‹ Le diabète sucré et son traitement hydrologiqueChapitre 19 sur 49 · ACTION ET EMPLOI DES EAUX MINÉRALES CONTRE LE DIARÈTE SUCRÉ · texte numérisé non relu

ACTION ET EMPLOI DES EAUX MINÉRALES CONTRE LE DIARÈTE SUCRÉ

GENERALITES

Modes d'action et d'emploi.

En faisant le résumé des travaux parus sur la question du traitement hydrologique du diabète, nous avons dû forcément parler de temps à autre du mode d'action des eaux minérales dont nous nous occupions, et donner l'explication qu'en proposaient les auteurs dont nous analysions les écrits. Ce sujet se trouve donc déjà à moitié traité au cours des pages précédentes. Nous croyonsnéanmoins devoir revenir, pour le compléter, sur un examen plus spécial de ce point intéressant.

Les eaux alcalines occupant la plus grande place dans la cure du diabète, toutes les eaux minérales étant plus ou moins alcalines et agissant un peu à ce titre, nous aurons surtout à étudier leur action à ce point de vue.

Lecorché pense que les alcalins agissent par l'heureuse influence qu'ils exercent sur les fonctions digestives dont ils rétablissent l'équilibre en rendant aux malades le goût des substances azotées, en facilitant leur digestion, et aussi

la combustion des substances ternaires, comme Petenkofer l'a démontré, en exagérant enfin l'absorption gastro-intestinale.

Alcalins et eaux alcalines agiraient de la même manière, soit en s'opposant à la formation du sucre, — ce que Lecorché ne croit pas, — soit en facilitant la combustion du sucre, comme Mialhe le pensait, — ce qui est douteux, — soit en s'opposant à Faction du ferment morbide sur la matière glycogène, comme le supposait Hensen, — ce qui est inadmissible.

C'est donc surtout par leur action générale sur la nutrition, parla facilité plus grande qu'elles donnent à la digestion du sucre dans un milieu devenu plus alcalin, que peuvent s'expliquer les heureux effets des eaux alcalines et des eaux minérales en général, dans le traitement du diabète. Tel est aussi le sentiment du professeur Ch. Bouchard,

Cette action utile des alcalins a été niée cependant par Bouchardat, par Poggiale, par Lehmann, d'après lesrésultats de leurs expérimentations. Elle a été niée encore au point de vue de l'expérience clinique par Andral, Kennedy, Lebert, Guttigens, Gerhardt, Leube, Poster, Roberts et Dickinson. Griesinger leur accorde une faible influence. Et cependant, tous les praticiens reconnaissent l'utilité des eaux alcalines dans la cure antidiabétique.

Dujardin-Baumetz, en rappelant que bien des opinions ont été avancées pour expliquer cette action utile, dit que la meilleure est celle qui veut que ces eaux agissent directement, non pas sur le foie, mais sur la nutrition en général. Des expériences faites par Coignard ont montré que les eaux alcalines avaient, dans la transformation de l'amidon en glycose qui accompagne la germination des plantes, un rôle de ralentissement; mais Dujardin-Baumetz persiste à croire que ces eaux agissent en activant les fonctions cellulaires. 11 n'est pas douteux que le traitement thermal modifie de façon heureuse la nutrition chez les diabétiques et leur per-

mette de voir disparaître leur sucre, tout ea laissant une certaine latitude à leur régime.

D'après Durand-Fardel, les eaux de Vichj^ et leurs similaires n'agissent pas dans le diabète parce qu'elles sont alcalines, mais parce qu'elles sont reconstituantes.il appuie son assertion sur d'autres expériences du D"" Coignard et du D'" Pupier, entreprises dans le laboratoire de M. Malassez, et qui démontrent cette action reconstituante des eauxde Vichy en constatant que leur usage augmente la proportion des globules rouges du sang. Or, pour le praticien de Vichy, l'observation deleurs effets physiologiques et thérapeutiques est plus significative encore. Notre milieu intérieur étant essentiellement alcalin, il n'est pas étonnant que des eaux alcalines y soient bien reçues ;maisleur alcalinité ne représente quela moindre partie de leur action. Durand-Fardel est convaincu que toutes les eaux qui favorisent et activent l'assimilation peuvent être salutaires aux diabétiques à des degrés divers, etdans des conditions diverses, les chlorurées comme les bicarbonatées, et, ajouterons-nous parce que telle est aussi notre conviction, les sulfatées comme les sulfureuses.

