‹ Le développement en photographieChapitre 45 sur 64 · C./ Voir ca Pratique en Photographie , p · texte numérisé non relu

C./ Voir ca Pratique en Photographie , p

DËVELOPPATEUR A L’OXALATE FERREUX.

produise une réaction légèrement alcaline, puis vous ajoutez un peu de sel d’oseille jusqu’à ce que la réaction redevienne légèrement acide. Ces réactions vous seront décelées par le papier de tournesol.

243. — Afin d’obtenir une meilleure conservation de la solution de sulfate ferreux et de prévenir le voile pendant le développement, 'il est bon de l’additionner de quelques gouttes d’acide. On emploie à cet usage soit une goutte d’acide sulfurique concentré, soit cinq gouttes d’acide acétique cristallisable, les gouttes étant toujours prises pour 15 au centimètre cube, soit encore 0sr,2 ou 0gr,5 d’acide tavtrique ou d’acide citrique. Un excès d’acide sulfurique ou d’acide acétique produit un précipité d’oxalate ferreux lorsque l’on forme le bain développateur, ce qui n’a pas lieu avec un excès d’acide tartrique ou d’acide citrique.

244. — Pour former un bain développateur, on prend 3 parties de la solution A et 1 partie de la solution B, en ayant bien soin, pour les raisons que j’ai données en parlant de l’oxalate ferreux, de verser la solution B dans la solution A. De plus, le bain ne doit être préparé qu’au moment de l’emploi. En mélangeant les solutions trop longtemps à l’avance, l’oxalate ferreux s’oxyderait en prenant de l’oxygène à l’air et son action révélatrice perdrait en énergie.

Lorsque l’on a à développer des plaques que l’on sait être, d’une façon ou d’une autre, non sujettes au voile, on emploie le bain développateur tel qu’il vient d’être constitué. Si la durée du temps de pose a été nécessaire et suffisante, l’image apparaît ordinairement en dix ou trente secondes et se trouve complètement développée entre une minute et demie ou trois minutes. Dans l’intervalle de ce laps de temps, un léger voile viendrait-il à apparaître. 11 faudrait ajouter de II à X gouttes d’une solution de bromure de potassium à 10 p. 100 par chaque 100 centimètres cubes de bain développateur. Il est nécessaire de faire ces additions avec un compte-gouttes donnant 15 gouttes au centimètre cube, ou modifier le nombi'e de gouttes que j’indique, en tenant compte de celui que le compte-gouttes employé donne au centimètre cube.

245. — L’action du bromure de potassium est très accusée dans le développateur à l’oxalate ferreux. Plus peut-

être que dans tout autre développa teur. Je ne saurais donc trop appeler votre attention sur la délicatesse de son emploi. On obtient avec lui des phototypes négatifs plus purs, plus intenses, plus riches en contrastes, et un retard très net dans la venue de l’image. Dans ces conditions, on pousse facilement l’épreuve à la dureté, en ajoutant une seule goutte en plus du nombre qui est nécessaire. Cela n’a pas un très grand inconvénient pour le paysage. 11 en va tout autrement dans le cas du portrait.

Remarquons toutefois que cette grande efficacité du bromure de potassium dans le développateur à l’oxalàte ferreux permet souvent de sauver des plaques ayant reçu une surexposition considérable, ce que l’on reconnaît à l’apparition immédiate de l’image dès que la plaque se trouve mise en contact avec le développateur. Dans ce cas, la plaque est prestement retirée du bain, abondamment lavée, plongée pendant quelques instants dans une solution diluée de bromure de potassium ou dans le développateur additionné d’une dizaine de centimètres cubes de la solution de bromure à 10 p. 100 par chaque 100 centimètres cubes de bain. Saiton d’avance que la surexposition existe? On peut commencer le développement dans un bain très bromuré ou dans un bain vieux, et, lorsque les grandes lumières de l’image sont apparues, on termine en employant un bain neuf pour faire venir les détails dans les ombres. Pour obtenir un bain vieux, lorsqu’on n’en a pas à sa disposition, il suffit de préparer un bain neuf et de le laisser séjourner à l’air durant quelques heures dans un plat, de façon qu’il présente au contact de l’air la plus grande surface possible.

246. — Une pratique excellente consiste à opérer avec plusieurs cuvettes. L’une contenant le développateur frais sans bromure, une autre du développateur vieux; une autre encore du développateur vieux contenant quelques gouttes de bromure. Suivant la pose, on se sert de l’une ou de l’autre ou l’on fait emploi des trois concurremment. -

247. — Le capitaine Abney, ayant un jour touché une plaque avec ses doigts encore humides d’un bain de fixage à l’hyposulfite de sodium, remarqua que le développement se trouvait subitement accéléré et que l’image obtenue présentait une très grande douceur. Ceiie remarque, mise en pra-

DEVELOPPATEUR A L’OXALATE FERREUX. 215

tique, nous conduit à une excellente formule que j’ai très longtemps employée pour le portrait. Elle se présente comme suit :

Je recommande celte formule à ceux qui veulent employer l’oxalale ferreux, mais je leur recommande aussi et très vivement de ne pas dépasser le taux que j’indique pour la solution d’hyposulfite. Avec un tel bain, à pose égale, l’image apparaît deux ou trois fois plus vite qu’avec le bain ordinaire, montre une grande douceur dans l’ensemble, une grande finesse dans les détails, une grande délicatesse dans les demi-teintes. Toutefois, si vous faites usage de plaques sujettes au voile, ce procédé n’est pas fait pour elles. Mieux vaudrait alors employer le bain ordinaire en prenant quatre volumes de la solution d’oxalale potassique, au lieu de trois, pour un volume de la solution de sulfate ferreux, et au besoin étendre le tout de un, deux, trois ou même quatre volumes d’eau.

248. — La méthode rationnelle de développement que j’ai indiquée pour le pyrogallol, et qui consiste à ajouter successivement de petites- doses d’alcali, peut être employée, quoique avec infiniment moins de souplesse, dans le développement à l’oxalate ferreux. Pour cela, on verse seulement dans la cuvette la solution d’oxalate neutre de potassium et l’on y ajoute progressivement de petites quantités de la solution de sulfate ferreux, jusqu’à ce qu’on atteigne, au maximum, la quantité indiquée par la formule.

Cette formule, d’après ce qui a été dit au sujet de l’oxalate ferreux, donne à un bain son maximum d’énergie. Maximum bien faible dans beaucoup de cas.

249. — Le Dr Eder a indiqué plusieurs moyens d’augmenter cette énergie en constituant un développateur plus concentré. Voici ces moyens :

1° Faire dissoudre dans 400 centimètres cubes d’eau bouillante, d’abord 50 grammes d’oxalate neutre de potassium et ensuite 15 grammes d’oxalate ferreux. Vous lais-

Solution d'oxalate neutre de potassium

— de sulfate ferreux

— de bromure de potassium au 1 /10e.

75 cm3.

