Ce voile, semblable au précédent comme aspect
mais d’une tonalité jaune de sable, et tout de surface aussi, ne se forme également qu’avec le développement à l’oxalate ferreux. Il se produit lorsque le développateur n’a pas été constitué dans les proportions exactes, c’està-dire lorsque la solution de sulfate ferreux a été mise en excès. Il y a alors formation d’un précipité pulvérulent d’oxalate de fer.
On le voit également se produire lorsqu’on a employé soit du bioxalate de potassium au lieu d’oxalate de potassium; soit encore quand la solution d’oxalate de potassium n’est pas rigoureusement neutre.
Dans l’espèce, on devra surveiller la constitution du développateur pour les plaques restant à développer, car je ne connais pas de remède efficace pour faire disparaître ce voile lorsqu’il s’est produit.
Voile vert brunâtre.
402. — Cet accident est principalement du à l’emploi d’un bain d’hyposulfite très vieux et coloré en brun. Il a plus fréquemment lieu avec l’emploi du développateur à l’oxalate ferreux.
On peut tenter de l 'enlever en traitant par une matière oxydante: bichromate de potassium, eau oxygénée, etc., ou bien encore par blanchiment au bichlorure de mercure, suivi d’un noircissement au sulfite de sodium acidifié.
Points blancs brillants.
403. — Les points blancs, visibles pendant le développement, et qui, après fixage, restent brillants comme le verre, sont de deux sortes :
1° Ou leurs contours se montrent- nettement définis,
2° Ou leurs contours se présentent peu définis.
Contours nettement définis. — Ces points proviennent de bulles d’air très ténues qui, adhérant à la plaque pendant le développement, ont empêché faction du développateur de se faire sur ce point. Vous devez donc, dans ce premier moment d’action du développateur, bien surveiller l'apparition de ces bulles, et les faire disparaître au plus v le, soit en remuant vigoureusement le bain, soit en passant
ACCIDENTS
doucement le doigt ou un pinceau sur la couche de gélatine.
Il peut se faire cependant que ces bulles d’air existent, emprisonnées dans la couche de l’émulsion au moment où celle-ci fait prise sur la plaque. Ne provenant pas de votre fait, vous n’avez pas de remède à leur appliquer. D’ailleurs, on reconnaît facilement si ces points peuvent provenir de ce chef, puisque, dans le laboratoire obscur, on peut les voir avant développement, en examinant la plaque à la lumière de la lanterne.
Contours peu définis. — Ces points sont provoqués par des poussières adhérentes à la couche gélatineuse et qui ont empêché ou l’action de la lumière, ou l’action du développateur. Plutôt l’action de la lumière, si les poussières n’ont pas été retenues par l’émulsion pendant son séchage.
Quoi qu’il en soit, blaireautez bien votre plaque avant l’exposition et avant le développement. Je ne saurais trop vous recommander cette précaution. J’entends à chaque instant dire autour de moi : telles plaques de telle marque sont piquées. Le plus souvent, le plaignant a oublié le coup de blaireau, oubien il a passé le blaireau avec trop dedouceur.
Points mats du ton de l’image.
404. — Ces points sont quelquefois visibles par transparence, parce qu’ils sont alors d'une teinte plus foncée que la teinte de l’image. Presque toujours cependant on les voit peu ainsi. En revanche, ils sont nettement visibles par réflexion sur le côté gélatine, présentant alors une matité très nette à côté du brillant relatif de la couche gélatineuse.
Souvent, ils permettent de tirer le phototype négatif sans que la tache correspondante qu’ils produisent, en tonalité inverse, sur la photocopie positive, soit par trop visible. Mais souvent aussi elles peuvent rendre le phototype inutilisable.
