Si vous ne voulez pas vernir vos pbototvpes. ce
qui, dans la majorité des cas, est inutile pour l’amateur, vous pouvez les paraffiner. C’est, quoi qu’il advienne, toujours une excellente précaution, car il peut arriver que, dans les manipulations du laboratoire, de l’eau éclaboussée vienne jeter ses gouttes sur un phototype sec, et ces gouttes, en séchant, forment, comme nous l’avons vu, des taches claires indélébiles, à moins que, ne vous étant aperçu immédiatement de l’accident, vous ayez eu soin de plonger aussitôt le phototype tout entier dans une cuvette d’eau.
Pour paraffiner un phototype, vous faites une solution à 3 p. 100 de paraffine dans de la benzine, et vous en recouvrez, avec un pinceau, toute la gélatine de votre phototype quand il est bien sec. En quelques minutes, ia benzine est complètement évaporée, laissant, sur la gélatine, une mince couche de paraffine. Vous l’essuyez alors avec un linge fin, très doux, et vous polissez le restant avec un morceau de papier de soie très doux également.
Le phototype ainsi traité repousse l’eau, et l’on n’a plus à craindre les taches d’humidité.
La paraffine se dissout vite dans la benzine; néanmoins, par des temps froids, la solution montre des tendances à ia solidification. On les combat en préparant la solution au moment de l’emploi, ou bien en ia conservant dans une chambre chaufiée.
ÉriLOOrUE
ACCIDENTS
389. CnniTncnt arrivent les accidents. — 390. Le développement es? repoussé par la gélatine de la plaque. — 391. Voile général uniforme de même couleur que l’image. — 392. Voile partiel de même couleur que l’image. — 393. Voile rose. — 394. Voile jaune-serin. — 395 Voile jaune roux. — 396. Voile jaune brunâtre et jaune rougeâtre. — 397. Voile dichroïque rouge et vert. — 398. Voile dichroïque jaune et bleu. — 399. Voile jaunâtre opaque. — 400. Voile blanc laiteux. — 401. Voile jaune sableux. — 402. Voile vert brunâtre. — 403. Points blancs brillants. — 404. Points mats du ton de l’image. — 405. Métallisations. — 406. Taches noires ou brunes. — 407. Ondes, stries, nuages. — 408 Nids d’abeilles. - 409. Image grenue. — 410. Décollements, ampoules, plis. — 41l. Image harmonieuse, mais trop faible. — 412. Image dure, sans détails dans les ombres. — 413- Image très détaillée, mais trop dense. — 414. Taches claires. — 41 5. Taches en forme de brouillard. — 416. Taches givreuses. — 417. La surface gélatinée prend un aspect sableux. — 418. L’image se renverse au développement. — 419. Irradiation photographique dite halo. — 4£ D. Images déformées. — 421. Accidents divers au renforcement ou à l’affaiblissement. — 422. Phototype brisé.
389. — Malgré toutes les précautions prises, tout le soin apporté, il peut arriver que des accidents se produisent au cours des différentes manipulations. Je vais passer en revue tous ceux que je peux connaître. Dans la délinition des causes se trouvera le plue souvent le moyen de parer à ces insuccès, lors de nouvelles manipulations. -
Quant aux phototypes qui auront subi ces accidents, s’il existe un remède certain pour les améliorer, je prendrai soin de vous l’indiquer.
Le développatecr est repoussé par la gélatine de la plaque.
390. — Si l’on effectue le développement avec un déwloppateur rapide surtout, ii est absolument nécessaire que le
liquide recouvre la plaque d’un seul coup. Or si l’émulsion étendue sur la plaque contient trop d’alun, ce qui a légèrement tanné la gélatine, ou si ces mêmes plaques ont été conservées trop longtemps dans un endroit sec, le bain se trouve pour ainsi dire repoussé par la gélatine. De là, des différences d’opacité dans une même partie impressionnée.
