. C’est sous l’espèce poudre blanche que je l'ai employé pour l’établissement des formules ci-dessus. Les essais que j’ai faits avec la poudre jaune ne m’ont pas donné d’aussi bons résultats. En autres choses, l’action du bain se montre beaucoup plus lente.
100 cm3.
Sur la falaise d’Ault.
Représentation d’un phototype négatif de l’auteur.
DÉVELOPPATEUR A L’ÛXALATE FERREUX,
23S. Constitution de l’oxalale feu eux. — 240. Les solutions nonnnlea. — 241. Nécessité d’employer de l’eau distillée. — 242. Manière de préparer soi-même l’oxalate neutre de potassium. — 243. Conservation de la solution de sulfate de fer. — 244. Formation du développateur. — 245. Aclion au bromure de potassium. — 246. Mode opératoire à deux cuvettes. — 247. Influence de l’hyposulfite de sodium ajouté au développateur. — 248 Méthode rationnelle de développement. — 249. Augmentation de l’énergie du développateur. — 250. Modification apportée au développement par l’emploi de l’hyposulfite de sodium. — 251. Emploi do modérateurs autres que le bromure de potassium.
239. — Nous avons vu que le meilleur moyen d’obtenir de l’oxalate ferreux était de traiter un sulfate ferreux par un oxalate soluble ou de l’acide oxalique. Au moment de sa naissance, ce sel se trouve très propre à agir sur le bromure d’argent modifié et à développer, par conséquent, l’image latente. Les proportions d’oxalate et de sulfate sont déterminées par la solubilité de ces sels dans l’eau. On ne saurait donc dépasser ce point de solubilité pour augmenter l’énergie du développateur, car il se formerait immédiatement des précipités. D’un autre côté, pour ne pas diluer le bain inutilement, on prépare la solution d’oxalate à saturation. L’oxalate employé est généralement l’oxalate neutre de potassium C204K% dont la saturation dans l’eau, à la température moyenne, est d’environ 33 p. 100.
Quant à la solution de sulfate, elle est généralement formée par du sulfate ferreux S04Fe, dont la saturation dans les mêmes conditions de température est d’environ 76 p. 100.
Ainsi concentrée, la solution s’altérerait très rapidement à l’air. Donc, pour ne pas la mettre trop tôt hors d’usage, il est préférable de la faire à un titre moins élevé, soit au même titre que la solution d’oxalate.