‹ Le Diabète et son traitementChapitre 9 sur 34 · OBSERVÉES A L'AUTOPSIE DES DIABÉTIQUES · texte numérisé non relu

OBSERVÉES A L'AUTOPSIE DES DIABÉTIQUES

On pourrait être tenté d'admettre, avec quelques palhologisles, qu'à chacun des types cliniques précédents correspond une palhogénie particulière. Ainsi, les diabétiques du premier groupe seraient des goutteux, ou tout au moins Ses arthritiques; chez ceux dusecond, il y aurait toujours une gravemaladiedu pancréas; les diabètes nerveux seraient sous la dépendance d'une affection organique au voisinage du bulbe, ou d'un désordre fonctionnel, sine mate)ia de cette région de l'encéphale; enlin, prenant en considération le fait que, chez un certain nombre de diabétiques, lefoie est augmenté de volume, fait sur lequel Gténard a insisté dans ces derniers temps, on pourrait dire que, chez la majorité au moins des diabétiques du quatrième groupe, le diabète est le résultat d'une excitation fonctionnelle du foie. On aurait ainsi quatre espèces de diabète. Mais, avant d'accepter cette classification arbitraire et cette palhogénie hypothétique, voyons ce quenous révèle l'autopslcdes malades, sans méconnaître d'ailleurs une difficulté, celle qui consiste à distinguer les lésions secondaires, que je passerai complètement sous silence, des lésions ayant une réelle importance patliogénio-ie.

Chez les diabétiques du premier groupe, on peut, parfois, ne rencontrer aucune lésion qui ait une valeur pathogénique certaine. Assez souvent, cependant, le pancréas est induré ou légèrement diminué de volume, ou bien encore, quoique d'apparence normale, à l'œil nu, il est en réalité atteint d'une sclérose périacineuse que révèle facilement l'examen microscopique. J'ai depuis longtemps appelé l'attention sur ces cas, où une lésion scléreuse de l'organe échappe complètement à l'examen microscopique (4). Quelle en est la valeur? — On pourrait la croire nulle pour deux raisons : 4° parce que cette lésion laisse intacte la plus grande partie de Tacinus ; or nous savons, depuis Mering et Minkowski, qu'une lésion du pancréas ne cause, chez le chien, le diabète que si elle est totale (ou presque totale) ; 2° parce que cette sclérose légère se rencontre indubitablement chez beaucoup de sujets non diabétiques. Je reconnais ce que ces deux arguments ont de spécieux. On peut toutefois répondre au premier qu'assurément une quantité minime de sécrétion interne pancréatique suffit au chien sain pour le mettre à l'abri du diabète, mais que nous ignorons si, chez un homme fortement prédisposé au diabète, la sécrétion interne de tout le pancréas n'est pas nécessaire pour annihiler cette prédisposition. — Quant au deuxième argument, il aégalement peu de valeur: il prouve seulement que certains hommes résis-

(1) Lépine {Société des Sciences médicales de Lyon, 11 mars 1890).

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