Pour éviter cet insuccès, quelques praticiens opèrent avec un bain de développement tiède. D’autres se contentent d’immerger la plaque dans l’eau avant de la développer. Il sera bon toutefois de tenir compte de ce que j’ai dit d’une part au sujet de la température (n° 279) et, d’autre part, au sujet du rôle de l’eau dans le développement (n° 276).
Avec un développateur en deux solutions, il est particulièrement facile d’éviter cet insuccès, attendu que la plaque peut toujours être d’abord immergée, pendant une ou deux minutes, dans le bain incomplètement constitué, soit en employant la solution du révélateur seul, soit en employant la solution de l’alcalin. La plaque étant ensuite retirée, pour ajouter le constituant manquant, est replongée finalement dans le bain complet.
Avec le développement lent, cet insuccès n’est jamais à craindre.
Voile général uniforme de même couleur que l’image.
391. — Après fixage, le phototype se présente recouvert d’une légère teinte uniforme généralement de la même couleur que l’image. C’est-à-dire par exemple qu’elle sera gris bleu avec le diamidophénol : l’image étant gris bleu avec ce révélateur; ou elle sera brunâtre avec l’acide pyrogallique employé sans sulfite ou avec l’ammoniaque : l’image dans ce cas étant brune. C’est cette teinte uniforme qu'on nomme voile. S’il est de même aspect dans tous les cas, il n’est pas toujours de même origine. Il faut donc tout d’abord déterminer d’où il vient et quand il a été produit. Ce voile peut, en effet, avoir son origine avant, pendant ou après* l’exposition de la plaque dans la chambre noire.
1° Avant, l' exposition. — Lorsque le voile général a son origine avant l’exposition, il recouvre la surface totale de la plaque y comprises les parties protégées par les feuillures ou
ACCIDENTS
les taquets du châssis, et on le voit apparaître, au développement, ou un peu avant l’apparition de l’image, ou presque en même temps que celle-ci, empêchant d’ailleurs toujours l’image de se nettement dessiner.
Les causes de cette origine peuvent provenir des plaques elles-mêmes ou du fait de l’opérateur.
Du fait des plaques, le voile pourra être occasionné:
d° Soit par une décomposition partielle du bromure d’argent pendant la préparation ; c’est-à-dire qu’au moment de la maturation de l’émulsion, on a maintenu celle-ci à une température trop élevée, ou on a laissé la digestion se faire pendant trop longtemps ;
2° Soit par suite d’une addition trop considérable d’ammoniaque ajoutée à l’émulsion;
3° Soit par l’emploi de matières à réaction alcaline.
Beaucoup de plaques, de marque moyenne, dites très rapides, sont très sujettes au voile par l’une ou l’autre de ces raisons, qui ont toutes pour but d’augmenter la sensibilité de l’émulsion.
Si vous faites vos plaques vous-mêmes, vous pouvez empêcher la production du voile par l’addition d’iodure d’argent au bromure d’argent, ou en laissant dans l’émulsion soit un excès de bromure soluble ou un excès de chlorure soluble.
A ces causes on peut encore ajouter celle provenant d’un commencement de décomposition de la gélatine.
Du fait de l’opérateur, le voile peut provenir :
1° Soit de la filtration de la lumière blanche dans le laboratoire ;
2° Soit de la mauvaise qualité du verre rouge ou vert employé ;
3° Soit aussi d’une boîte mal fermée, brisée ou imprudemment ouverte.
Avec un peu de soin, toutes ces causes sont faciles à reconnaître, et une fois reconnues on peut aisément y porter remède. J’ai donné d’autre part (n° 273) le moyen pratique de choisir et de vérifier le verre inactinique du laboratoire obscur, qu’il soit rouge ou vert.
2° Pendant l' exposition. — Lorsque le voile général a son origine pendant l’exposition, il recouvre la surface de ia
plaque, moins les parties protégées par les feuillures ou les taquets du châssis, ces parties demeurant parfaitement transparentes, et on le voit apparaître, au développement, après que l’image est déjà nettement accusée et souvent même quand le développement touche à sa fin.