IV gouttes.

d'hyposulfite de sodium au I /200e . XII

sez refroidir et vous remplissez des flacons bien bouchés;

2° Faites digérer à chaud de i’oxalale ferreux dans une solution sursaturée d’oxalate neutre de potassium. Une grande quantité d’oxalate ferro-potassique se dissout sans qu’il s’en sépare par le refroidissement;

3° Dissolvez, à chaud, 50 à GO grammes d’oxalate neutre de potassium dans 100 centimètres cubes d’eau et ajoutez après 17 à 20 grammes de sulfate ferreux. Le sulfate ferreux se dissout beaucoup plus rapidement que l’oxalate ferreux. Vous laissez reposer vingt-quatre heures. Au refroidissement, une assez grande quantité de sulfate de potassium se sépare en cristallisant, mais tout l’oxalale ferreux utile reste en dissolution. L’on obtient ainsi une solution au taux d’environ 12 p. 100 d’oxalate ferreux. Donc à peu près le double de la quantité contenue dans le développateur normal obtenu par le mélange des deux solutions. Cette liqueur, d’une couleur rouge très foncée, doit se garder à l'abri de l’air.

Pour atteindre ce but, le meilleur moyen est encore de faire emploi du flacon à robinet et à deux tubulures, dont je vous ai parlé au chapitre les Solutions.

250. — Nous avons vu que l’hyposulfite de sodium, ajouté en très petite quantité au développateur, facilitait le développement. Il agit donc, en somme, comme accélérateur. Donc, en admettant que l’on n’emploie pas couramment ce produit dans le bain de développement, on peut, dans tous les cas, en faire usage, lorsque l’on sait pertinemment que la plaque à traiter est sous-exposée. Une bonne pratique consiste à ajouter une dizaine de gouttes d’une solution d’hyposulfite à 1/200' dans 100 centimètres cubes d’eau, et d’y tremper la plaque, pendant une ou deux minutes, avant de procéder au développement.

A quelle cause est due cette action extrêmement énergique de l’hyposulfite de sodium avec l’oxalate ferreux? 11 me parait assez difficile de s’en rendre un compte exact.

L’action dissolvante de l’hyposulfite sur le bromure a-t-elle pour eflet d’amener ce bromure en contact très intime avec le révélateur et par conséquent de favoriser les réactions ?

Cela est bien possible, puisque d’une façon à peu près générale on obtient un phototype négatif plus fouillé, plus brillant et plus dense, quel que soit le révélateur employé,

DÉVELOPPATEUR A L’OXALATE FERREUX.

toutes les fois qu’on trempe, pendant un temps très court, la plaque dans une solution faible d’hyposulfite de sodium, avant de l’immerger dans le bain développateur.

L’action absorbante de l’hyposulfite sur le bromure ferrique et l’oxalate ferrique, en formation dans le bain de développement, et qui sont des modérateurs, n’est-elle pas, dans le cas présent, la cause de l’effet produit ?

Le Dr Vogel estime d’autre part que le pouvoir accélérateur de l’hyposulfite de sodium dans le développateur à l’oxalate ferreux est entièrement dû à la production d’un hyposulfite de fer, réducteur très énergique. Je crois bien que dans l’espèce, là gît la vérité. Au demeurant, cela ressort de la seconde interrogation po^ec.

En effet, le bromure ferrique, d’après M. A. de la Baume- Pluvinel, est converti en bromure ferreux, bromure de sodium et hyposulfite de peroxyde de sodium :

2S203Na2 + Fe2Br6 = 2FeBr2 + 2NaBr + S*03Na2

Le bromure ferreux réagit ensuite sur une partie de l'hyposultite de sodium et donne du bromure de sodium et de l’hyposulfite de fer :

S203Na2 H- FeBr2 = S203Fe + 2NaBr

D’un autre côté, l’oxalate ferrique se transforme en oxalate ferreux, hyposulfite de fer et oxalate de peroxyde de sodium :

S203Naa + (C2Oi)3Fe2 = C20*Fe + S203Fe + 2(C20*Na)

Le bromure de sodium est encore un modérateur, mais il agit beaucoup moins énergiquement que le bromure ferrique. Quant à l’oxalate ferreux, il revivifie le bain, alors que l’hyposulfite de fer agit comme un réducteur très énergique.

Une solution d’hyposulfite de fer s’oxyde, en effet, même à l’air, en laissant déposer des cristaux de sulfite ferreux.

251. — En ce qui est de l’action modératrice, nous avons vu qu’on la demandait à un bromure alcalin, de préférence le bromure de potassium, comme cela a lieu d’ailleurs pour tous les développateurs, en général. Toutefois, comme dans le cas de l’oxalate ferreux l’action du bromure

de potassium se montre très énergique, trop énergique même souvent, on a cherché à lui substituer un iodure ou un chlorure.

L’action de l’iodure de potassium paraît assez faible, mais communique à l’argent déposé une coloration légèrement rougeâtre. Il y a donc lieu d’en faire usage lorsque les plaques ont des tendances à donner dur ou terne.

L’action du chlorure de sodium se rapproche sensiblement de celle du bromure de potassium en tant qu’action modératrice, mais elle est beaucoup moindre en ce qui concerne la pureté communiquée à l’image et la prévention du voile.

On a encore préconisé l’addition de certaines substances : sucre, glycérine, dextrine, gélatine, etc. Si elles donnent un très peu moins de dureté que le bromure de potassium, elles sont considérablement moins énergiques que lui. J’estime donc que, dans tous les cas, le révélateur normal, additionné ou non d’hyposulfite de sodium, suffira amplement quand on voudra se servir de l’oxaiate ferreux.

DÉVELOPPATEURS A RÉVÉLATEURS DIVERS.

252. Classification des développateurs. — 253. Considérations sur le choix d'un développateur. — 254. Développateur à l’hydroquinone. — 255. Développateur à la pyrocatéchine. — 256. Développateur à l’ironogène. — 257. Développateur au paramidophénol. — 253. Développateur au métol. — 259. Développateur à la diamidorésorcine. — 260. Déve- .loppateur au diogène. — 261. Développateur à l’ortol. — 262. Moyens de reconnaître la constitution d’un développateur.

252. — En réalité, les développateurs peuvent se classer en quatre grandes catégories :

1° Développateurs organiques, travaillant en deux solutions, avec alcali; ou en une solution et le révélateur à l’état sec.

2° Développateurs organiques, travaillant en solution neutre ou acide, donc sans alcali ; le révélateur étant employé à l’état sec, ou en solution.

3° Développateurs organiques, travaillant en une solution unique, concentrée, avec aicali.

4° Développateurs minéraux.

