‹ Le développement en photographieChapitre 46 sur 64 · DÉ VE LO PP AIE U RS A RÉVÉLATEURS DIVERS · texte numérisé non relu

DÉ VE LO PP AIE U RS A RÉVÉLATEURS DIVERS

que, plus ancien que le diogène, je le connais beaucoup mieux.

Développateur a l’ortol.

261. — D’après ce que j’ai dit au chapitre des révélateurs, l’ortol est un composé de deux molécules de méthylorihoamidophénol avec une molécule d’hydroquinone C’est donc en réalité, sous une seule et même espèce, deux révélateurs combinés, puisque les deux corps qui le composent possèdent chacun la fonction révélatrice.

L’hydroquinone, au point de vue de l’Art en photographie, je ne cesse de le répéter, demeure un des plus mauvais révélateurs qui soient, quand on l’emploie seul. Lorsqu’on le combine à un autre révélateur, ainsi que nous le verrons dans le prochain chapitre, il y a lieu de modifier très largement cette appréciation. C’est ce qui arrive avec l’ortol très supérieur à l’hydroquinone seul.

L’ortol, don! la solubiliténe me semble pas excessive même — et peut-être surtout — en présence du sulfite de sodium, ne semble pas bien se prêter à l’emploi des alcalis caustiques. Les carbonates des métaux alcalins me semblent préférables. J’ai employé plusieurs formules en faisant varier les doses du conservateur et les doses de l’accélérateur, qui a toujours été le carbonate de sodium, parce qu’il donne plus doux avec l’hydroquinone, et que l’ortol contient de l’hydroquinone,

La formule définitive à laquelle je me suis tenu est. la suivante :

( Eau distillée 1000 cin3.

A ] Métabisulflte de potassium 7 gr.

( Ortol 15 gr.

r Eau 1000 cm3 .

B ] Sulfite de sodium anhydre 100 gr.

( Carbonate de sodium cristallisé 100 gr.

On obtient un développateur normal en mélangeant, au moment de l’emploi, A et B en parties égales. Dans ces conditions, la quantité de révélateur est de 0er,7S pour un bain de 100 centimètres cubes, représentant le volume de celui que l’on emploie d’ordinaire pour le développement d’une

plaque 13x18, ce qui équivaut au double de la quantité nécessaire et suffisante pour un bain à l'acide pyrogallique.

Je prends intentionnellement cette comparaison avec l’acide pyrogallique, parce que l’image développée par Porto 1 se présente, en effet, assez comparable à celle développée par le pyrogallol, additionné de sulfite de soude. Elle possède cette tonalité brunâtre qui rend les photocopies positives si brillantes, permet de leur faire obtenir au virage des tonalités d’une richesse incomparable, et se montre bien fouillée et généralement claire, même sans faire emploi de la solution de bromure de potassium à 10 p. 100.

Cette solution, d’ailleurs, possède sur le développateur à l’ortol une action très marquée. Quelques gouLtes dans le bain retardent nettement la venue de l’image. C’est donc un avantage considérable dans le cas d’une surexposition très accentuée. Toutefois, si l’action modératrice du bromure de potassium est relativement considérable, elle ne semble pas, comme avec certains développeurs, rendre l’image heurtée. De telle sorte qu’en employant ou n’employant pas le bromure, pour une plaque ayant reçu une exposition correcte, on obtient dans les deux cas une bonne image. La durée seule du développement se trouve modifiée.

On obtient des images plus légères, mais néanmoins brillantes et excellentes pour le tirage direct ou l’agrandissement, en diluant le bain normal, tout comme avec l’acide pyrogallique, justement à cause de la tonalité de l’argent déposé.

J’ai essayé, également, d’employer de petites quantités d’hyposulfite de sodium, comme avec le métol, mais je n’ai point trouvé qu’il yeut une différence marquée avec le développateur contenant de l’hyposulfite et celui n’en contenant pas. Pour employer l’hyposulfite de sodium, on ajoute à la solution de carbonate de potassium 1 à 2 grammes de bromure de potassium et 10 centimètres cubes d’une solution d’hyposulfite de sodium cristallisé à 1 p. 100.

En résumé, l’ortol se prête parfaitement au développement rationnel qui fait un des principaux mérites du développateur à l’acide pyrogallique. 11 est d’une assez grande élasticité. Cette élasticité me semble due en partie à la quantité de sulfite de sodium employée. En effet, si l’on

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fait toujours usage du développateur de la même façon, mais qu’on fasse varier, par diminution, la dose de sulfite contenue dans la solution B, on remarque que l’action du développateur se trouve un peu modifiée, au double point de vue de la rapidité d’action et de l’intensité finale de l’image.

