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Les causes de cet accident peuvent être

1° Une violente surexposition;

2° Une exposition quelconque, normale ou insuffisante, accompagnée de pénétration de lumière, faible, soit dans la chambre noire, soit dans la boîte où les plaques ont été emballées ;

3° Trop grande proportion d’hyposulfite de sodium ajoutée au bain de développement;

4° Cuvette à développement ayant contenu un bain d’hyposulfite et mal nettoyée;

5° Développateur porté à une température trop élevée.

La détermination de ces causes indique ce qu'il y a à faire pour éviter le renversement ; mais quand il est effectué il n’y a pas de remède. Généralement, en effet, le renversement s’opère avec une très forte nroduction de voile qui rend

ACCIDENTS

l’image à peu près inutilisable. S’il en était autrement, on pourrait la tirer sur verre pour avoir un négatif.

Irradiation photographique dite halo.

419. — Les plaques recouvertes d’une mince couche de gélatine sont sujettes au halo, parce qu’elles subissent plus aisément la réflexion de la lumière qui se produit sur l’envers de la plaque. La dispersion de la lumière, par le miroitement de la couche sensible, tend aussi à la formation du halo.

Si l’on se sert d’un objectif trop puissant pour le format de la chambre que l’on possède, il se forme sur les parois de celles-ci. par une trop grande abondance d’éclairage, des réflexions pouvant déterminer aussi le halo.

Pour remédier à cet insuccès, on a proposé de dépolir le dos des plaques, de les recouvrir d’un vernis foncé, ou simplement d’un collodion coloré, ou bien encore de colorer l’émulsion elle-même. Les plaques orthochromatiques, dont l’émulsion est colorée, sont moins sujettes au halo que les plaques ordinaires.

Toutefois, comme l’a fort bien démontré M. Cornu, il faut que la matière absorbante mise au dos de la plaque possède un indice de réfraction égal, ou tout au moins très à peu près égal, à l’indice de réfraction du verre. M. Cornu obtient ce résultat en délayant du noir de fumée dans un mélange de 6 volumes d’essence de girofle et de 1 volume d’essence de térébenthine.

Par malheur, les plaques recouvertes d’un tel enduit doivent être employées immédiatement. Les essences qui entrent dans sa composition ayant, comme je l’ai dit (voirn°415), une influence très active et même dans l’obscurité sur les plaques sensibles. Mieux vaut donc avoir recours à un autre mélange, même ne présentant pas un aussi bon indice de réfraction que le précédent. Le suivant, par exemple, m’a rendu des services très satisfaisants :

Cire vierge 80 gr.

Paraffine 75 —

Huile de vaseline 75 —

Terre de Cassel 130 —

Vous faites fondre doucement au bain-marie la cire vierge et la paraffine ; vous ajoutez en remuant bien l’huile de vaseline, puis ensuite la terre de Cassel.

Cette pommade s’étend assez facilement sur le dos de la plaque et s’enlève, au moment du développement, avec un chiffon sec, ou imbibé- de benzine.

Du reste, la maison Lumière vient de mettre en vente des plaques anti-halo, qui deviendront rapidement, espérons-le, d’un usage courant.

Images déformées.

420. — Si, pour accélérer le séchage, vous mettez vos phototypes, la gélatine encore toute gonflée d’eau, au soleil, ou devant une source de chaleur trop forte, la gélatine fond partiellement, coule, et l’image se trouve déformée. Il est impossible de remédier à un pareil accident, mais on peut l’éviter, même lorsqu’on désire un séchage rapide, en immergeant quelques minutes la plaque dans de l’alcool à 90°, et en la laissant sécher librement à l’ombre. Ou bien encore en l’alunant ou en la formolisant, et en la mettant à sécher au soleil ou devant le feu.

Dans ce dernier procédé, ne perdez pas de vue que le grain de l’image s’accentuera, et, dans tous les cas, qu’un séchage rapide constitue une sorte de renforcement.

Accidents divers au renforcement ou a l’affaiblissement.

421. — Je ne reviendrai pas sur ces accidents, qui ont été suffisamment traités aux chapitres consacrés à ces deux opérations. Vous n’avez qu’à vous y reporter.

Phototype brisé.

422. — Si adroit que vous soyez, il peut arriver que le phototype glisse de vos mains, tombe et que le verre se casse.

Lorsque la gélatine n’est pas déchirée, on peut pelliculer le phototype comme je l’ai dit au chapitre Pelliculage et vernissage. S’il en est autrement et que le phototype en vaille

accidents.

la peine, on peut essayer de le sauver, bien que le mieux soit de le jeter.

Chauffez-le légèrement quand il est sec, et placez-le sur une plaque de verre, gélatine contre cette plaque, puis introduisez dans la cassure du baume de Canada un peu chaud. Faites joindre en pressant fortement, essuyez l’excès de baume, recouvrez le tout d’un verre de même grandeur que le phototype, et préalablement enduit d’une couche de vernis mat. Retournez ; retirez la plaque de verre qui a servi de support; enlevez l’excès de baume débordant sur la gélatine ; joignez les deux bords des plaques qui restent avec des bandes de papier gommé.

Au tirage, fait à l’ombre, les traces de cassures demeureront à peu près invisibles.

Dans le cas où le phototype se trouve en miettes et que l’on en possède une épreuve positive, non montée , on peut réparer le mal de la manière suivante :

Vous placez dans le châssis-presse à glace forte l’épreuve positive, de façon que le dos de l’image soit en contact avec la glace forte. Vous posez dessus une plaque au gélatinobromure, ou mieux au gélatino-chlorure d’argent, gélatine contre la face de l’image. Vous fermez le châssis et vous exposez une ou deux secondes à la lumière du jour, à l’ombre. Vous développez ensuite la plaque comme si elle avait été posée à la chambre noire, et vous obtenez une nouvelle image négative pouvant remplacer le phototype brisé. Le grain du papier se fera toujours un peu sentir, et il sera bon de tirer plutôt sur papier rugueux que sur papier lisse. Il peut se faire que l’image ait l’air d’avoir été donnée par une image primaire voilée. On peut remédier à cet inconvénient en rendant le papier transparent, soit en le paraffinant au dos, soit en frottant simplement le dos avec un tampon d’ouate trempé dans du pétrole.

J’arrêterai là cette liste déjà longue des accidents, vous engageant fortement à vous apprendre à les éviter, plutôt que de rechercher à y remédier.

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