DIABÈTE NERVEUX
Sous le nom de diabète nerveux, on a réuni des cas dissemblables ; il convient de distinguer :
(i) On sait que Maurel Me Toulouse) (Bull, de Thérap. 1897) a ffiicri certains de ces diabétiques en les soumettant au régime du lait pris en petite quantité. La cure du diabète, par un aliment sucré, ne peut agir que par la restriction de l'alimentation.
umatiqucs (1) conséculi plus sou vent — mais paslouiours — à un coup sur ia Lé te (2); les diabolos sous la dépendance d'une maladieorganique de l'encéphale (3); puis ceux qui succèdent a des émotions morales de toutes sortes (i); enlin les diabètes beaucoup plus rares qui paraissent sous la dépendance d'une névrose.
Dans les névroses Lraumaliques, la glycosurie serait relativement fréquente (5); mais la permanence de la glycosurie est tout à fait exceptionnelle.
Enlre la maladie de Basedow et le diabète ner-
qui paraisse Dans les
t serait relati manence de tionnelle.
Entre lai (1) D'après n 5 diabètes trau celle que fourni HO J'en foi-to ai tude, ne vienne (ij Voir pou rie Jomï. Pont do Le n né (De»
î élève Jirotii (Tlièsr île l.i/nn, 1B37), il y aurait atiques sur -1011 diabètes. Celte eut les statistiques des bàpilaux.
on tient compte des diabètes Itgi uwr, ne ricuui-iii IiilS S l'll6pilal.
(2) Voir pour la bibliographie la thèse pré cède m ment citée de Juurï. Posté rieureriieni à relie ibèse a paru un mémoire de Leone (Deutsche med. Woch.., 1S97, p. 51i) renfermant quelques eaa de diabète consécutifs à une elmle sur l'nccinut.
(3) Voir, pour la bibliuLTanhic, lu thèse île TOisiEH [Lyon. 1898).
(i) D'après Wii.i.iAMsuN (Diabètes, London fréquenee du diabète, dû .i îles l'iiiutiotts, stn émotions sont tantôt des souris d'affaire, lanlùt
ix.ÏÏMemep
i élève Cou tira, p. 122), la le (8 0/0. Ces
(5) Voir : nrj.u.iiEN. i In dialjetea and Us relations lo brain allèelions \Laucet. ISM. 1. p. 0.Ï0 (un cas) et II. p. 29). — Uuïiami. (.'asi'uft.llvit.-unafi.lli.niiiL; rerebiT.spinal, on'iissii.ii (Med.Timts, may 20). — Brolwhdel et RiciiAumtiHE. Du diabète tramiiaii'pie au point de vue des expertises iiiéclicij-lijiralt's [Aii'iates d'h'jr/ii-iie fint/liifiit), iiov. I SMS) . — Hi-.ltV'!T.iN-KuH.i-<. Du ilialiête '■■■■ imatique IThèse de l'aria, INtlf,. — Eh-tein. Zur Leliro von imal. Diabète-, etc. {DettUrlies An-hie fin- ktintscke Med., e L1V. p. JUm — Ashkh. Dus KrnnkheilsbMd der traumalien Diabètes, et. . ïpissi'rl., Icita, 1894t. — IIeihass {Miinch. med. W'ach., 1S!JIJ, n" l'i).— Hic.iiiMs et llnunn Trauiu.'itic l'Iycusuria ^llo-itoii M,;!. Jnunuil, 2S l'évr. \wl, p. 191). Nàitnïs. lier Dialietes. p. 0.5 (un ras inédit). A noter, de plus, que, d'»prés Abtot (ISerliner kl. Wochenschrift, 1898, p. lOK.'.j. la k-lveipsune alimentaire l'ulucrve plus tacitement dans l'hystérie Iraumatique que dans l'Iijsléria ordinaire.
veux, il existe quelque parenté, car on voit les deux affections dans la même famille, et il est possible de réunir actuellement une trentaine d'observations où Ton trouve signalée la coïncidence d'un diabète — je ne dis pas d'une simple glycosurie — et de la maladie de Uasedow(l).
Il existe, peut-être, des diabètes d'origine hystérique, mais les observations en sont des plus rares (2). Cette rareté contraste avec la fréquence si grande du diabète insipide chez les hystériques (Mathieu) et ce contraste est d'autant plus remarquable qu'il y a certainement des rapports entre le diabète sucré et le diabète insipide, ainsi qu'on Ta maintes fois noté (3).