Je viens de vous donner un type de chacune de ces classes. Ce type n’a pas été pris au hasard. A part le type de la classe 4, unique dans son genre et par conséquent ne laissant pas le choix, j’ai choisi, pour les trois autres, ceux qui sont les meilleurs, au point de vue de Y Art en photographie. 1! ne faut pas oublier que c’est vers ce point final particulier que tendent toujours mes efforts ou mes conseils. Or, après avoir travaillé avec tous les révélateurs, plus ou moins connus, mais mis au jour, il demeure sans aucun doute pour moi que les trois meilleurs révélateurs organiques à employer pour l’Art en photographie sont : l’acide pyrogallique, le diamidophénol et le glycin. C’est à vous de décider quelle méthode de travail il vous plaît le mieux d’employer, pour choisir l’un ou l’autre de ces révélateurs.

Quel que soit votre choix, vous avez la certitude de bien faire.

253. — On a dit souvent, et je lis à chaque instant dans des revues ou des manuels : « Tous les révélateurs sont bons et amènent aux mêmes résultats quand on sait bien les conduire. » Je m’inscris absolument en faux contre cette observation, du moment qu’il s’agit de faire de l’art, c’est-à-dire, non seulement d’amener tous les détails sur un phototype négatif, mais encore d’arriver à l’harmonie. Cette affirmation des revues et des manuels est tout ce qu’on peut rêver de plus faux, prise d’une' façon générale. Elle prouve, pour le moins, que ceux qui la lancent n’ont pas travaillé avec tous les révélateurs.

A la grande rigueur, et même dans le cas de l’Art, lorsqu’il s’agit de photographie au poser, c’est-à-dire de celle où l’on est absolument maître de faire varier le temps de pose suivant les besoins de l’harmonie, comme dans le portrait, par exemple, on peut obtenir les mêmes résultats avec n’importe quel développateur, du moment qu’on connaît les ressources de ce développateur et qu’on sait le conduire. Tous, en effet, ne se comportent pas d’une façon identique. Ce n’est là, au demeurant, qu’une étude à faire.

Il en va tout autrement lorsqu’on n’est pas maître de la variation du temps de pose, ou que l’on ignore ce temps, ou que l’on travaille instantanément, ou que l’on opère avec une incertitude notoire. Tous les développateurs vous révéleront l’image latente. Mais quant à vous la donner harmonieuse, à vous garder les ciels dans les paysages, ou la douceur dans les figures, à vous fournir des ombres transparentes et des lumières non empâtées, soit par développement lent, soit par développement rapide, il en va tout autrement. L’identité de résultat disparaît. Les uns donnent mieux que les autres; ceux-ci avec plus de securité et de' certitude que ceux-là ; ceux-là avec moins de risques d’insuccès que ceux-ci. C’est pour cela que, me basant sur ma propre expérience, je vous ai tout de suite tiré hors de pair l’acide pyrogallique, le diamidophénol et le glycin. Maintenant, je vais vous parier des autres pour que vous puissiez les employer si bon vous semble.

DÉVELOPPATEURS A REVELATEURS DIVERS. 221

Développateur a l’hydroquinone.

254. — Comme je vous l’ai dit, l’hydroquinone a été signalée vers 1880 par le capitaine Abney. Deux ans après, le Dr Eder, après l’avoir étudiée, terminait en déclarant que, dans la pratique, l’hydroquinone n’avait pas encore d’avantages assez marqués sur l’acide pyrogallique pour distancer ce dernier. Le Dr Eder opérait à l’aide d’une solution d’hydroquinone de 2 à 4 p. 100, additionnée de II à IV gouttes d’am moniaque par chaque 25 centimètres cubes de cette solution.

M. Balagny, considérant sans doute que dans le développement à l’acide pyrogallique la substitution du carbonate de sodium à l’ammoniaque et l’emploi du sulfite de sodium donnaient de bons résultats, imagina de traiter l’hydroquinone d’une façon analogue. Il reconnut qu’une solution d’hydroquinone rationnellement additionnée de sulfite de sodium devient presque inaltérable à l’air. Grâce à cette propriété, il paraissait inutile de faire des solutions séparées de carbonate de sodium et d’hydroquinone, et M. Balagny donna cette première formule d’un bain unique :

Eau 900 cm3.

Sulfite de sodium cristallisé 75 gr.

faire chauffer à 70° C. et y dissoudre complètement : Hydroquinone 10 gr.

ajouter ensuite :

Carbonate de sodium cristallisé 150 gr.

Il est de toutenécessité que l’hydroquinone soit complètement dissoute avant l’adjonction du carbonate alcalin. Un seul grain d’hydroquinone non dissous, en présence de l’alcalin, rougirait le bain et le mettrait rapidement hors de service. Ainsi ce bain, que nous appellerons bain neuf , possède une très grande énergie. L’image s’y développe trop vite et se grise immédiatement. Pour suivre le développement, il est bon de n’employer le bain, neuf qu’en l’additionnant d’une certaine quantité de bain vieux.

Quand on emploie un développateur à l’hydroquinone

pour la première fois, on ne possède pas de bain vieux, mais on peut modifier le bain neuf de telle façon qu’il acquiert immédiatement toutes les qualités du bain vieux. Ce bain neuf vieilli s’obtient par le mélange suivant :

Eau 100 cm3.

Bain neuf 100 —

Acide acétique cristallisable XX gouttes.

Dans les cas où la pose n’a pas été nécessaire et suffisante, on n’obtient que rarement, je dirai même par hasard, des épreuves harmonieuses pour un travail artistique, les noirs du phototype se montrant trop souvent imperméables à la lumière.

Aussi en est-on revenu à préconiser l’emploi de solutions séparées dont voici la composition, donnée encore par M. Balagny, et qui résume à peu près toutes les autres :

. ( Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm3.

? Sulfite de sodium cristallisé.... 250 gr.

„ ( Eau 450 cm3.

( Potasse caustique 100 gr.

~ ( Eau cbaude ayant bouilli 100 cm3.

( Ferrocyanure de potassium 10 gr.

^ Bromure de potassium • 10 gr.

Après dissolution complète de A, et pendant que la liqueur est encore chaude, vous lui ajoutez 20 grammes d’hydroquinone que vous dissolvez complètement en agitant. Vous laissez refroidir et vous conservez dans des flacons bien clos.

Pour l’emploi, vous prenez 80 centimètres cubes de A et 40 centimètres cubes de B. C’est le bain normal neuf. Vous prélevez sur B et sur D et sur C les quantités que vous jugerez suffisantes pour modifier l’action du bain dans le sens de l’action respective de ces solutions. C, croit-on donne de la douceur. Mais vraiment peu si l’on considère les phototypes développés à l’hydroquinone. J’estime, et encore, que son véritable rôle est de régulariser l’action du bain. D modère cetle action et retarde, dans une certaine mesure, la montée du voile.