C'était aussi le sentiment de Danjoy quand il disait que l'action de la Bourboule dans le diabète et ses manifestations, dans les diabétides notamment, dépendait d'une amélioration générale. Néanmoins, vu l'activité exceptionnelle de ses eaux, il se demandait s'il n'y avait pas quelque chose de plus que ce remontement de Tétat général, et s'il n"y avait pas comme une sorte d'action élective, sur la peau des diabétiques, des eaux qui guérissaient si bien leurs accidents €utanés.

Il n'y a pas bien longtemps, les J)^^ Cornillon et Brétet ont constaté expérimentalement que les alcalins sont sans action sur la glycose déjà formée, et qu'ils agissent surtout en diminuant le pouvoir saccharifiant des liquides diastasiques ; le bicarbonate de soude agirait non seulement sur la diastase salivaire, mais aussi sur le suc pancréatique, et d'une façon plus active sur celui des omnivores que sur

celui des herbivores. Il en résulte, d'après ces auteurs, que l'action des eaux alcalines dans le diabète s'expliquerait par l'obstacle que leurs sels opposent à la formation du sucre.

Aux yeux de Lehman et de Poggiale, les alcalins, et par suite les eaux alcalines, agissent dans le diabète comme dans d'autres circonstances, en fluidifiant le sang devenu trop visqueux par le fait de l'hyperglycémie ; grâce à cela, les échanges nutritifs se font plus facilement sur tout le territoire sanguin.

Cette action des alcalins n'est pas, en tout cas, toujours uniforme : en efl"et, des recherches assez récentes de Rabuteau et de Ritter (de Nancy), il résulte que l'effet des alcalins varie sensiblement, suivant les doses auxquelles ils sont administrés. A faible dose, d'un à deux grammes au plus, ils se transformeraient en chlorures, et agiraient alors en augmentant la sécrétion du suc gastrique, en activant les échanges nutritifs. A dose moyenne de quatre à six grammes, ils sont absorbés en partie en nature, ils modèrent le mouvement désassimilateur, diminuent les combustions organiques, et abaissent le chiffre de l'urée; ils peuvent donc agir ainsi sur l'azoturie. Absorbés avec les eaux minérales, c'est-à-dire à faible dose le plus généralement, ils se comportent non comme alcalins, mais bien comme du chlorure de sodium, et dès lors, c'est en favorisant les échanges nutritifs et les activant qu'ils font diminuer le sucre du diabète. Ainsi se comprend et s'explique l'action bienfaisante des eaux alcalines et même de toutes les eaux minérales qui peuvent agir comme telles.

Cette transformation des carbonates alcalins en chlorures fait aussi comprendre, en partie du moins, l'heureuse influence des eaux chlorurées sodiques sur la nutrition en général, et sur le diabète en particulier. Nous avons, en étudiant ces eaux, fourni sur leur mode curatif assez de détails et d'explications pour pouvoir ne plus trop insister ici sur ce point: n'oublions pas cependant l'action des iodures et des bromures qui entrent dans leur composition.

Mais ces explications ne suffisent plus quand il s'agit d'eaux minérales à composition chimique plus complexe, comme le sont les eaux de la Bourboule ou du Boulou, les eaux de Contrexéville ou les eaux des Pyrénées. Il faut alors admettre une activité médicamenteuse, complexe aussi, dans laquelle entrent en ligne tous les éléments composants et l'eau elle-même. C'est ainsi que dans les eaux qui en renferment, l'arsenic agira comme médicament d'épargne, comme régulateur de Tin nervation et de la fonction glycogénique du foie; dans la plupart des eaux, les alcalins et les chlorures porteront leur activité sur la muqueuse gastrique et sur les cellules hépatiques ; le fer, le manganèse, d'autres métaux, le soufre même favoriseront les échanges et les oxydations par leur action sur les hématies. Cette dernière action a été vérifiée par plusieurs expérimentateurs qui ont fait l'examen du sang. Les eaux minérales agiront donc sur le diabète, qui n'est, après tout, qu'une dystrophie, en enrayant la dénutrition, en rétablissant les fonctions digestives et hématopoiétiques, en tonifiant l'appareil vaso-moteur, régularisant la circulation et par elle tous les échanges nutritifs, desquels résulte une combustion plus complète du sucre dans tout l'organisme.

