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Deux causes seulement

1° Développement trop prolongé ;

2° Développaleur contenant une dose de révélateur en excès.

Indiquer ces causes est indiquer leur remède, pour éviter l’accident.

Lorsque l’accident existe, on pourra le détruire par l’affaiblissement. Suivant l’effet à produire, ou la nature de l’image, on devra choisir l’affaiblisseur convenable, en tenant compte des conseils qui ont été donnés au chapitre Comment on affaiblit.

Taches claires.

414. — Ces sortes de taches, qui peuvent affecter les formes les plus variées, peuvent avoir des causes bien diverses.

Lorsqu’elles se présentent sous la forme de filaments clairs entourés d’une sorte de zone assombrie, d’où partent souvent des traînées verticales, lorsque les plaques ont été lavées en cuvette verticale, on peut affirmer qu’elles proviennent des eaux de lavage contenant des colonies de bactéries dissolvantes de la gélatine (voir n° 327).

Lorsqu’elles se présentent sous la forme de taches, plutôt

ACCIDENTS

rondes en général, et que l’on s’est servi, pour le fixage ou pour le lavage, de cuvettes en tôle émaillée, on peut les attribuer à l’emploi de ces cuvettes, ayant des craquelures dans leur émail.

Dans le cas du fixage, l'hyposullite pénétrant par ces craquelures a formé de l’hyposullite de fer, puissant réducteur de l’argent.

Dans le cas du lavage, l’eau en contact avec la tôle a formé de l’hydrate de fer ou rouille, dont les dépôts, par petits paquets sur la plaque, ont amené également la réduction partielle de l’argent.

C’est pourquoi, au cours de cet ouvrage, j’ai continuellement plaidé pour l’exclusion absolue du laboratoire des cuvettes en tôle émaillée.

Lorsque l’accident se présente sous la forme de taches, plutôt rondes aussi, mais adoucies sur les bords, il faut s’en prendre préalablement à un séchage prolongé et inégal, dans un endroit humide ou contenant beaucoup de vapeur d’eau en suspension. Tou tes les fois d’ailleurs qu’un phototype négatif, après avoir été égoutté sur le séchoir, présente, par places, des gouttes d’eau perlant sur la gélatine, on peut demeurer certain que si le séchage est très lent, on aura finalement une tache claire à la place de ces gouttes d’eau.

Dès que le phototype a été bien et dûment égoutté et que l’on constate ainsi des gouttes d’eau adhérentes à la surface, je conseille donc, comme étant d’une bonne pratique, de mettre le phototype, à plat, sur une table, gélatine en dessus, d'appliquer sur celle-ci une feuille de carton buvard blanc non pelucheux et de passer dessus le rouleau de caoutchouc. La plaque, débarrassée de ces gouttes d’eau, sera remise à sécher, et l’on sera sûr d’éviter ainsi le genre de taches claires dont il est ici question.

Lorsqu’elles se présentent sous la forme de larmes ou de petites traînées, presque toujours cernées par une teinte plus accentuée que la teinte générale de la partie du phototype où elles se trouvent, comme si la teinte de la partie claire avait été reportée en bourrelet sur les bords, on peut en attribuer la cause à des gouttes d’eau, de provenance quelconque, qui ont été projetées sur le phototype sec déjà.

Un jour de dégel, une fissure s étant produite dans le

tuyau d’adduction de l’eau de mon laboratoire, celle-ci fut projetée, un peu partout, en pul vérin. J’avais un assez grand nombre de phototypes secs, en permanence sur des séchoirs, attendant leur tour de tirage. Presque tous furent touchés par des gouttelettes d’eau; et ceux qui le furent se trouvèrent irrémédiablement perdus, n’ayant pas songé qu’ils pouvaient être atteints et ayant, par conséquent, laissé les gouttelettes d’eau sécher lentement, tout à leur aise.

Quelques-unes de ces taches, les plus grosses principalement, présentaient, en leur centre, une dépression, en forme de puits; d’autres, une sorte de résidu, indiquant que la longueur de la dessiccation avait permis aux poussières de s’attacher à la couche gélatineuse.