Je disais' au début que les alcalis caustiques paraissaient mal s’allier avec l’ortol. Précisément peut-être à cause de la coloration de l’argent réduit, les images sont tout de suite beaucoup trop denses, et présentent au tirage une dureté inacceptable, semblable à celle communiquée trop souvent par l’hydroquinone employé avec la potasse caustique. En revanche, il peut arriver — assez rarement cependant — qu'avec le carbonate de sodium seul on ait une image trop pauvre en contrastes. On peut donc, si l’on veut, mélanger le carbonate de sodium avec du carbonate de potassium, dans les rapports de leurs poids moléculaires, comme il est dit au chapitre Accélérateurs, et de façon que la quantité des deux soit égale à 100 grammes de carbonate de sodium cristallisé.

J’arrêterai ici cette momenclature des développateurs. Ceux qui me restent à voir : triamidophénol, dinol, hydroxylamine, diamidooxypliénol, paraphénylène diamine, ne présentant pas en somme, jusqu’à présent, des avantages assez marqués pour les faire entrer dans la pratique courante. Au demeurant, nous en avons bien assez. Bon nombre de ceux qui me liront trouveront déjà qu'il n’y a ici que l’embarras du choix.

Reconnaissance des développateurs.

262. — De même que le Dr M. Andresen nous a fourni, comme nous l’avons vu, les moyens de reconnaître les révélaleurs de la série aromatique, de même il nous a donné les moyens de reconnaître de quel révélateur était formé un développateur.

Généralement toutes les solutions aqueuses, constituant an développateur contiennent du sulfite de sodium comme conservateur, du révélateur employé. Il faut donc tout d’abord se convaincre de la présence de ce conservateur. Pour cela, il suffira d’ajouter au développateur quelques gouttes

d’acide sulfurique. S’il y a du sulfite, il se dégagera de l’acide sulfureux, facilement reconnaissable à son odeur caractéristique.

Ceci fait, pour la recherche du révélateur constituant, on versera une petite quantité du dévcloppateur dans une capsule, et l'on y ajoutera une légère dose d’une solution concentrée de soude caustique.

A. Sous V addition de soude caustique , le liquide prena , au contact de l'air , une coloration intense.

a. La coloration obtenue est bleue : le développateur est à la diamidorésorcine. Pour en faire la preuve, une petite quantité de la solution primitive est alors additionnée d’acide sulfurique dilué, on fait bouillir pour chasser l’anhydride sulfureux, on ajoute quelques gouttes * d’une solution de chlorure ferrique et, enfin, on étend d’eau. Il se produit alors une coloration violette intense.

b. La solution, au contact de l’air, se colore en brun. On peut être en présence du pyrogallol, du diamidophénol ou du triamidophénol. Afin de déterminer auquel de ces trois révélateurs on a affaire, une petite quantité delà solution à examiner est versée dans une capsule, puis on y ajoute du carbonate de potassium en quantité considérable.

■1° La solution se colore en bleu : le révélateur employé est le diamidophénol. Pour faire la contre-épreuve, opérer comme pour la diamidorésorcine, et voir si la coloration finale est rouge intense.

2° La solution abandonnée au contact de l’air se colore en brun. Le révélateur employé est le pyrogallol. Pour procéder à la contre-épreuve, prenez une petite quantité de la solution à examiner que vous additionnerez d'acide chlorhydrique jusqu'à réaction acide, traitez par l’éther et reprenez par l’eau le résidu obtenu après l’évaporation de l’éther. Versez alors dans cette solution aqueuse une solution concentrée de sulfate ferreux, transforme partiellement en sulfate ferrique. Si vous obtenez une belle coloration bleue , vous vous trouverez bien en présence du pyrogallol.

3° La solution abandonnée au contact de l’air se colore en vert sale. Le révélateur employé est le triamidophénol. Si c’est le cas, l'essai pour reconnaître la présence du sulfite de sod:ura a dû vous donner une coloration jaunâtre.

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Néanmoins faites une contre-épreuve semblable à celle employée pour la diamidorésorcine et voyez si la coloration obtenue est d’un bleu intense.

B. Sons l'addition de soude caustique le liquide, au contact de l'air , ne ‘présente pas un changement, décoloration notable.

Dans ces conditions, nous pouvons nous trouver en présence de l’un quelconque des autres révélateurs de la série aromatique que j’ai cités. Pour déterminer auquel nous avons affaire, la solution à examiner est additionnée graduellement d’acide chlorhydrique, pendant qu’on l’agite constamment avec une baguette de verre, et l’on voit:

1° S’il se forme un dépôt ;

2° Si ce dépôt se redissout ou ne se redissout pas dans un excès d’acide chlorhydrique.

a. Sous l'addition d'acide chlorhydrique , il se forme un précipité blanc.

Le développateur peut être au diamidooxydiphényl, à l’iconogène, au glycin ou au paramidophénol.

1° Le précipité obtenu ne se redissout pas dans l’acide chlorhydrique en excès. Le révélateur employé est I’icono-

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