Quant aux différentes applications des eaux, elles ont aussi leur part d'influence dans les effets de la cure antidiabétique. Ce que nous venons de dire s'applique surtout à l'action générale des eaux, et plus particulièrement à celle de la boisson. Les bains agissent dans le même sens, et en rétablissant l'équilibre nerveux ; ainsi s'explique l'action sédative des bains tempérés presque par tout employés dans le traitement du diabète.

Les douches, également tempérées et prises en pluie, ont une action légèrement révulsive et modérément percutante ; par le léger massage qu'elles produisent, elles activent la circulation cutanée et les échanges nutritifs intramusculaires. Elles aident donc ainsi, comme le massage

lui-même, comme l'exercice, à la combustion du sucre.

Les douches écossaises et les douches froides, très fréquemment employées, comme nousavonspu le voir, et avec raison, dans la cure hydrobalnéaire du diabète, rentrent dans le domaine de l'hydrothérapie, mais sans cesser d'avoir leur part d'action minérale, si nous pouvons dire, malgré la rapidité et la courte durée de leur administration. Etudions donc, avec P. Brouardel, l'action de l'hydrothérapie dans le diabète. En rendant à la peau sa vascularisation et sa chaleur normales, les douches produisent sur les viscères intérieurs une action décongestionnante. En activant la circulation, elles agissent sur la nutrition générale, comme de puissants moyens toniques.

Fleury disait avoir constaté souvent, par la plessimétrie, que le foie et la rate avaient rapidement diminué de volume sous l'influence de douches froides. Or plusieurs théories du diabète reposent sur l'hypothèse d'une exagération de la circulation du foie.

D'autre part, il est prouvé que la température des diabétiques est de 1° à 1° o au-dessous de la normale, ou de la température moyenne du corps. Il y a donc là deux indications de l'emploi dans le diabète delà méthode hydrothérapique. Outre leur action tonique générale, les douches auraient pour effet double de ramener à leur état normal les circulations hépatique et cutanée. La pratique médicale confirme ces déductions : Fleury, et après lui tous les hydrothérapeutes ont eu à traiter des malades atteints de glycosuries chroniques, et se sont loué de leurs résultats satisfaisants. A la Société d'hydrologie de Paris, il a été fait mention, dès ses débuts, de guérisons du diabète obtenues par Gibert, par Lubanski au moyen de l'hydrothérapie. Une jeune fille diabétique, envoyée à Vichy, y fut soumise par le D'' H. Sénac, au traitement hydrothérapique, et bientôt elle s'aperçut elle-même que, lorsque la réaction qui suivait sa douche ne s'accomplissait pas franchement, le sucre augmentait dans ses urines. Il est permis d'en con-

dure que, l'action régulatrice de la douche sur la circulation ne sétant pas produite, la proportion de sucre s'en était de suite accrue. L'hydrothérapie serait, dès lors, un agent directement efficace pour combattre la glycosurie.

Du reste, le traitement hydrothérapique varie beaucoup dans son application suivant la forme du diabète. D'après Béni-Barde, l'eau froide, selon la façon dont elle est appliquée, possède des effets sédatifs ou des effets toniques, et mieux, excitants. Or il en est de même des douches administrées avec les eaux minérales.

En tout cas, celles-ci sont un des meilleurs moyens de régulariser la circulation du sang, et elles devront par conséquent être appliquées aux cas de diabète dans lesquels semble exister un trouble de la fonction circulatoire, comme à ceux dans lesquels une tonification générale doit être recherchée.

