MARCHE. — DURÉE. — PRONOSTIC TERMINAISON
En dehors du diabète congénital, du diabète par défaut de développement du pancréas, on peut, mieux chez l’enfant que chez l'adulte, découvrir le début de la maladie. Dans certains cas, en effet, on trouve la date du traumatisme initial. On sait parfois à quelle époque remontent les symptômes et à quelle époque l'enfant s’est plaint de fatigues, de douleurs vagues, de céphalalgie, et a été atteint de soif vive, de mictions fréquentes.
Les constatations faites généralement de diabète infantile se rapportaient à des diabètes maigres, très graves et à évolution très rapide. Le petit organisme atteint ne présentait pas cette longue période de 15, 20, 30 années et plus, de lutte contre le mal, qu'offre l'adulte, et, très souvent, on voyait des accidents cérébraux rapprochés emporter le malade dans l’espace de quelques jours. D’autres fois, la marche était plus lente, mais non moins désastreuse, et, après des mois ou peu d'années, l’enfant finissait par succomber soit à des complications pulmonaires (tuberculeuses ou non), soit à une crise
d’acétonurie, soit dans un état de cachexie progressive,
résultat de l’intoxication diabétique.
On considérait donc que le pronostic du diabète était juste à l'inverse de l’âge du malade, et Sénac a pu dire : « Tout enfant diabétique est destiné à disparaître à bref délai ».
Pourtant, les Allemands et, plus près de nous, M. Baumel, faisaient la distinction entre deux diabètes infantiles: l’un grave et d'évolution rapide, l’autre léger et bénin.
Il est naturel, en effet, si nous nous reportons aux idées que nous avons plus haut émises, de considérer que le diabète, tenant à un défaut de développement de la glande pancréatique, pourra disparaître si cette glande persévère dans son développement. De même, le diabète lié à l’évolution dentaire — dépendant de l'excitation du plancher du quatrième ventricule excité à son tour par le trijumeau — pourra rétrocéder, et nous sommes persuadé qu’à l’avenir, on en aura bien des exemples, où l’on saura mieux découvrir chez l’enfant l’affec- tion qui nous occupe et rechercher alors l'état de sa dentition.
Pourra rétrocéder aussi le diabète résultant d’une infection gastro-intestinale avec bouchons muqueux dans les canaux de la glande, car nous retrouvons ici le diabète bénin analogue à l’ictère bénin,en face du diabèle maigre analogue à l'ictère grave.
Comment se termine le diabète infantile ?
Bouchardat disait avoir « constaté l'extrême fréquence de la complication, pour ainsi dire fatale de la phtisie pulmonaire succédant à la glycosurie chez les sujets âgés de moins de 15 ans ».
Depuis la thèse de Redon, nous savons que la terminaison par la tuberculose du poumon est bien plus rare qu’on ne le pensait. Les enfants diabétiques, en effet, saccombent pour la plupart, soit à un état de dénutrition progressive résultant de l’autophagie, soit à une crise aiguë d’acétonurie, qui serait au diabète ce qu'est l’urémie au mal de Bright.
Nous n'entreprendrons pas ici l'étude du coma diabétique, qui ne diffère nullement, chez l'enfant, du coma de l'adulte.