‹ Le Diabète dans le Syndrome de BasedowChapitre 11 sur 20 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES OBSERVATIONS

L’association du diabète et de la maladie de Basedow est chronologiquement assez variable. Cependant dans la majorité des cas c'est le syndrôme de Basedow qui éntre en scène le premier. Dans quatre cas seulement le diabète paraît avoir précédé le goitre exophtalmique et même dans l’observation de Budde, on peut se demander s’il n’y avait chez cette malade un syndrome de Basedow latent qui s’est aggravé à la suite d’une émotion.

Dans huit cas les deux affections paraissent avoir débuté en même temps et presque toujours nous retrouvons à l’origine une émotion violenie.

Cette association est-elle fréquente ?

Nous pouvons affirmer d’après nos recherches que cette association du diabète et de la malade de Basedow est plutôt rare. Nous né sommes donc pas du même avis que M. Apert qui a écrit que beaucoup de Basedowiennes sont glycosuriques. A. Hill Griffith sur 32 cas dé Basedow n’a trouvé du sucre que dans les urines de deux malades seulement.

Q nn 60 —

Naunyn déelare n'avoir jamais trouvé de glycosurie spontanée parmi les nombreux cas de maladie de Basedow soignés à la clinique de Strasbourg.

M. Rathery nous a dit également n'avoir jamais constaté qu'un cas de glycosurie intermittente chez les Bosedowiens qu'il a examiné.

Notre maître le D° Sainton n’a trouvé jusqu'à ee jour sur 90 malades examinés que 3 cas où il y avait glyeosurie manifeste et comme nous le verrons plus loin l'un de ces cas se complique de troubles hypophysaires et surrénaliens.

W.-G. Thompson a trouvé 3 cas sur S0. Frank Billings 4 sur 61. Quand à Kocher il a déclaré n'avoir jamais rencontré de diabète chez les nombreux malades qu'il a opéré.

En faisant une moyenne très large nous pouvons dire que cette fréquence peut être évaluée au chiffre de 3 °/, environ. é

Il serait très intéressant de voir ce que deviennent ces malades atteints de goitre exophtalmique et de diabète. Malheureusement beaucoup d'observations sont incomplètes et ne contiennent aucun détail sur ee sujet.

D’après Sattler 25 malades sont morts assez rapidement, dont sept dans le coma diabétique. Chez plusieurs malades la mort survint par épuisement.

Six moururent de tuberculose, un de pneumonie.

Dans nombre de cas le diabète vient compliquer une maladie de Basedow existant depuis de longues années (onze ans pour le cas de Murray, et neuf ans après la

disparition des symptômes de Basedow dans celui de

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Winter). En général on peut dire que le diabète ne se développe que bien après l’apparition des premiers signes du goitre exophtalmique et dans quelques cas son arrivée coïncide avec une défervescence des symptômes du Basedow.D'’autre part on a noté que, lorsque les deux affections viennent à évoluer parallèlement pendant un certain temps, le sucre diminue si les symptômes du Basedow augmentent tout d’un coup. Grube signale que dans son cas l’urine qui renfermait 9 grammes /, de sucre n’en contenant plus que 0 gr. 63 lorsque les signes de la maladie de Basedow étaient à leur apogée. N'y aurait-il pas là une analogie avec le fait constaté de l’existence d’un balancement dans les syndromes polyglandulaires ? Ne pourrait-on pas rapprocher ces faits du syndrome polyglandulaire à bascule de Claude et Gougerot.

Les symptômes de diabète que nous avons le plus souvent rencontrés associés au goitre exophtalmique sont la polyurie,la polyphagie, la polydipsie et la glycosurie.

La polyurie peut être très abondante et atteindre 14 litres en vingt-quatre heures.

Dans les formes graves la quantité de sucre dépasse 6 */, mais plus souvent on se trouve en présence d’une glycosurie modérée. Un fait intéressant à noter est le retentissement rapide sur létat général des malades quand le diabète vient s'associer au goitre exophtalmique.

L'amaigrissement rapide est fréquent et dès l’apparition de symptômes de diabète les malades accusent une fatigue extrême. Au moindre effort ce sont des

sueurs profuses, des faiblesses soudaines.

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Comme complications plus rares il faut noter l’acétonurie et le coma diabétique. Ce dernier paraît ètre l’aboutissant final des formes graves qui peuvent se terminer aussi dans le marasme avec cachexie extrème.

On peut donc considérer l’apparition des symptômes du diabète comme une complication aggravant singulièrement le pronostic du goitre exophtalmique. Au point de vue du sexe et de l’âge on sait que la maladie de Basedow est plus fréquente chez la femme.

Le diabèie par contre a une prédilection marquée pour le sexe masculin et il apparaît en général à un âge assez avancé. Souvent entre 40 et 60 ans.

Or la combinaison de ces deux affections se rencontre plus souvent dans le sexe féminin.

Si l’on tient compte de l’âge, les chiffres se rapprochent davantage de ceux que nous connaissons pour le diabète.

Tandis qu’en général dans la maladie de Basedow, c’est entre 20 et 40 ans que le chiffre de la morbidité atteint son maximum (notamment dans le sexe féminin). |

Le chiffre de la mortalité dans les cas qui se compliquent de diabète dépasse de beaucoup celui des cas où il y a seulement goitre exophtalmique..

Dans 4 cas signalés chez les hommes où l’on donne l’âge,un seul avait moins de 40 ans, les autres avaient

de 40 à 60 ans.

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