Quoiqu'il y ait peu de stations hydrobalnéaires munies de bains de vapeur convenables, nous croyons devoir dire quelques mots de ces bains, que P. Brouardel faisait figurer parmi les médications utiles contre le diabète. Ils ont été en effet fortement recommandés par Lefébure, Richter, Clarke et d'autres, dans le but d'activer les fonctions cutanées, dans l'espoir de favoriser ainsi l'élimination du sucre. Mais il ne faut pas s'exagérer l'importance de la diminution du sucre des urines produites par ces bains,pas plus que par lesbains d'immersion chauds, auxquels on demande lamême action. Ainsi chez des malades dans l'urine desquels il avait obtenu,par lesbains de vapeur, une diminution du sucre, mais sans amélioration parallèle de l'état général, Griesinger a retrouvé dans la sueur une proportion surabondante de sucre, qui faisait compensation à la diminution de la glycosurie, de telle sorte que ces bains n'avaient pas eu la moindre action sur la production et l'élimination du sucre. Vogel et Moissenet ont vu des diabétiques dont la sueur laissait sur la peau une sorte de givre blanc, formé de sucre, dont l'éco- , nomie se débarrassait par cette voie de l'excès qui ne

pouvait passer par les urines : on ignore si les bains de vapeur entraînent une semblable élimination.

Chez certains diabétiques, la sueur ne contient pas de sucre, et les bains de vapeur, ou autres, les feront suer inutilement, ou plutôt les affaibliront sans profit. D'après P. Brouardel, les bains de vapeur n'ont pas d'action directe sur le diabète, cequi secomprend, puisqu'ils empêchent touleabsorptionpar la peau. Ils peuvent être utiles pour rétablir ses fonctions, qu'il serait dangereux cependant de surexciter, surtout chez les dartreux, furonculeux et alburainuriques, auxquels il vaudra mieux conseiller des températures modérées. Chez les diabétiques goutteux ou rhumatisants, on préférera les bains chauds, qui déterminent tout autant de sueur que les bains de vapeurs humides et sont plus faciles à administrer, moinspénibles et moins dangereux. Le malade pouvant tenir sa tête aune chaleur plus modérée et respirer un air plus frais, évite la fatigue, la courbature, les maux de tête. Une bonne pratique consiste à faire suivre le bain de vapeur, et même le bain chaud, à moins de contre-indication formelle, d'une douche froide très courte, ou d'une immersion rapide, en facilitant ensuite la réaction par des frictions sèches et rudes, suffisamment prolongées.

En tout cas, quel que soit le mode de balnéation employé pour le traitement des diabétiques, il faut en surveiller de près l'application et en suivre avec soin les effets. Le médecin devra se rendre compte de l'action produite par l'emploi, que P. Brouardel recommande avec instance, de ces précieux moyens de contrôle auxquels il ne doit pas manquer de recourir, et autant que possible par lui-même, pour juger des effets de sa médication. Nous ajoutons, à la fin de ce travail, un appendice où nous étudions tous ces moyens de contrôler les résultats que le médecin doit apprécier, examens, dosages, ou analyses d'urine, pesée des malades, dynamométrie, spirométrie, etc. L'ensemble des constatations relevées fournira évidemment des renseignements bien plus concluants, que malade et médecin ont tout intérêt

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à connaître. Le diabète étant, de l'aveu presque unanime des maîtres dont nous avons passe en revue les théories, une lésion de la nutrition, il sera utile de relever de temps à autre chez les malades qui en souffrent, lamarche des oxydations dans l'organisme.

Indications.

Après tout ce que nous venons d'exposer sur les eaux minérales etleurs effets chez les diabétiques, effets constatés tant par l'analyse clinique (]ue par l'analyse chimique, il demeure certain que le traiten>ent hydrologique du diabèle est un des plus efficaces que l'on connaisse contre cette dyscrasie. S'il est vrai que les conditions nouvelles dans lesquelles un diabétique se trouve dans une station d'eaux ont leur part d'influence sur les résultats généraux delà cureune des meilleures preuves à produire de cette action réelle et sensible des eaux minérales dans le diabète, c'est que cette action n'est pas la même, ni quand on s'adresse à des eaux de nature ou de composition différentes, ni quand les malades qui les utilisent ne se trouvent pas dans les mêmes conditions. Il enrésulteque, pour faire un traitement utile, malades et médecins doivent bien connaître les indications des eaux auxquelles ils vont recourir.