Quant à employer le développateur à l’hydroquinone len-

DEVELOPPATEURS A RÉVÉLATEURS DIVERS. 22:j

tement, en le diluant, il n’y faut guère songer, attendu que l’on court presque infailliblement à la montée du voile jaune ou rouge. Le développateur à l’hydroquinone se présente donc le moins propre qui soit pour l’art en photographie, et c’est justement le développateur le plus employé en photographie. Du moins, celui qui l’a été le plus. On commence à en revenir. Il est vrai de dire qu’étant celui qui se conserve le mieux en solutions préparées à l’avance, tous les marchands en vendent sous des noms plus ou moins bizarres, et en solutions telles qu’elles développent en coup de foudre. Ce qui plaît beaucoup aux snobs en photographie. Or je ne connais pas de ciasse sociale qui soit plus entachée de snobisme que celle des photographes.

M. II. Reeb a cherché à déterminer les quantités d’alcalis et de leurs carbonates correspondant à une quantité donnée d'hydroquinone, ainsi que la quantité de sulfite de sodium cristallisé nécessaire et suffisante. Cette détermination a été indiquée dans le chapitre les Solutions.

Les combinaisons différentes pour arriver à constituer un développateur à l hydroquinone devront donc porter sur Tune des formules trouvées par cette détermination.

D’un autre côté, M. Mercier a démontré que l’action de l’hydroquinone n’est pas en proportion constante avec son augmentation de quantité dans le développateur. Ce qui a lieu d’ailleurs pour tous les révélateurs en général. L’action de l’hydroquinone est à son maximum avec des solutions à 6, 7 ou 8 p. 100. Au-dessous ou au-dessus de cette concentration, l’action devient moindre.

Il serait à souhaiter que quelque chimiste prît le temps de nous faire la même détermination pour tous les révélateurs connus.

Si nous voulons tenir compte des succédanés de l’alcali et remplacer les hydrates ou les carbonates de potassium ou de sodium par le phosphate tribasique de sodium, on peut employer avec succès la formule suivante :

f Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm3.

A < Sulfite de sodium anhydre 50 gr.

Hydroquinone 12er,5

« t Eau » 000 cm3.

* ? Phosphate tribasique de sodium ,, 200 gr.

Pour l’emploi on prendra :

E3.ii 120 cm*.

Solution A 20 —

Ce développateur a autant d’énergie que celui à la potasse caustique. Je m’étonne que les fabricants de petites fioles développatrices n’emploient pas le phosphate qui désorganise beaucoup moins la gélatine.

L’hydroquinone peut donner d’excellents résultats quand le bain reste entre 12 et 15° C. A plus haute température, même en solution diluée, il acquiert les propriétés d’un bain très rapide et fournit des phototypes sans vigueur, en amenant facilement le voile. Si on l’additionne de bromure, les plaques sous-exposées acquièrent trop d’opacité et, en voulant pousser aux détails, on arrive à la coloration jaune-serin de la gélatine.

Développateur a la ptrocatéchine.

255. — Autrefois, je me suis servi de la pyrocatéchine avec l’hydrate de potassium ou potasse caustique, suivant une formule du Dr Eder. Le développateur préparé ainsi, dans des conditions analogues à celui à l’hydroquinone, fournissait déjà beaucoup plus de détails dans les ombres que celui à l’hydroquinone, et amenait beaucoup plus vite le phototype négatif à l’intensité nécessaire pour un bon tirage.

Cette formule était :

i Eau 400 cm*.

A ) Sulfite de sodium cristallisé 40 gr.

( Pyrocatéchine 10 gr.

( Eau 400 cm*.

f Potasse caustique 40 gr.

Pour l’usage, j’employais :

Solution A 30 cm3.

Quand MM. Poulenc frères mirent dans le commerce la pyrocatéchine de synthèse, j’en fis usage, tout d’abord, dans

DEVELOPPATEURS a révélateurs DIVERS. 225

tes mêmes conditions. Puis je l’essayai avec les carbonates alcalins. Les résultats obtenus me parurent très supérieurs avec ces derniers. J’abandonnai la potasse caustique, avec le plus grand plaisir, comme je le fais d’ailleurs toutes les fois que je le puis. Elle commet trop de traîtrises envers la gélatine.

En prenant toujours une même solution de pyrocatéchine qui est

( Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm*

A ) Sulfite de sodium anhydre CO gr.

( Pyrocatéchine 20 gr.

on peut faire usage de différentes solutions alcalines, soit

avec le carbonate de potassium :

„ t Eau 1 000 cm1.

( Carbonate de potassium 200 gr.

soit avec le carbonate de sodium cristallisé :

„ ( Eau 1 000 cm3.

( Carbonate de sodium cristallisé 320 gr.

soit avec le carbonate de potassium et de sodium :

f Eau 1 000 cm1 .

D \ Carbonate de potassium 100 gr.

( Carbonate de sodium cristallisé 160 gr.

Suivant la règle générale, la solution Adonne l’intensité ; les solutions alcalines poussent aux détails et accélèrent le développement. On peut employer à son choix l’une ou l’autre de ces solutions, en se rappelant que le phototype est plus accentué, plus piqué, avec le carbonate de potassium ; plus doux avec le carbonate de sodium. Aussi, dans le développateur à la pyrocatéchine, comme dans tous les autres développateurs avec alcali, est-ce toujours à la solution contenant les deux carbonates que je donne la préféren ce.

En principe, vous obtiendrez un développateur normal en mélangeant à parties égales A et B ou A et G ou A et D. Ce développateur normal m’a toujours paru être ainsi, comme celui à l’oxalate ferreux, à son maximum d’énergie. On peut

très bien diminuer ia rapidité de l’action en ajoutant au mélange une quantité plus ou moins grande d’eau de dilution.

Si vous désirez faire usage du phosphate tribasique de sodium, vous constituerez une solution semblable à celle indiquée pour le carbonate de sodium, et vous mélangerez aussi en parties égales avec la solution du révélateur.

Les phototypes négatifs donnés par la pyrocatéchine sont très fins, très brillants, se rapprochent de beaucoup de ceux fournis par l’acide pyrogallique. Ce développateur, s’oxydant assez lentement à l’air, permet le développement lent en cuvette verticale. Il demeure dans la catégorie des bons que l'on peut, employer utilement.

Le bromure de potassium n’agit pas parfaitement bien comme retardateur. Il m’a toujours paru préférable d’employer une solution d’acide borique à 2 p. 100, que l’on ajoute par goutte au développateur.

L’accélérateur le mieux approprié paraît être constitué par une solution de saccharate de chaux à 1 p. 100, ajouté au développateur à raison de S à20 centimètres cubes par chaque 60 centimètres cubes du bain. Le plus souvent, les accélérateurs amènent à une diminution d’intensité de l'image. Ici, c’est l’inverse qui a lieu. Le saccharate de chaux augmente la densité des noirs- Vous ferez donc bien de ne pas avoir la main trop lourde

Développateur a l’iconogène.

256. — Le développateur à l’iconogène est un des meilleurs qui soient au point de vue particulier de l’obtention des détails dans les ombres. Son seul défaut est d’amener trop facilement, comme l’hydroquinone, la coloration en jauneserin de la gélatine, surtout quand on veut effectuer avec lui le développement lent, même semi-lent.