Dans ce cas, l’origine peut naître de deux causes :
1° Trop grande surexposition de la plaque ;
2° Intrusion dans la chambre noire de la lumière ambiante par une ouverture autre que celle limitée par l’objectif.
Il est bon, au préalable, de vérifier très soigneusement toutes les parties de la chambre noire.
Pour contrôler son étanchéité, on y exposera, châssis ouvert et objectif fermé, une plaque neuve pendant une demi-heure et on la traitera par un développateur pour voir si le voile se forme. Dans les cas de formation, on recherchera l’ouverture, si minuscule qu’elle soit, et on l’aveuglera. Au demeurant, même quand la chambre noire est reconnue bien étanche, il est toujours bon, pendant l’exposition, de la laisser recouverte du voile noir.
S’il à été reconnu que la chambre ne possède aucune imperfection, et que le châssis n’a pas été ouvert par mégarde en plein jour, le voile est certainement produit par une trop grande surexposition.
rour empecher son apparition, ou mieux la retarder jusqu’après développement complet de l’image, iltaut ajouter au développateur des doses efficaces d’une solution de bromure de potassium à 10 p. 100.
Pour le faire disparaître, si on l’a laissé monter, on peut essayer de traiter la plaque par un affaiblisseur énergique agissant sur la surface : par exemple, l’hyposulfite de sodium et le ferricyanure de potassium.
3° Après F exposition. — Lorsque le voile général a son origine après l’exposition, il recouvre la surface totale de la plaque, y comprises les parties protégées par les feuillures ou les taquets du châssis, et on le voit apparaître au développement, le plus généralement quand l image est complètement apparue, ou, dans le cas de l’instantanéité, lorsque celle-ci cesse de continuer à apparaître, le développateur restant impuissant à faire venir les détails d’une image aussi sous-exposée. Ce voile est donc du même aspect que celui
ACCIDENTS
ayant son origine avant l’exposition. Ils sont différenciés l’un de l’autre par la façon dont ils apparaissent au développement.
Lorsque la pose a été normale, ce voile est le fait d’un développateur trop concentré, ou mal constitué, soit que l’alcalin se trouve en excès, ce qui est le plus souvent le cas; soit au contraire que le révélateur se trouve en excès, cas beaucoup moins fréquent. 11 y a donc lieu de diluer plus ou moins fortement le bain, ou de rétablir le développateur à ses proportions rationnelles. On peut encore faire emploi de la solution modératrice de bromure de potassium.
Pour faire disparaître le voile quand il existe, on agira, comme dans le cas précédent, par un affaiblisseur énergique, et rapidement.
VoiLF PARTIEL DE MÊME COULEUR QUE LIMAGE.
392. — Ce voile partiel peut affecter des formes très nettes ou indécises.
Tantôt ce sont des points diffus, des traînées transversales, des lignes fusantes en forme de comète, etc. Généralement, ce genre de voile est d’une tonalité très intense, cernant de très près, quelquefois même dépassant l’intensité des grandes lumières de l’image. Dans ce cas, on peut presque affirmer sans crainte qu’il est dû à quelque imperfection du châssis, qui a laissé, par un défaut quelconque, la lumière ambiante pénétrer sur la plaque qu’il contenait.
Quand l’accident est produit, il n’y a pas de remède vraiment efficace, mais on peut empêcher sa production, en examinant soigneusement les châssis, et en les tenant toujours en parfait état. Pour plus de précaution, il est toujours bon :
1° D’enfermer chaque châssis dans un petit sac-étui, fait avec de la lustrine noire et doublé d’andrinople rouge ;
2° D’adapter les châssis à la chambre sous le voile noir et en les faisant glisser de cet étui ;
3° De n’ouvrir et de ne fermer les châssis que sous le voile noir, celui-ci d’ailleurs recouvrant la chambre tout entière pendant la durée de i exposition.