Nous avons forcément déjà dit quelques mots des indications du traitement hydrologique en lui-même et des eaux minérales à employer : néanmoins nous allons revenir plus spécialement sur ce point important. L'intérêt que nous témoignions, dans les dernières pages qui précèdent, aux analyses bien faites des urines diabétiques, va trouver dans ce qui suit sa justification et la preuve de sa raison d'être.

D'après Lecorché, si Ton a affaire à un diabète caractérisé par une perte considérable de sucre et d'urée, il faudra ordonner de préférence les eaux alcalines. Vichy, Vais, le Boulon, ou bien Carlsbad. — On fera de même si le diabète

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est léger, mais compliqué d'azoturie excessive, car les analyses d'urine faites à Vichy témoignent de la diminution habituelle de l'azoturie au cours du traitement.

Quand Tazoturie est peu marquée, au contraire, il faut se garder de ces eaux alcalines fortes, et préférer les bicarbonatées sodiques faibles de Royat, la Bourboule, Ems, ou mieux encore, les eaux bicarbonatées et sulfatées calciques de Contrexéville et Yitlel, quand le diabète est de nature goutteuse, — celles de Fougues s'il existe des troubles digestifs.

L'azoturie n'existant guère, avec un certain degré d'intensité, qu'au début du diabète et chez les individus encore jeunes, on peut poser en principe que les diabètes de date récente, se montrant chez les individus jeunes, sont les seuls qui relèvent des eaux de Vichy ; tandis que le diabète ancien ou se montrant chez des sujets déjà avancés en âge, ne doit être traité que par les eaux bicarbonatées sodiques faibles, ou par les eaux bicarbonatées et sulfatées calcaires. (D"" Lecorché : du Diabète chez la femme.)

D'après le D"" Bouloumié, l'azoturie, lorsqu'elle apparaît dans une période avancée du diabète, réclamerait les eaux de la Bourboule et de Royat, et peut-être mieux le Mont- Dore en cas de complications bronchitiques ; tandis qu'elle contre-indiquerait absolument Vichy. — L'azoturie du début demande au contraire Vichy, Carîsbad et Fougues, mais il ne faut pas oublier que la glycosurie n'est souvent qu'un symptôme de perversion nutritive née sous une influence locale ou générale, pouvant se modifier sous l'action d'un traitement différent selon la nature de celle-ci ; ce symptôme parfois ne doit être mis qu'en seconde ligne pour conseiller une cure hydrobalnéaire.

Dans ses travaux présentés à la Société d'hydrologie, le D'' Boucomont a semblé mettre Royat au-dessus de Vichy, dans la plupart des cas du moins : car, dit-il, les diabétiques n'y ont pas besoin de l'analyse comme à Vichy, pour apprécier l'amélioration acquise ils la sentent! Chez les arthri-

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tiques, la glycosurie n'est souvent qu'une forme passagère de leur diathèse, et son apparition peut être considérée comme un accident passager : le traitement anliarthritique de Royat réussirait sur ces sujets beaucoup mieux que le -traitement fortement alcalin, car il s'adresse directement à ■la cause, tout en combattant ses effets.

En discutant cette assertion, Durand-Fardel a reconnu •que Royat, à la fois bicarbonatée et chlorurée, comme la Bourboule, participe aux appropriations qui s'étaient ■d'abord spécialisées à Vichy.

Plusieurs médecins de Royat ont eu à soigner des diabétiques venant de faire immédiatement une saison à Vichy. Ils ont vu que Royat, avec son eau chlorurée, lithinée et arsenicale, continuait à faire baisser le sucre que Vichy avait ■laissé slationnaire (Dr Chauvet). Donc deux cures à deux stations difïerentes, dans la même saison, peuvent être utiles. 11 serait curieux de savoir si Vichy, venant après Royat, continuerait à agir, par contre, sur les diabétiques que la station ou les eaux d'Auvergne n'améliorent plus. Cette alternance des cures à des eaux différentes, sinon dans la même année, au moins dans des années successives, est chose assez commune et souvent utile dans les autres maladies, pour qu'il vaille la peine, pensons-nous, de 'l'étudier, surtout après ce qu'ont vu et dit les médecins de Royat, dans la cure du diabète. Royat paraît indiqué de ■préférence aux sources bicarbonatées fortes, chez les malades affaiblis, anémiés, chez les arthritiques, chez ceux enfin qui ne peuvent supporter les alcalins à haute dose.