C’est, avec l’hydroquinone, le développateur pour lequel on a proposé le plus de formules. Ici comme là, quand on les ramène à la même unité, l’on s’aperçoit vite qu’elles diffèrent peu ou point les unes des autres. Je me contenterai de vous donner celle que j’ai constituée pour mon usage personnel et dont je me sers toujours lorsque je veux

DÉVELOPPaTEURS a REVELATEURS DIVERS. 22?

employer le développateur à i'ieonogène. Elle est en deux solutions.

SEau chaude ayant bouilli 1 000 cm*.

Sulfite de sodium anhydre 75 gr.

Bisulfite de sodium cristallisé 30 gr.

Iconogène 30 gr.

Grâce à la présence du sulfite et du bisulfite, la solubilité de Eiconogène se trouve augmentée et la dose du révélateur peut être aussi portée à 3 grammes. Néanmoins la solution, ainsi faite, se trouve être à saturation à la température moyenne. Ne vous préoccupez donc pas outre mesure des cristaux qui, avec l’abaissement de température, pourraient se déposer au fond du flacon. Employez tel quel ou portez la solution au bain-marie avant l’emploi.

Le bisulfite de sodium aide puissamment à la conservation de la solution. Par cela même, il retarde un peu l’action du développateur. Si vous n’en avez pas, ou si vous ne voulez pas l’employer pour la raison que je viens d’exprimer, contentez-vous déporter ladosede sulfite de sodium anhydre à 100 grammes au lieu de 75 grammes.

Quant à la solution d’alcali, elle sera :

! Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm*.

B < Carbonate de potassium 100 gr.

( — de sodium cristallisé 210 gr

Pour le bain normal, il y aura à mélanger 5 parties de A avec 1 partie de B.

On peut pratiquer le développement rationnel en versant dans la cuvette la partie que l’on a prélevée de la solution A, et ajouter par petites parties successives de la solution B, jusqu'à ce que l’addition totale, si besoin est, corresponde au cinquième de la partie prélevée de A.

Pour mon compte, je préfère toujours agir, dans tous les cas, avec des bains neufs. Néanmoins, il est loisible d’user de la méthode de l’hydroquinone consistant à commencer l’opération dans un bain vieux et à l’achever après dans un bain frais. Ce mode de procéder permet d’obtenir, sans addition de bromure de potassium, des phototypes négatifs très brillants.

On peut parfaitement bien employer le développateur à

J’iconogène en solution unique, en se servant, par exemple, de la formule suivante :

Eau bouillante et ayant bouilli 1 000 cm*.

Sulfite de sodium anhydre 60 g r.

Carbonate de potassium pur 50 gr.

Iconogène 30 gr.

La solution, encore chaude, est versée dans des flacons que l’on bouche hermétiquement. Elle se conserve indéfiniment si l’eau était bien bouillante et le sulfite de sodium bien pur.

On peut employer le développateur tel que, ou l’étendre d’une quantité d’eau suffisante si on le trouve trop rapide.

Dans le cas d’une surexposition connue, on ajoutera du bromure de potassium ou l’on fera usage d’un bain ayant déjà servi plusieurs fois.

Le développement à l’iconogène doit être mené dans le genre de celui au diamidophénol. En d’autres termes, pour atteindre à une bonne intensité, il est bon de suivre l’image au dos de la plaque et de n’arrêter le développement que lorsque l’image y est nettement visible. Cette visibilité doit être obtenue cependant avec une certaine rapidité. Le développateur à l’iconogène étant de ceux qui, en agissant trop lentement, avec une certaine concentration, amènent, je le répète, le jaunissement de la gélatine.

Veut-on employer le phosphate tribasique de sodium ? On fera les solutions suivantes.

1 Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm3.

A j Sulfite de sodium anhydre 40 gr.

( Iconogène 10 gr.

„ ( Eau I 000 cm3.

( Phosphate tribasique de sodium 240 gr.

et pour le bain normal, on mélangera les solutions À et B à volumes égaux.

M. Ch. Reeb a traité l’iconogènedeîa même manière qu’il avait traité déjà l’hydroquinone, déterminant les quantités d’alcalis et de leurs carbonates correspondant à une quantité donnée d’iconogène, ainsi que la quantité de sulfite de sodium nécessaire et suffisante pour le parfait fonctionnement du développateur. De cette détermination, il faudrait en conclure que, pour obtenir avec l’iconogène un bain de même

DÉVELOPPATEURS A RÉVÉLATEURS DIVERS. 229

rapidité qu’avec l’hydroquinone, on devrait employer 33 grammes d’iconogène pour 8 grammes d’hydroquinone, ou, en réduisant à l’unité, 4gr,125 d’iconogène pour 1 gramme d’hydroquinone. Pratiquement, la proportion m’a toujours paru un peu exagérée. Comme je l’ai dit au chapitre les Solutions , 4 grammes me semblent amplement suffisants dans la pratique.

La solution de bromure de potassium agit assez bien comme modérateur, et aussi comme préventif du voile. On obtient également avec elle un peu plus de densité dans les noirs de l’image. Si l’on développe à fond comme je l’ai indiqué, on arrive toujours, à moins qu’il y ait eu grande surexposition, à une intensité suffisante pour un très bon tirage sur papier. Cela vaut beaucoup mieux que de chercher, comme on l’a fait, à obtenir cette densité en mettant dans le bain développateur de la glycérine ou du sucre.

En principe, je ne suis pas très partisan de toutes ces adjonctions de différentes matières organiques. Le plus souvent, on les recherche, parce qu’on ne sait pas ou qu’on ne veut pas chercher comment travailler le développateur. Il faut bien se mettre cela dans l’idée : aucun développateur ne travaille d’une façon identique. Mais ce sont là des questions que nous reverrons en traitant la marche générale du développement.

Développateur au paramidophénol.

257. — Le développateur au paramidophénol, dont on a fait grand état lors de son apparition, possède, je n’en disconviens pas, des qualités primordiales, mais il a aussi un suprême défaut: le révélateur qui le compose présente une faible solubilité. Malgré aussi qu’on ait dit que ses produits d’oxydation n’avaient pas d’action sur l’image latente et ne coloraient pas la gélatine, il m’est arrivé cependant trop souvent d’obtenir des plaques colorées en jaune. En revanche, il donne une gradation assez harmonieuse des demiteintes, fait bien venir les détails et n’empâte pas trop les grandes lumières du phototype.

Ce sont MM. Lumière frères qui nous ont donné le paramidophénol, et comme ces ardents travailleurs ne font pas

les choses à demi, je me plais à le reconnaître hautement, ils ont tait le nécessaire pour nous établir, avec ce révélateur, la meilleure formule de développement. J’en ai essayé d’autres. Aucune ne m’a fourni d’aussi bons résultats. Aussi est-ce à l’étude de MM. Lumière frères qu’il faut en revenir pour le développateur au paramidophénol Tout d’abord ils ont indiqué la formule suivante:

Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm3

Carbonate de potassium 40 gr.