(1) Voir pour la bibliographie de celte question : Souques et Mahinesco, Bulletin médical, 16 juin 1897. — Naunyn (toc. cit., p. *i7) ajoute quelques cas aux précédents. — Dienot (Thèse de Lyon, 1898, inspirée par M. Lannois). Cette thèse renferme l'observation inédite d'un malade de mon seir»ce et une bibliographie assez complète, à laquelle il faut ajouter toutefois : Blachstein ( Verhandl. des Congress filr innere Medicin) Wiesbaden, 1896). — Grawitz (Fortschritte, 1897,25 nov.). Dans ce dernier cas, la quantité d'urine était de 3 litres, 45 grammes de sucre par litre; amélioration par le repos, et aggravation par l'opothérapie thyroïdienne.
(2) Voir la première observation du mémoire de Grenier : Hystérie et diabète (Archives de médecine, 1888, vol. 2, p. 453). Elle a trait à un homme atteint successivement de troubles sensoriels, de monoplégic, de paraplégie, d'hémiplégie, puis de glycosurie. Dans les observations 2 et 3 de Grenier, il n'est pas
Êrouvé que le diabète soit sous la dépendance de l'hystérie. — . .'observation de Gumncrtz (Deutsche med. Wochensch., 1896, p. 791) n'est pas meilleure : il s'agit d'un ancien hystérique, obèse qui, sept ou huit ans après sa première attaque, fut atteint d'un diabète grave. Quelle preuve a-t-on que le diabète fût hystérique? Je considère, au contraire, comme une bonne observation de diabète hystérique, celle qui a été publiée par André (de Toulouse) (Précis clinique des maladies du système nerveux, Paris, 1895, p. 873). Cette observation prouve qu'un diabète hystérique peut se manifester par une polyurie de 8 litres et une glycosurie considérable (94 grammes de glucose par litre).
(3) Voir sur ce sujet : Senator, Deutsche med. Woch., 1897 p. 385.
DIABETE KERVEUX
J'ai moi-mémo observé un cas très positif de diabète sucré hystérique chez une femme tle
40 ans; la glycosurie, légère, alternait avec de l'albuminurie. Dos faits de ce genre ont été déjà signalés, mais sans qu'une interprétation tout à fait satisfaisante en ait été jusqu'ici donnée (1).
Il n'est pas impossible que la cause de cette alternance du diabète et de l'albuminurie réside non dans le sang, mais dans des modifications fonctionnelles durein. Onsait.depiiislonglemps, que le ralentissement de la circulation glomérulaire est, toutes choses égales, très favorable au passage de l'albumine; d'autre part, d'autres conditions, jusqu'ici mal connues, rendent le rein plus ou moins perméable au sucre (2).
Certains cas, peut-être, de diabète aigu ou subaigu, à l'aulnpsic desquels on ne trouve pas de lésion significative, pourraient être considérés, je ne dis pas comme hystériques, mais comme nerveux, .l'ai vu, de la manière la plus certaine, des anorexies essentielles se terminer par la mort. 11 est possible qu'un dûclanchement (3) d'autres neurones que ceux qui font sécréter les sucs digestifs réalise un diabète.
11 n'y a pas de fait démontrant qu'un diabète puisse dépendre d'une épilepsie (4). Mais on a vu
Brit<b,t, ISHti. ]>. 184, v
iJ. Li'ii'iM-.. IleU inVi'ssii^d'niliiicluv n bêle (Semaine médicale, 189I>, p. 383, IM6, p. SW .
(3) LÉmrc. Théorie di>s pruvilv-ir. In-sim'iiics l.mm uiétli-
,■«), ivii, tome 70, )■>. W2). Voir eu. ■..ri'", s-ir le ,. ,..'■ sujel. les
co iuni.;;ilii'ii.spliMiv l .- *=-iii- 1 ir.HF.-r (lleri/e tin Mrdreine. IS'.PS,
p. fiiSl, el de (.Iuisaiib [iiL, p. ".1i).
(i) il n'y a même pas do glycosurie transitoire après una attaqua.
les deux affections coexister : une lésion cérébrale peut produire Tune ou l'autre. C'est ce qu'a vu le professeur Ebstein (1). Il y a aussi une autre éventualité : un diabète peut amener, en raison de la dyscrasie, une lésion du système nerveux central, laquelle provoque Pépilepsie (2). En somme, tous ces diabètes dits nerveux forment un groupe de faits disparates dans lesquels ce n'est pas la glycosurie qui, en général, fait la gravité de la maladie, attendu que, sauf exception, elle n'est pas des plus considérables.