Tantôt le voile partiel, tout en présentant également des
concours indécis, se montre d’une intensité beaucoup moindre, intensité quelquefois minime. Il peut provenir :
1° D’un manque de planimétrie dans la surface du verre portant la surface sensible et, par conséquent, communiquant à cette surface sensible des inégalités d’épaisseur;
2° D’un séchage irrégulier de l’émulsion, ce qui arrive encore assez fréquemment quand les plaques exigent plusieurs jours pour sécher. La surface de la couche donne pur, tandis que la partie centrale, séchant en dernier, voile fortement. Je ne sais trop pourquoi, cet accident ne m’est jamais arrivé personnellement qu’avec des plaques orthochromatiques. Le voile se présentait alors en zone longitudinale dans le sens du petit côté de la plaque. Au début du gélatino-bromure, Haack a prétendu qu’on pouvait éviter cette irrégularité dans le séchage de l’émulsion en aspergeant préalablement le séchoir d’acide phénique. Un chauffage trop vif pour faire sécher les plaques trop rapidement produit un accident analogue.
Tantôt le voile partiel présente des contours très nettement définis ou à angles vifs.
Quand ce voile n’est dû qu’au carton que l’on met le plus souvent dans l’emballage, pour séparer les plaques l’une de l’autre, il n’est pas autrement gênant, attendu que la partie voilée est généralement petite et localisée sur les bords et que, par conséquent, elle disparaît lorsqu’on coupe les épreuves. Mais s’il provient de certains papiers colorés, ou imprimés, de feuilles d’étain, etc., interposés entre des plaques exposées pour les séparer en les réamballant, les réductions partielles de bromure d’argent, formées de ce chef et constituant le voile, sont beaucoup plus compromettantes pour l’image. On arrive souvent à enlever ce voile par un réducteur énergique, mais souvent aussi les menus détails de l’image sont compromis.
Les contours à angle vif sont dus à la pression de plaques ■ posées inégalement les unes sur les autres, avant l’emballage, ou même à un effet de la lumière du laboratoire sur ces piles. Ce voile, provenant ainsi d’une impressiou avant l’exposition de la plaque, est indélébile
ACCIDENTS
Voile rose.
393. — Ce voile, qui ne compromet guère la valeur de l’image au tirage, mais retarde sa venue, est dû à une précipitation de l’argent en poudre fine. Un excès de sulfite de sodium dans le révélateur produit fréquemment cet accident. Le bromure d’argent étant, en effet, très peu soluble dans le sulfite, peut se précipiter au cours du développement en une poudre très ténue qui s’incorpore avec la gélatine. Cette précipitation peut aussi avoir lieu dans un bain d’hyposulfite ayant trop servi, donc très chargé en bromure d’argent.
Voile jaune-serin.
394. — Le voile jaune-serin est, pour ainsi dire, une des caractéristiques de certains révélateurs organiques, tels que, par exemple, l’hydroquinone et l’iconogène. Il affecte toutes les parties claires de l’image et non l’image elle-même qui reste avec la tonalité gris bleu que ces révélateurs communiquent à l’argent déposé. De cette façon, les grands noirs du phototype ne se trouvant pas retardés au tirage, mais les grands blancs l’étant, en revanche, considérablement, à cause même de cette tonalité jaune, il en résulte que la valeur de l’image s’en trouve totalement modifiée, à tel point qu’elle ne présente plus généralement aucune opposition, et nous apparaît grise et uniforme au tirage tout comme si cette image provenait d’un phototype négatif, faible et mou.
Comme beaucoup de voiles, d’ailleurs, il semble se produire lorsque l’on continue à faire agir le développateur sur la plaque, alors qu’à cause de sa faiblesse, ou de l’insuffisance de la pose, le développateur n’a plus aucune action et ne travaille plus à la formation de l’image.
On a préconisé pas mal de moyens pour enlever ce voile absolument impropre à un bon tirage. Je les ai essayés presque tous; presque tous m’ont réussi, mais d’une façon très inégale. Tel moyen qui me réussissait avec une plaque ne me réussissait pas avec une autre. Il n’en est pour ainsi dire qu’un qui m’ait donné des résultats constants, mais avec des durées de temps tout à fait différentes.