Sulfite de sodium cristallisé 100 gr.

Paramidophénol 8 gr.

Bien que cette quantité de paramidophénol soit assez faible, elle se dissout encore avec beaucoup de difficulté. Elle ne permet ainsi d’obtenir qu’un révélateur très peu concentré. Il faut donc faire abandon des carbonates alcalins pour se retourner vers la base : potasse, soude ou lithine, qui dissolvent une plus grande quantité du révélateur. M M. Lumière frères ont trouvé que 20 grammes de paramidophénol pouvaient être dissous dans un litre d’eau en y ajoutant, soit 30 grammes de potasse, soit 2o grammes de soude, soit 4sr,5 de lithine.

Malheureusement, des quantités aussi fortes de potasse et de soude gênent considérablement le développement. Non seulement elles attaquent vigoureusement la gélatine et tendent à la détacher de son support, mais encore elles dissolvent presque instantanément les aspérités de la peau des doigts. 11 en résulte que les plaques glissent très facilement des mains. La lithine caustique présente également ces inconvénients, mais à un degré beaucoup moindre. Ce qu'il faut lui reprocher surtout, c’est sa toxicité. 11 n’en est pas moins vrai que l’on doit s’adresser à elle pour former un développateur concentré au paramidophénol. Il se présentera dès lors dans les conditions suivantes :

Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm3

Sulfite de sodium cristallisé 250 gr.

Paramidophénol' 20 gr.

Lithine caustique 5 gr.

La lithine caustique doit être pure. Ce n’est pas toujours le cas de la lithine du commerce. Le plus souvent on la trouve carbonatée. De là une très mauvaise préparation du

DÉVELOPPATEURS A RÉVÉLATEURS DIVERS. 231

développateur. Il est facile d’ailleurs de reconnaitre ce défaut. On traite un échantillon du produit à employer par un acide. S’il y a effervescence, c’est que la lithineest carbonatée. Quand elle ne l’est point, elle se carbonate assez vite en absorbant l’acide carbonique de l’air. On doit donc la conserver dans des flacons très bien bouchés.

La formule que je viens d’indiquer constitue un développateur au paramidophénol très énergique. Une plaque exposée y est développée en une trentaine de secondes. L’on peut, dans le même bain, développer un très grand nombre de plaques, presque jusqu’à épuisement du bain, sans que la durée du développement s’en trouve très sensiblement augmentée.

Toutefois, je considère cette action comme étant beaucoup trop rapide dans tous les cas. Je préfère donc diluer le bain en l’additionnant de son volume d’eau. On n’en a pas moins une grande énergie développatrice et une grande rapidité de développement, sans qu’on ait à tenir trop compte des variations moyennes de température. Je ne connais guère que le développateur au glycin pour fournir les mêmes résultats. D’ailleurs, ces deux révélateurs me semblent fournir pratiquement des effets semblables. Ce qui met le paramidophénol en infériorité, c’est toujours son peu de solubilité.

On peut cependant faire avec lui une solution concentrée, de la façon suivante :

Eau chaude ayant bouilli 1 006 cm*.

Métabisulfite de potassium 300 gr.

Paramidophénol 100 gr.

A cette solution, on ajoutera lentement de la lessive de soude caustique concentrée, en remuant continuellement jusqu’à ce que le précipité qui se forme d’abord soit de nouveau dissous.

Cette solution, qui doit être à peu de chose près le produit vendu en Allemagne sous le nom de Rodinal, se conserve bien en flacons bouchés, et se dilue, pour l’emploi, avec 10 à 30 parties d’eau.

D’aucuns ont conseillé d’employer de préférence à la base libre le chlorhydrate beaucoup plus soluble dans l’eau. Je

ne vous engage pas à admettre ce conseil, pour les raisons que j’ai données dans le chapitre Révélateurs en parlant du paramidophénol.

Notons en passant que si M. Reeb a indiqué que pour réduire 1 gramme d’azotate d’argent il fallait 0sr,08 d’hydroquinone ou d’iconogène, MM. Lumière frères estiment que, dans les mêmes conditions, il faut 0sr,14 de paramidophénol libre. Ce qui correspond assez bien aux indications données au chapitre les Solutions. Le chlorhydrate exigerait environ une quantité double.

Quant à remplacer, dans la formule, la lithine caustique par le phosphate tribasique de sodium, il n’y faut point songer. Ce corps dissout mal le paramidophénol. La substitution ne présente donc aucun avantage réel .

Les phototypes négatifs développés au paramidophénol sont très fins, très brillants et dépourvus de voile sans qu’il soit nécessaire de faire usage d’une solution de bromure de potassium. La coloration de l’argent réduit, légèrement brunâtre, est très propice pour un bon tirage.

Développateur au métol.

258. — Le métol rentre sans contredit dans la catégorie des bons révélateurs. Toutefois, pour bien s’en servir, il ne faut pas perdre de vue que le développateur au métol présente une caractéristique assez semblable à celle du chlorhydrate de diamidophénol. Dès le début du développement, l’image apparaît, pour ainsi dire, dans son entier. Si l’on arrêtait le développement, elle serait légère et grise. Il faut donc le continuer pour la laisser monter en vigueur. On peut le faire, le développateur au métol colorant difficilement la gélatine, et la prolongation du développement n’amenant généralement pas la dureté, puisque l’image tout entière monte en même temps.

En employant le carbonate de potassium, on peut établir les deux solutions suivantes :

( Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm3.

A 5 Sulfite de sodium anhydre 00 gr.

{ Métol 10 gr.

Cette solution demande un petit tour de main pour

DÉVELÜPPATEURS A RÉVÉLATEURS DIVERS. 233

être bien préparée. Le métol, au contact du suifite, colore facilement la solution. Il est donc d’une bonne pratique d’opérer ainsi :

La quantité de sulfite de sodium sera dissoute .dans la moitié de la quantité d’eau indiquée ; et le métol sera dissous, à chaud ou à froid, dans l’autre moitié. On mélangera alors les deux solutions froides , en versant rapidement la solution de sulfite dans la solution de métol.

g ( Eau distillée

\ Carbonate de potassium

Le bain normal se composera de :

Solution A 60 cm3.

Si l’on veut faire usage du carbonate de sodium, on fera les solutions mères dans les mêmes proportions, mais on prendra parties égales de ces solutions pour former le bain normal. Dans l’un ou l’autre cas, la diminution d’énergie se fera par l’adjonction d’eau de dilution.

On peut employer le développement rationnel en faisant varier les proportions de A et de B.