En terminant sa communication à la Société d'hydrologie ^sur sa métho le de traitement du diabète par 1 eau lithinée arsenicale artificielle, dont les merveilleux résultats ont été si souvent invoqués par lesmédecinsde Royat et des autres stationsd'Auvergne en faveur de leurs eaux, le D'' Martineau donnait des indications bien nettes sur l'emploi des eaux minérales nalurelles dans cette maladie. D'après lui, « le dia- ' bète chez les malades arthritiques ressort des eaux minérales

bicarbonatées sodiques lithinées: les fortes conviennent surtout aux diabétiques de forte complexion ; tandis que les faibles^ comme Saint-Nectaire, Royat, sont appliquées au traitement des diabétiques faibles, anémiés, cachectiques. C'est à cette modalité que conviennent de même les eaux bicarbonatées calciques de Fougues, surtout si la dyspepsie flatulente est très prononcée. C'est encore aux diabétiques anémiques, cachectiques, que les eaux chlorurées sodiques de Bourbonne-les-Bains, les eaux sulfurées chlorurées sodiques d'Uriage doivent être prescrites, si en même temps le terrain est lymphatique, scrofuleux ; tandis que les eaux arsenicales chlorurées sodiques de la Bourboule seront préfére'es si les manifestations herpétiques prédominent chez le diabétique arthritique. Quant au diabétique herpétique, où les manifestations nerveuses sont prédominantes, ies eaux sulfureuses sodiques de Cauterets, de Saint- Sauveur, et toutes celles qui ont une action sédative analogue seront choisies de préférence. »

Dans ses divers écrits, le D"" L. Souligoux a indiqué les diabètes avec pertes considérables de glycose et d'urée comme relevant des eaux alcalines de Vichy, Vais ou Carlsbad. Les diabètes non azoturiques, chez des malades faibles et anémiés, demandent plutôt Royat, Ems, la Bourboule. Les diabétiques forts qui souffrent de dyspepsie ou de catarrhe intestinal serontenvoyésàCarlsbad. Ceux au contraire ne souffrant pas de ces complications devront être adressés à Vichy.

Durand-Fardel a consacré, en 1881, un travail spécial à la démonstration de l'action reconstituante des eaux de Vichy: il y écrit, à propos du diabète, que celui des gens gras présente une période souvent très longue où, quel que soit son degré d'intensité, le traitement de Vichy l'enraie presque avec certitude, le modère et souvent le maintient indéfiniment moyennant une hygiène appropriée, compatible avec une santé relative. Mais il est une autre période où les tissus^ imprégnés de matière sucrée, ont commencé à subir une

altération définitive : dès lors, il n'y a plus rien à attendre de la médication thermale, et il faut toujours redouter son intervention lorsqu'elle a cessé d'être efficace avec n'importe quelles eaux.

Nous ne saurions, sans nous exposer à des redites fastidieuses, repasser ici toutes les indications spéciales que nous avonsdétaillées avec l'étude de chaque station. Nous nepou- Yons donc que renvoyer à ces pages particulières, oîi l'on verra les indications de Conlrexéville,par exemple, que Martineau avait oubliée dans sa nomenclature, oubli contre lequel le Dr Debout avait obtenu facilement raison. On y verra aussi les indications de chaque station, et dans chacune d'elles, les applications spéciales de chaque source réellement recommandable contre le diabète.

Nous avons cité, chaque fois que nous en avons eu Toccasion, le sentiment des maîtres, de Jaccoud, de Peter, de G. Sée, de A. Robin, de Moeller, de Monin, de Dreyfus- Brisac. Pour résumer toutes ces indications, nous avons dressé des tableaux synoptiques, où, dans un rapide coup d'œil, on trouvera d'une part à quelle forme de diabète et dans quels cas convient telle ou telle source, et d'autre part à quelle station ou quelle source il est préférable d'adresser tel ou tel diabétique.

( Voir ci-contre le Tableau des indications des Eaux minérales dans les diverses formes du Diabète sucré.)

Jetons maintenant un regard sur les contre-indications de cesmêmes eaux.

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