En réalité, on n’enlève pas le voile ; on le fait virer au noir. Il est vrai qu’étant viré au noir on peut tenter de le détruire par l’action d’un affaiblisseur énergique.
Quoi qu'il en soit, le moyen qui m’a le mieux réussi et dont je viens de parler est le suivant :
Vous mélangez, à parties égales, une solution d’hyposu.1fite de sodium à saturation et de la glycérine. Trempant un pinceau dans ce mélange, vous en badigeonnez copieusement toute la gélatine de votre phototype négatif, et vous le laissez sécher bien horizontalement , à l’air libre, autant que possible dans un léger courant d’air.
Sous l’action de l’air, très ralentie par la présence de la glycérine, il se forme de l’acide sulfureux naissant qui amène la décoloration du voile. Cette durée d’action, pour produire toute son efficacité, peut varier de une heure à quarante-huit heures. Dans le cas d’une aussi longue durée, il peut se faire que la mixture apposée sur le phototype sèche complètement, avant que la décoloration soit obtenue. Dans ce cas, il faudrait renouveler le badigeonnage.
Lorsque la décoloration se montre complète, on lave à grande eau, comme après le fixage, et l’on met ensuite à sécher.
Voile jaune roux.
395. — Le voile jaune roux est surtout la caractéristique du développement à l’acide pyrogallique, principalement quand on emploie ce révélateur avec l’ammoniaque, ou même avec un alcali carbonaté si la dose de sulfite de sodium est insuffisante. En réalité, il présente le même aspect que le voile qui précède et semble, également, se former dans les mêmes conditions. Mais il est loin de produire les mêmes effets désastreux. C’est que, dans ce cas, l’image, au lieu d’être gris bleu, présente également une tonalité rousse. Nous avons donc, par conséquent, une image du même ton que le voile. Il s’ensuit que le tirage, tout eu se trouvant retardé dans les grands blancs du phototype, se trouve aussi retardé et proportionnellement dans les grands noirs de ce même phototype. Il ne perd donc rien de sa valeur ni de ses oppositions. Ce voile nfintlue en somme
ACCIDENTS
que sur la durée du tirage. On peut, conséquemment, dans la pratique courante, ne pas s’en inquiéter.
Toutefois, si l’on désire employer à l’agrandissement un tel phototype, il devient très difficile de se rendre compte de la durée de l’exposition. On peut alors essayer d’enlever le voile après le lavage final et avant de mettre le phototype à sécher, en l’immergeant dans une solution de :
Eau 1 000 cm3.
Acide chlorhydrique 30 —
ou bien dans :
Eau 1000 cm*.
Alun de potasse 100 gr.
Acide citrique 50 à 100 gr.
Je préfère cette seconde solution à la première. Elle agit plus lentement, mais plus sûrement à mon avis, et on court moins les risques, avec elle, d’amener le décollement de la gélatine.
C’est d’ailleurs la solution d’alun à saturation acidifiée que j’emploie couramment après le fixage et un lavage sommaire, pour enlever l’hyposulfite de sodium et éclaircir les phototypes. Je m’en suis toujours bien trouvé. Toutefois, je remplace le plus souvent l’acide citrique par l’acide acétique cristallisable, en en prenant de 50 à 100 centimètres cubes.
Voile jaune brunâtre et jaune rougeâtre.
396. — Une telle espèce de voile semble se produire avec tous les révélateurs. Il peut avoir des causes bien diverses. La plus importante de toutes me semble être l’action du bain fixateur, soit que l’on ait fixé à la lumière blanche (voirn0 307), ce qui facilite laformation de l’hyposulfite double insoluble ; soit que le développateur ait été trop chargé en alcali et insuffisamment lavé avant son immersion dans le fixage ; soit que le bain de fixage ait été à une concentration insuffisante, par constitution même ou par épuisement ; soit par une inégalité d’action du bain de fixage qui n’a pas été tenu en mouvement pendant la durée de la débromuration. Dans ce dernier cas, le voile est généralement partieL et
affecte plus particulièrement la partie claire du phototype.