Comme à l’apparition de tous les révélateurs nouveaux, on s'est beaucoup engoué du métol. Dans l’espèce, l’engouement n’était pas par trop mal placé. De là, l’éclosion d’un nombre infini de formules, et de méthodes d’emploi. Je me garderai bien de me faire l’éditeur de ce stock. D’autant plus que je ne me suis pas amusé à les essayer toutes. Toutefois, pour les débutants, qu’on ne saurait trop guider, je vais encore donner deux autres formules, l’une en solutions séparées, l’autre en solution unique, avec un mode d’emploi plus précis. Celle en deux solutions se libelle ainsi :

( Eau chaude ayant bouilli 800 cm3.

( Sulfite de sodium anhydre 90 gr.

( Eau distillée 200 cm3.

( Métol 15 gr.

Mélanger les deux solutions a et b à froid, comme je l’ai dit plus haut, pour constituer A.

( Eau distillée 1000 cm3.

B < Bromure de potassium 2 gr.

v Carbonate de potassium 100 gr.

1 000 cm3.

100 gr.

La formule en solution unique se libelle comme suit :

r Eau chaude ayaut bouilli 800 cm3.

N Sulfite de sodium anhydre 90 gr.

) Carbonate de sodium cristallisé 120 gr.

( Bromure de potassium lsr,5

( Eau distillée 200 cm3.

( Métol 15 gr.

Mélangez les deux solutions c et d, à froid, pour constituer la solution C.

Voici maintenant la manière normale d’employer ces deux développa teurs.

1° Pour les travaux d’atelier:

Mélangez :

Solution A 10 cm3.

Eau. distillée 20 —

Ou prenez :

solution C .

Eau distillée

2° Pour les trs

Mélangez :

Solution À..

— BT.

Eau distillée

ou bien prenez:

Solution C 20 cm3.

Eau distillée 40 —

Avec de telles proportions et dans l’un et l’autre cas, l’image apparaît généralement au bout de cinq à dix secondes et le développement est le plus souvent complet eh quatre à cinq minutes. On le constate en examinant la plaque plutôt au dos que par transparence, où elle doit se montrer nettement. Par transparence, en effet, l’image semble généralement beaucoup plus dense qu’elle ne le sera après le fixage. Ce phénomène est plus ou moins accentué suivant la marque de plaque employée.

Dans les deux dernières formules que je viens d'indiquer, il entre du bromure de potassium. C’est que l’action modé-

50 cm:

ivaux du dehors :

— - 20 cm3.

DÉVELOPPATEURS A RÉVÉLATEURS DIVERS. 235

ratrice du bromure est assez peu sensible sur le développateur au métol, tandis que son action préventive du voile est beaucoup plus accentuée. L’action du bain ne se trouve donc pas pratiquement gênée par cette addition. En revanche, les phototypes ne montrent aucun voile.

L’hyposulfite de sodium semble agir comme un accélérateur. Nous avons vu, dans le cas de l’oxalate ferreux, que cette accélération était due à la formation d’un hyposulfi te de fer. La cause ne saurait être la même avec le métol. Toutefois, il est incontestable que les phototypes développés avec une légère addition d’hyposulfite de sodium présentent un brillant et une finesse que n’ont pas ceux développés sans addition d’hyposulfite. Sans vouloir me prononcer sur la question, je crois cependant qu’il n'y a pas dans l’espèce un phénomène d’accélération, mais seulement que l’hyposulfite de sodium agit à la manière des bromures alcalins en empêchant la montée du voile et par conséquent en communiquant plus de brillant à l’épreuve, ce qui permet de mieux voir et de mieux constater la finesse des détails.

LeDrEder, qui a étudié la question, en faisant de nombreuses expériences dans lesquelles il modifiait chaque fois et rationnellement la dose d’hyposulfite, en est arrivé à l’établissement de la formule ci-dessous :

i Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm*

A < Métol 15 gr.

( Sulfite de sodium cristallisé 150 gr.

1 Eau,...- — ... 1 000 cm*

B j Carbonate de sodium cristallisé 330 gr.

( Hyposullite de sodium cristallisé' 1 gr.

J’avoue qu’avec cette formule on arrive à des résultats très voisins de ceux que fournit le développateur à l’acide pyrogallique.

Pour le travail d’atelier, on constitue le bain normal en prenant 40 parties de A, 20 parties de B et 20 parties d’eau distillée.

Pour le travail au dehors, on prendra 20 parties de A^ 10 parties de B et 20 à 30 parties d’eau.

Ce sont en somme les mêmes proportions que précédemment, dans le cas des bains séparés, mais dans les solutions

mêmes l’hyposulfite de sodium a remplacé le bromure de potassium.

La substitution du phosphate tribasique de sodium au carbonate de potassium offre un certain intérêt dans le développateur au métol. Le phosphate est un peu plus énergique que le carbonate pour des quantités équimoléculaires de ces substances. Ces quantités sont 2er,8 de phosphate tribasique de sodium cristallisé pour 1 gramme de carbonate de sodium.

En composant les solutions mères comme suit:

f Eau chaude ayant bouilli

cm*.

j Métol

gr-

( Sulfite de sodium anhydre ,

gr-

( Eau

cm*.

( Carbonate de potassium

gr-

Eau

cm*.

( Phosphate tribasique de sodium

gr-

( Eau

cm*.

f Phosphate tribasique de sodium

gr-

et eu mélangeant 60 centimètre^ „ubes de A avec 20 centimètres cubes de l’une des solutions B, Cou D. Les phototypes donnés par B et C seront vigoureux et à peu près identiques, et ceux fournis par D seront beaucoup plus vigoureux. On peut donc parfaitement, dans le développateur au métol, substituer le phosphate tribasique de sodium à un carbonate alcalin.

Un mot encore. Dans les formules au métol convenablement composées, on peut se baser sur le tableau suivant:

Métol.

Carbonate

de

Bromure.

Pour exposition normale..

potassium.

— — courte. . . ,

— — longue . . .

11 me semble bien que le métol appartient à la classe des révélateurs pouvant travailler en solution neutre. J'ai obtenu avec lui, sans alcali, d’assez bons phototypes. Toutefois je n’ai pas poussé assez loin mes études en ce sens pour pouvoir me montrer absolument affirmatif, ni pour formuler des

DÉVELOPPATEURS A RÉVÉLATEURS DIVERS.

dosages précis. Je me contente d’indiquer le fait, pour vous montrer une voie à explorer.

Le métol attaque assez vivement la peau quand on abuse de son emploi. On prévient les accidents de ce genre, en se trempant les doigts dans une solution saturée de sel marin, dès qu’on les sort du bain de développement.

Développateur a la diamidorésorcine.

259. — La diamidorésorcine appartient à la classe des révélateurs, très modernes, pouvant développer en solution neutre, c’est-à-dire sans le secours d’un alcali. Le mieux est de l’employer à l’état de chlorhydrate. Il se montre donc très proche parent du type de cette série : le chlorhydrate de diamidophénol, vulgo amidol.