On doit, dans la plupart des cas, attribuer la provenance de ces taches à un manque de proportions entre le bromure d’argent, la gélatine et l’eau. Leur production est d’autant plus facile que l’émulsion est plus aqueuse. iVussi, ne trouvet-on guère aujourd’hui cet accident — mais aussi le trouvet-on abondamment — que dans les plaques à bon mar-
ché, où l’on a rendu l’émulsion aussi aqueuse que l’on a pu afin d’amener la couche sensible à son minimum d’épaisseur. Les plaques de ce genre donnent toujours des images sèches et dures.
En madère de photographie, ou plus particulièrement en matière de fabrication chimique, méfiez-vous comme de la peste des produits vendus à trop bon marché.
Des grains de poussière interposés dans l’émulsion peuvent produire des taches semblables. Elles sont moins régulières que les précédentes et beaucoup plus denses après le développement. On les reconnaît, du reste, en examinant la tache au microscope ou avec une forte loupe qui montre nettement la présence de la poussière formant noyau à la tache.
Métallisations.
405. — Ce que je désigne sous le nom de métallisations est une sorte de voile, total ou partiel, ayant, par réflexion, un aspect nettement métallique, avec une sorte d’irisation sur les bords, plus ou moins accentuée. Il ressemble assez à ces traînées huileuses que forment, sur l’eau, certains, liquides provenant de la houille. Les métallisations peuvent se présenter sous quatre aspects :
1° Les métallisations longent, plus ou moins exactement, les bords de la plaque et se dégradent vers le centre ;
2° La métallisation couvre entièrement et uniformément la plaque;
3° Les métallisations sont disséminées sur la surface de la plaque en taches de formes diverses ;
4° Les métallisations sont uniformes et visibles seulement sur les grandes plages blanches du phototype.
Métallisations se dégradant vers le centre. — Elles proviennent de plaques très anciennes conservées dans des conditions défavorables. Ces conditions défavorables sont, ou la présence de l’humidité, ou la présence d’un gaz sulfhydrique dégagé par des égouts, des fosses d’aisances, des bains de barège, etc. Aussi encore du papier enveloppant les plaques et contenant des traces d’hyposulfites ou de sulfures. Beaucoup de papiers noirs ou bruns contiennent de ces traces. Si nous avons la certitude absolue que les plaques
ACCIDENTS
employées sont de fabrication récente, c’est surtout à un emballage de ce genre qu’il faut attribuer l’accident, et aussi à l’émulsion qui, mal préparée, contenait du bromure double d’argent et de potassium, lequel s’est décomposé au contact du papier; décomposition analogue à celle indiquée au n° 397.
Métallisation totale. — Mélange d’une solution d’byposulfite au bain de développement. Nous avons vu qu’une addition d’une telle solution au développateur peut rendre d’excellents services, surtout avec certains révélateurs. Elle doit être faite cependant avec beaucoup de circonspection. Dès qu’on dépasse une certaine proportion, toujours très minime, il y a précipitation immédiate de l’argent contenu dans le bain, sur toute la surface gélatineuse. Il peut se faire aussi que, par mégarde, on ait introduit dans le développateur quelques gouttes du bain fixateur.
Métallisation locale, en taches. — Si ces gouttes, au lieu de tomber dans le développateur, sont tombées directement sur la plaque, au moment où on la sortait du bain pour examiner son état, la métallisation ne se fait qu’à l’endroit du contact.
Pour éviter ces deux derniers accidents, il faut :
1° Tou jours tenir le bain de fixage aussi éloigné que possible du bain de développement ;
2° Ne jamais tremper ses doigts dans le développateur après les avoir trempés dans le bain de fixage sans les essuyer préalablement. Il est en tous points préférable, avant même de les essuyer, de les tremper dans une cuvette contenant 15 cm3 environ d’eau de Javel pour 100 cm3 d’eau.
On fera bien même, pour que le contact des doigts avec les différents bains soit au minimum, de se servir, pour chaque bain, d’un crochet de corne ou d’argent. Plutôt d’argent ; la corne se déformant dans les bains. Mais on ne devra pas employer les doigtiersde caoutchouc. Ces ustensiles doivent être proscrits du laboratoire. Non seulement ils sont une gêne pour l’opérateur, en arrêtant la circulation du sang, mais, ce qui est plus grave, ils contiennent du soufre dont la présence peut déterminer des réactions désastreuses pour les plaques.