Les causes de ces insuccès indiquent suffisamment les moyens de les éviter. Quant aux remèdes à apporter aux phototypes qui en sont atteints, je n’en connais guère. Quelquefois, cependant, le moyen suivant réussit :
Le phototype, une fois séché, est immergé jusqu’à blauchissement complet, dans une solution composée comme suit :
Eau 1 000 cm3.
Eau bromée 30 —
Bromure de sodium 30 —
Puis on la noircit avec un développateur, de préférence celui au diamidophénol.
Ce remède, je le répète, ne réussit pas toujours.
Voile dichroïque, rouge et vert.
397. — Quelquefois, mais fort rarement avec la fabrication actuelle, ce voile dichroïque, qui se présente d’un rouge plus ou moins intense par transparence et d’un vert plus ou moins accentué par réflexion, mais dont l’accentuation est en rapport avec l’intensité du rouge (le vert étant la couleur complémentaire du rouge), quelquefois, dis-je, ce voile est dû à une émulsion préparée avec un trop grand excès d’azotate d’argent qui se combine avec la gélatine ou avec d’autres substances organiques, ou à une émulsion contenant un excès de bromure soluble. Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, il faut en rechercher la cause ailleurs.
Toutefois, d’après le capitaine Abney, ce genre de voile ne se montre jamais avec le développateur à l’oxalate ferreux, même si ce développateur agit sur les émulsions défectueuses que je viens d’indiquer. Je n’ai pas autrement cherché à contrôler cette assertion. Néanmoins, ce que je puis affirmer, pour ma part, c’est que cet insuccès ne m’est, en effet, jamais arrivé, quand j’ai eu occasion de développer avec l’oxalate ferreux.
Cependant, si l’on peut admettre, ce que je crois, pour une des causes de formation de ce voile, la décomposition, par
ACCIDENTS
ie fixateur, du bromure double d’argent et de potassium formé au cours du développement, par une forte addition de bromure de potassium, et retenu dans' la couche de gélatine par un lavage insuffisant après développement, il n’y a pas de raison pour qu’il ne se montre pas avec l’oxalate ferreux, puisque l’on emploie, toujours et souvent beaucoup, avec lui. le bromure de potassium.
Une autre cause de ce voile se trouve dans un grand excès d’alcali introduit dans le développateur et également retenu dans la couche de gélatine par un lavage insuffisant. Cet alcali décompose l’hyposulfite double d’argent et de sodium qui se forme pendant la débromuration.
On voit'que, dans l’une ou l’autre de ces deux causes, il y a, en résumé, décomposition d’un sel double dont un des constituants est de l’argent, donc libération (1e cet argent, en poudre infiniment ténue. C’est cette poudre qui, s’incorporant avec la gélatine, détermine le voile dichroïque. Car il me semble bien que le voile n’est et ne peut être dichroïque, c’est-à-dire d’une certaine couleur par transparence et de la couleur complémentaire de celle-ci par réflexion, qu’autant qu’il est constitué par un métal.
La chaleur me paraît aussi jouer un rôle assez prépondérant dans l’espèce. Il n’est pas douteux pour moi, en effet, que cet accident arrive beaucoup plus fréquemment en été qu’en hiver. La chaleur aiderait donc à l’une des deux décompositions ci-dessus, la provoquerait plus énergiquement, et même avec des excès d’alcali ou de bromure beaucoup moindres que ceux qui pourraient exister, sans causer d’accident, en hiver.
Évitez donc de trop pousser, par additions de bromure ou d’aîcali, la modération ou l’accélération de votre développateur. Il peut se faire d’ailleurs, surtout par l’excès d’alcali, que ce voile se produise partiellement, affectant plus particulièrement les grandes plages blanches du phototype, lorsqu’on continue à laisser la plaque en contact avec le développateur, alors que celui-ci n’a plus aucune action efficace sur la révélation de l’image.
