‹ Le Diabète et son traitementChapitre 29 sur 34 · OPOTHÉRAPIE PANCRÉATIQUE · texte numérisé non relu

OPOTHÉRAPIE PANCRÉATIQUE

améliora lions ont été spontanées ou dues simplement au régime; on peut également faire valoir que les médecins les plus habiles s'illusionnenl parfois sur la valeur d'une médication, etc. Toutefois, après avoir examiné sans parti pris les faits précités, je ne saurais admettre que, dans tous les cas, l'opo thérapie ait élé inefficace. Je ne puis même accepter que, dans les quelques cas où il semble évident qu'elle a été utile, l'amélioration puisse être simplement expliquée par une de ces actions perturbatrices sur lesquelles mon savant collègue le professeur Soulier (de Lyon a très justement insisté (1). 11 est vrai que tous les expérimentateurs (sauf Ausset, dont j'ai cité précédemment les étonnants succès) ont jusqu'ici éc 11 oué dans leurs tentatives thérapeutiques chez les animaux rendus diabétiques par l'extirpation du pancréas. Ces insuccésprouvcnlqu'il y a une inconnue à dégager. Chez un chien rendu diabétique par suite de l'ablation du pancréas, Hugounenq et Doyon n'ont pas réussi à diminuer In glycosurie au moyen de l'ingestion ou de l'injection d'extraits de pancréas préparés de diverses manières (2), tandis qu'eu injectant dans les veines d'un chien (rendu de mcnie diabétique) de la

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Ce n'est pas à la voie d'introduction qu'il faut attribuer le résultat positif, mais bien à la matière injectée; le professeur Hédon, chez un chien privé du pancréas et excrétant de 64 à 87 grammes de sucre par jour (2), a pratiqué une infusion intraveineuse d'un extrait de pancréas de chien préparé en faisant digérer SO grammes de glande dans 50 grammes de glycérine et 100 grammes d'eau, puis en filtrant sur papier et au filtre d'Arsonval sous pression d'acide carbonique; 30 grammes de ce liquide ont été injectés. Il n'y a eu qu'une diminution légère de la glycosurie, et cette diminution est probablement imputable à ce que le chien a peumangé consécutivement à cette opération. Il est donc certain que l'extrait de pancréas est moins antidiabétique quela lymphe.

Ce résultat peut s'expliquer en admettant que le pancréas ne renferme que très peu de produit favorisant la glycolyse. Incessamment versés dans le sang, ils ne s'accumulent pas dans l'organe. Ce qui semble le prouver, c est que, toutes choses égales, les résultats ont été meilleurs dans les cas où la quantité de pancréas administrée a été plus grande.

La transplantation d'un pancréas vivant sous la peau d'un diabétique est une tentative rationnelle, qui a déjà été faite, mais sans succès. Il n'est pas impossible qu'elle réussisse un jour, au moins partiellement. On aurait ainsi à la lin l'ac-

(1) Lépine, Comples-rendus, 6 avril 1890. — Cette communication n'a trait qu'à un seul cas ; mais j'ai, depuis, répété rette expérience, et toujours avec un résultat positif.

(2) Hédon, Diabète pancréatique. {Loc. cit., p. 52.)

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tion glycolyliqite favorisante exercée par le pancréas sur ]a glycolyse et l'action modératrice sur la glycogénie lie'pylique que possède, d'après Chauvcau et Kaufmann, la sécrétion interne de cet organe, et qui y a été démontrée par l'expérience de Kaut'mann sur un chien dépancréaté, avec l'oie énervé (1).

Dans des cas d'ailleurs exceptionnels, mais absolument authentiques, l'opo thérapie pancréatique a augmenté la glycosurie. Ainsi, chez deux malades de (lilbert et Carnot, qui avaient été améliorés par l'extrait de foie, elle a fait remonter le taux du sucre, plus haut qu'il n'avait été antérieurement (2).

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