Aussi, dès que la diamidorésorcine a paru, l’ai-je immédiatement employée de la même façon que le diamidophénol et j’ai obtenu des résultats à peu près semblables en tous points. Cependant, lorsque j’ai repris cette étude, ultérieurement, et qu’au lieu d’employer la diamidorésorcine à l’état sec, j’ai voulu la préparer à l’avance en solution, je me suis aperçu qu’il se formait rapidement dans le flacon un abondant précipité d’aiguilles cristallines. 11 m’a semble que celte précipitation était due à un excès de sulfite de sodium. Peutêtre mieux, à une acidité de ce corps ou de l’eau.

Comme je l’ai dit, dans le cas du diamidophénol, on a un développateur au maximum d’une bonne constitution quand: d pour une quantité x de chlorhydrate de diamidophénol on emploie 5 a: de sulfite de sodium anhydre; 2° pour 1 00 centimètres cubes d’eau, x est égal à d gramme.

Dans le cas de la diamidorésorcine, pour que la solution reste claire, il faut :

d° Pour une quantité x de chlorhydrate de diamidorésorcine employer 3 a: de sulfite de sodium anhydre;

2° Pour dOO centimètres cubes d’eau, x est égal à 1 gramme.

Ceci posé, le développateur à la diamidorésorcine s’emploie identiquement comme le développateur au diamidophénol. Inutile donc de me répéter. Reportez-vous au chapitre concernant le diamidophénol.

Cependant la diamidorésorcine diffère du diamidophénol sur un point. Alors que la solution de bromure de potassium, employée comme modérateur, se montre peu apte à modérer l’énergie du diamidophénol, comme celle aussi du métol, elle semble agir assez nettement sur la diamidorésorcine. La netteté de cette action se montre déjà avec une dose de 2 centimètres cubes d’une solution de bromure de potassium au dixième.

Par conséquent, dans le cas d’une très grande surexposi tion, alors qu'il devient presque impossible de refréner l’énergie du diamidophénol, on peut refréner celle de la diamidorésorcine et dès lors obtenir un développateur plus souple dans le second cas que dans le premier, toutes les autres caractéristiques de ce genre de développement restant égales d’ailleurs.

Développateur au diogène.

260. — Le diogène, qui, de par saformule de constitution, paraît être un très proche parent de l’iconogène, peut fournir un développateur en solution unique et concentrée ou un développateur en solutions séparées. Je désignerai sous le titre de : formule I la solution unique et concentrée; et sous le titre de formule II les développateurs en solutions

Formule I.

Eau chaude ayant bouilli

Sulfite de sodium anhydre

Diogène

Carbonate de potassium

Solution de bromure de potassium au 1/10®

1 000 cm3.

200 gr.

100 gr.

500 gr.

IV à VIII gouttes.

On obtient ainsi une solution un peu pâteuse, car on dépasse sensiblement, pour le moins, quand la liqueur refroidit, le degré de solubilité du sulfite de sodium. On fera bien de filtrer alors que la solution est encore chaude. Au demeurant, nous avons vu, en parlant du glyciu, qu’il était préférable, pour la bonne conservation des solutions concentrées, que ces solutions dépassent un peu leur degré de solubilité normale à froid.

DEVELOPPATEURS A RÉVÉLATEURS DIVERS. 23S>

Pour obtenir un bain de développement, il suffit d’additionner cette solution d’une quantité d’eau plus ou moins grande en se basant sur ce fait que le bain normal à employer pour des poses correctes se composera de 1 volume de la solution concentrée, augmenté de 4 volumes d’eau

Pour composer un bain de développement normal, on prend 100 centimètres cubes de la solution A à laquelle en ajoute 25 centimètres cubes de la solution B et I à II gouttes d’une solution de bromure de potassium à 10 p. 100.

Suivant le cas de surexposition ou de sous-exposition, on pourra modifier le bain de développement par une diminution ou une addition de la solution de bromure ou de la solution B.

Lorsqu’on se sert de la formule 1, il est loisible de développer comme on le fait avec le glycin, c’est-à-dire en attaquant d’abord la plaque par un bain très dilué et en la terminant dans un bain plus ou moins concentré, suivant la façon dont l’image se présente.

Par exemple, vous composerez le premier bain, le bain d’attaque, de préférence dans une cuvette verticale quelconque et comme suit :

Eau 100 cm3.

Formule I — 5 —

Solution de bromure de potassium au 1/10°. II gouttes.

Si la température du bain se trouve dans les environs de 20° C., le développement pourra être conduit, avec une grande certitude, de la manière suivante.

Au bout de trois à quatre minutes, toutes les hautes lumières apparaîtront et l’image entière se silhouettera. L’apparition de l’image faite dans ces conditions vous indiquera que la plaque a reçu une exposition correcte. Vous pourrez, dès lors, laisser le développement s’achever dans ce bain.

Formule II.

( Eau

} Carbonate de potassium

1 000 cm3 200 gr.

1 000 cm3 120 gr.

40 gr.

LE DÉVELOPPEMENT EN PHOTOGRAF IUE.

Après cinq minutes d’immersion, les hautes lumières refusent-elles de paraître ou paraissent-elles très faiblement, tenez-vous pour assurés que votre plaque a reçu une exposition insuffisante. Vous voas trouvez en présence d’un cas de sous-exposition. Retirez alors la plaque du bain, et pour achever le développement immergez-la dans une cuvette contenant :

Eau. 60 à 90 cm-.

Formule I 14 —

Je vous indique deux points extrêmes pour l’eau. Vous pourrez faire varier entre ces deux points la quantité à employer, partant de ce principe que plus accentuée sera la sous-exposition, plus grande devra être la quantité d’eau mise dans le bain.

Si les hautes lumières apparaissent, avant que trois minutes se soient écoulées depuis le moment de l’immersion, votre plaque se trouve indubitablement dans le cas de la surexposition. Retirez-la alors du bain d’essai et plongez-la, pour achever le développement, dans une cuvette contenant :

Eau 40 à 60 cm3.

Formule 1 14 —

Solutiondebromure depotassiumau 1/10®. II à XV gouttes.

Si vous voulez bien vous reporter à ce que j’ai dit à propos du glycin, vous voyez que le diogène travaille d’une façon analogue, quoique avec une action un peu plus rapide, et présente également des caractéristiques semblables : montée graduelle de l’intensité sans tendance au heurté, pas d’empâtement dans les noirs, absence de voile. Comme pour le glycin aussi, les plaques doivent être abondamment lavées avant le fixage, surtout si l’on n’emploie pas un fixateur acide, sans quoi on courrait les risques de colorer le bain d’hyposulfite, et, ce qui serait plus grave, d’amener en totalité ou en partie le jaunissement de la plaque elle-même.

En plus de caractéristiques analogues à celles du glycin, le diogène possède la caractéristique typique de l’iconogène, qui est de merveilleusement développer dans les ombres. Il pourrait donc très bien, comme type des développateurs en solution unique, remplacer le glycin, que j’ai choisi parce

Aquarellistes saisissant un effet de ciel. Représentation d’un phototype négatif de l'auteur,

Page 1