Vous arriverez assez bien à faire disparaître ce voile, ou mieux à le transformer en voile gris léger, en immergeant pendant quelques secondes la plaque dans le bain au bi-
chlorure de mercure indiqué pour le renforcement, soit !
Eau distillée 1 000 cmL
Bichlorure de mercure 30 gr.
Sel de cuisine 30 gr.
et la traitant, ensuite, par une solution acidifiée de sulfite de sodium.
Voile dichroïque, jaune et bleu.
398. — Ce voile me paraît provenir des mêmes causes que le précédent. Est-ce aussi l’argent qui le forme, mais à une intensité moindre? Est-ce, au lieu de l’argent, le potassium ou le sodium? Je ne sais au juste. Toujours est-il que le traitement précédent lui réussit assez bien aussi. Cependant, un traitement à l’eau oxygénée semble préférable.
Voile jaunâtre opaque.
399. — Ce voile semble prendre son origine dans deux causes différentes. D’ailleurs, suivant la cause, la coloration du voile n’est pas absolument la même. Si le voile se montre tou jours jaunâtre opaque par réflexion, il peut, par transparence, affecter soit une tonalité jaune verdâtre, soit une tonalité jaune blanchâtre.
Dans le premier cas, nous avons affaire à une précipitation de soufre; dans le second, à une précipitation d’alumine.
La précipitation de soufre a dû s’effectuer dans le bain de fixage. Les hyposulfites sont des produits très instables, par cela même qu’ils contiennent du soufre en excès. Par conséquent, si le bain de fixage contient des corps étrangers, des traces d’acide surtout, il peut y avoir précipitation immédiate de ce soufre, sous forme d’une fine poussière jaune susceptible de s’incorporer à la gélatine. Le phototype, quoique bien et dûment débromuré, garde assez bien l’aspect d’une plaque non fixée.
On remédie à cet inconvénient en donnant plus de stabilité à la solution d’hyposulfite par l’adjonction du bisulfite de sodium, dont l’action, au point de vue strict du fixage, demeure absolument nulle.
Dans le second cas, on a affaire à une précipitation de l’alumine en geioe.
ACCIDENTS
Cette précipitation peut s’effectuer dans le bain d’alunage lorsque la plaque est insuffisamment débarrassée du bain développateur, si l’on alune après développement; ou insuffisamment débarrassée du bain d’hyposulfite, si l’on alune après fixage. La précipitation a cependant lieu plus fréquemment dans le premier cas que dans le second.
Avec une solution diluée d’acide chlorhydrique, on arrive quelquefois — quelquefois seulement — à résoudre ce voile sans trop compromettre le phototype.
Le mieux est donc de tâcher d’éviter ce voile, en lavant abondamment la plaque avant de la passer d’un bain dans un autre.
Voile blanc laiteux.
400. — Cette sorte dévoilé, tout de surface et nettement blanc laiteux par réflexion, en regardant le phototype sur le côté gélatine, ne se produit, pour ainsi dire jamais, qu’avec le développateur à l’oxalate ferreux, bien que je l’aie néanmoins constaté, dans quelques cas, avec des développateurs alcalins. C’est, en réalité, un voile de chaux. La plaque, à sa sortie du développement, contient forcément une certaine quantité de développateur retenu par la gélatine. En lavant alors la plaque avec une eau très calcaire, il se forme immédiatement un précipité blanc d’oxalate de calcium, insoluble dans l’eau, et que retient à sa surface la couche de gélatine.
Ce voile n’est pas autrement gênant. Il laisse parfaitement passer la lumière. L’impression du phototype ne se trouve donc pas affectée par sa présence. D’ailleurs, le vernissage le fait complètement disparaître.
Si l’on ne veut pas vernir, on pourra enlever ce voile soit par l’action de l’acide chlorhydrique très dilué, 2 à 3 centimètres cubes d’acide pour un litre d’eau; soit en faisant' agir une solution composée de :
Eau 100 cm3.
Sulfate de fer 20 gr.
Alun S —
Acide tartrique 2 —
Voile jaune sableux.