«Tai vu de ces métallisations en taches sur des plaques qui
n-avaient certainement pas subi ni pu subir le contact de iT.yposufilte de sodium. A quoi donc attribuer l’accident? Probablement, je crois, à la présence de colonies de bactéries dans l’eau employée. Ces bactéries auraient donné naissance à des alcaloïdes, lesquels auraient déterminé la précipitation de l’argent sur la partie contaminée.
Il reste donc toujours préférable, dans la constitution des bains, de faire usage d’eau distillée ou d’eau ayant sérieusement bouilli.
Métallisation locale, affectant uniformément les plages blanches du phototype. — Cet accident peut être dû à l’emploi d’un bain très vieux ou mieux qui a longuement servi ; ou l’emploi d’un bain très chargé en alcali ; alors que la plaque est restée dans le bain, l’image ayant cessé de monter et le bain n’agissant plus, par conséquent, que sur les parties faiblement impressionnées. Il y eu précipitation d’argent et de potassium.
Les plaques vendues à bon marché, généralement mal lavées, et contenant encore de ce bromure double dans leur émulsion, sont plus sujettes que d’autres à ce genre d’accident.
Chimiquement, je ne connais pas un moyen suffisamment efficace pour détruire ces métallisations sans compromettre l’image. Le mieux est d’essayer de les faire disparaître par frottement, lorsque le phototype se trouve parfaitement sec. On se sert pour cela d’alcool à 90°, dont on imbibe un fin chiffon de batiste. Vous opérez alors comme il a été dit pour l’afiaiblissement local, au n° 377.
Taches noires ou brunes.
406. — Si elles présentent la forme caractéristique d’une empreinte de doigt, cette forme prouve qu’il y a eu contact des doigts, très légèrement imbibés d’une solution d’hyposullite, avec la couche sensible, ce qui a provoqué la formation de l’hyposulfite simple d’argent indiqué au chapitre Comment on fixe.
Si elles présentent une forme nébuleuse, comme une goutte sombre diffusée, on peut en attribuer la cause à un commencement d’action du Cloditrix dichotoma contenu aans beau de lavage et dont il a été Question au n° 326.
ACCIDENTS
Si elles présentent une forme à peu près ronde, elles proviennent '''raisemblablement de poussières contenues dans ia couche de l’émulsion. Avec le développateur à l’acide pyrogallique, ces taches sont généralement plutôt brunes que noires. On les reconnaît d’ailleurs en les regardant au microscope. La poussière apparaît alors au centre de la tache, comme un noyau. Aucun remède contre ces accidents.
Ondes, stries, nuages.
407. — Les ondes peuvent être du fait de la plaque employée, si l’émulsion de celle-ci a été faite avec de la gélatine trop dure qui a fait prise trop rapidement. En général, cependant, elles proviennent surtout du développateur qui n’a pas couvert la plaque uniformément d’un seul coup, ou du développateur non remué dans la cuvette et ne couvrant pas bien la plaque.
Ces ondes ont des bords plus flous, un aspect plus nuageux alors qu’on a modifié la constitution du développateur en cours de développement, sans retirer la plaque du bain. Elles peuvent môme, dans ce cas, présenter des tonalités très accentuées.
Les stries sont plutôt dues à des dépôts, comme il a été
dit au n° 278.
Aucun remède pour ces accidents après leur production.
Nids d’abeilles.
408. — Ce nom seul indique la forme des taches. Si la plaque a été séchée à l’ai. ;ool trop rapidement, ce phénomène peut se produire. Sinon, il provient soit d’une addition trop grande d’alcool dans l’émulsion, soit d’une conservation trop longue de cette émulsion sous l’alcool.
Cette forme d’insuccès peut encore être due également à des dépôts comme il a été dit au n° 278.
Impossible de remédier à cet accident quand il existe.
Image grenue.