Quand l’accident se produit, c’est-à-dire quand des gouttes d’eau tombent sur le phototype sec et que l’on s’en aperçoit aussitôt, il faut immédiatement immerger le phototype entier dans une cuvette d’eau pendant quelques minutes, puis le presser avec le rouleau de caoutchouc contre une feuille de papier buvard blanc non pelucheux et le remettre à sécher. L’accident est ainsi évité; mais quand il existe, je ne connais pas de remède pour le faire disparaître, aussi bien dans ce cas que dans tous les autres cas ci-dessus signalés. Une fois ou deux, j’ai pu le détruire en laissant le phototype séjourner dans l’eau pendant vingt-quatre heures ; mais maintes fois les traces d’accident sont restées.

Quant à l’action déterminante de la différence d’intensité, elle ne semble être due qua une variation de rapidité dans le séchage, et peut-être aussi à une action dissolvante produite sur la gélatine, longtemps mouillée, par la goutte d’eau. D’aucuns ont cru y voir une action chimique due à la présence d’ozone ou d’ammoniaque dans l’eau. Jusqu'à preuve irréfutable, je regarde celte appréciation comme un peu bien le fait d’une trop vive imagination.

Taches en forme de brouillard.

415. — Ce genre d’accident, généralement localisé sur une partie plus ou moins grande de la plaque, provient le plus souvent d’une cause très difficile à déterminer. On remarquera cependant que cet accident affecte presque

ACCIDENTS

toujours des plaques ayant séjourné durant un certain temps dans les châssis. Quelques opérateurs, en efîet, ne prennent aucunement garde à ce séjour. Grand tort ils ont.

Les vernis, par eux-mêmes, ou par quelques-uns de leurs dissolvants; les encaustiques, par la présence de la térébenthine ; les huiles essentielles et siccatives ; tous les corps odorants, qui contiennent presque tous des térébènes; le bois lui-même et nombre de métaux ont une influence directe et très active sur les plaques sèches et les impressionnent en pleine obscurité. Par le temps et même à distance, cette influence peut donc amener le genre d’accident que je signale. On fera donc bien de ne conserver les plaques en châssis que le moins de temps possible, et quand elles ont été exposées, de les emballer, si l’on ne peut procéder immédiatement à leur développement, gélatine contre gélatine , dans leur papier enveloppe gardé dans une boîte fermée, ou dans du papier rouge orangé, tenu quinze jours au moins dans l'obscurité complète.

Taches givreuses.

416. — Le qualificatif givreux indique bien l’aspect de cette sorte d’accident. La plaque montre en effet des panaches, des traînées, des arborescences, semblables à ceux qu’un froid vif détermine sur les carreaux d’une fenêtre. Le plus souvent, ces taches ont une tonalité laiteuse ou jaunâtre. Ce qui les caractérise surtout, c’est qu’en les regardant, par réflexion, du côté de la gélatine, elles montrent de légères traces de cristallisation.

Quand la tonalité laileuse ou jaunâtre existe, c’est que la plaque a été retirée du bain d’hyposulfite avant sa fixation complète. On évitera toujours cet accident en fixant consécutivement dans deux bains d'hyposulfite, si besoin.

Quand il n’y a aucune tonalité nettement déterminée, c’est que la plaque a subi un lavage final très insuffisant et l’hyposulfite, non éliminé, s’est cristallisé au séchage.

Lorsqu’on s’aperçoit de ces accidents immédiatement après leur production, on a quelques chances de les faire disparaître, dans le premier cas en recommençant l’opération du fixage, dans le second cas en lavant de nouveau et très

abondamment, ou mieux encore en traitant, après lavage plus sommaire, par un des éliminateurs de l’hyposulfite indiqués au n° 325.

La surface gélatinée prend un aspect sableux.

417. — Cet accident est assez semblable au voile blanc laiteux, provenant du développement à l’oxalate ferreux, mais il en diffère par sa coloration qui est sablonneuse

Il peut être une forme des accidents déjà, signalés, et provenant de l’immersion après le développement et sans lavage suffisant , dans le bain de fixage : précipitation du soufre; ou dans le bain d’alun: précipitation de l’alumine.

Mais le plus souvent, cét accident me semble provenir, toujours d’un lavage insuffisant, d’une précipitation du révélateur contenu dans la couche. Le diogène, le glycin, le métol et quelques autres révélateurs nouveaux demandent, comme l’oxalate ferreux, un parfait lavage avant leur introduction dans le bain de fixage.

A cet accident, qui peut affecter la totalité de la couche ou des parties seulement, je ne connais guère de remède. Quelquefois, cependant, je l’ai vu disparaître dans une solution concentrée de sulfite de sodium.

L’image se renverse au développement.

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