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Contre indications.
11 était impossible de ne pas parler, de temps à autre, des contre-indicalions des eaux minérales dans le diabète, en faisant l'étude qui précède. Aussi nous contenteronsnous de synthétiser maintenant, en quelques pages, ce que nous savons de ces contre-indications.
Il est unanimement reconnu que, dans le diabète comme dans toute autre maladie, il ne faut pas songer à envoyer aux eaux ni les enfants en trop bas âge , ni les vieillards qui n'offrent plus une force de résistance suffisante. On comprend que dans ces conditions, non seulement le traitement sera ou très dilffcile à appliquer ou dangereux à faire suivre. De plus, chez les enfants et même chez les jeunes gens, le diabète présente une marche rapide, qu'il est impossible le plus habituellement d'enrayer et qu'une cure intempestive risquerait fort de précipiter. Cependant, le D"" Dreyfus-Brisac est d avis que, chez les enfants, il serait parfois légitime, en désespoir de cause, de recourir aux eaux de la Bourboule , si précieuses dans la plupart des anémies de l'enfance. A tout risquer, dans ces conditions, il y aurait bien d'autres sources à conseiller, les sources ferrugineuses, digestives, les eaux sulfureuses, sédatives et toniques à la fois, etc. ; mais on ne saurait donner à ce sujet des préceptes précis, chaque cas ayant sa physionomie propre : c'est au médecin habituel à en décider.
Chez les vieillards, au contraire, le diabète évolue généralement avec une lenteur et une bénignité qui autorisent à ne pas recourir sans grand besoin à une médication presque toujours perturbatrice, qui, de ce fait, peut offrir de sérieux inconvénients, et qui présente, après tout, un certain nombre d'inconnues. Un vieillard affaibli peut être exposé à ne pas tolérer sulïisamment bien une cure hydrobcilnéaire, si ménagée qu'elle soit, à ne pas réagir convenablement au
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moment voulu, et il faut, dès lors, ne lui conseiller un voyage, toujours cause de préoccupations et de fatigues, que si Ton est bien assuré qu'une amélioration et une chance de survie en seront les résultats.
Aux individus d'âge moyen, qui se trouvent dans les mêmes conditions de non-résistance suffisante, soit par le fait d'un épuisement prématuré provenant d'une cause quelconque, soit parle fait du diabète même, grave et cachectisant par sa nature, tel que le diabète pancréatique, à ces individus déprimés physiquement, comme à ceux dont le moral est abattu, l'organisme ruiné, il faut déconseiller les cures d'eaux. Tout au plus ferions-nous une exception pour les stations dont le séjour en lui-même est tonique, dont les eaux sont faciles à manier, pas trop actives, quelle que soit leur nature, et où le diabétique affaissé a la possibilité de trouver une sorte de remontement à la fois physique et moral. Les montagnes d'Auvergne, les Vosges, les Pyrénées possèdent assurément des stations de ce genre, dont nous ne nommerons aucune pour ne pas être accusé d'en laisser d'autres volontairement dans l'oubli.
Les complications graves sont naturellement des motifs de contre-indications qu'il est à peine besoin de faire ressortir. Si le diabétique est menacé de coma, et qu'avec un état d'affaiblissement prononcé il présente des accidents d'acétonémie, il ne faut pas lui faire quitter son chez-soi. S'il est sérieusement atteint d'albuminurie pour laquelle il n'y a plus grande confiance à avoir dans les eaux minérales, quoique certaines aient été prônées dans le traitement du mal de Bright, — s'il présente une dégénérescence amyloïde, ou autre, des reins, — s'il y a de la cirrhose du foie ou une altération anatomique de cet organe, — on ne devra plus compter sur un résultat quelconque d'une cure hydrobalnéaire : celle-ci est donc contre-indiquée.
Les affections du cœur, quand surtout elles amènent des désordres persistants, les arlério-scléroses, etc., contre-indiquent tout aussi évidemment une cure active, excitante
et le plus souvent perturbatrice, à des eaux quelconques.
Enfin les affections pulmonaires graves, principalement la phtisie en voie d'évolution, à marche rapide, à forme éréthique, fébrile, sont encore des contre-indications à la cure hydrologique du diabète sucré.
Telles sont les contre-indications générales, d'ensemble, que tout le monde admet.
Précisons davantage pour des contre-indications particulières. Durand- Fardel, et tous les praticiens de Vichy, admettent que leurs eaux sont à rejeter dans les conditions de santé que nous venons de décrire. E. Monin y ajoute les complications nerveuses, telle qu'une débilité profonde du système nerveux, les lésions cérébro- cardiaques des vieillards.
Mœller nous dit, pour ce qui concerne les cures de Vichy et de Carlsbad, au delà desquelles il est assurément permis de généraliser ce précepte, qu'il faut s'abstenir de ces cures lorsque l'affaiblissement général est trop grand, que la glycémie s'effectue aux dépens des éléments anatomiques, ou que l'état des voies digeslives ne permet pas une alimentation azotée abondante. Si la maladie revêt un caractère aigu, si elle s'accompagne de manifestations fébriles, on doit renoncer à tout traitement thermal.
Dans sa Thérapeutique du diabète sucré, le D''Dreyfus-Brisac admet comme contre-indications des cures de Vichy et de Carlsbad, l'affaiblissement dû soit à l'âge, soit à telle ou telle manifestation dyscrasique anémiante, à un état neurasthénique très prononcé, et enfin à une hypoazoturie assez accusée, que celle-ci soit causée par une dépression nerveuse ou liée à un processus de dénutrition. Royat etlaBourboule ne sont pas plus à recommander chez les diabétiques arrivés à la période de marasme, oîi seules les eaux reconstituantes proprement dites peuvent rendre quelques services. Par contre, les deux stations ci-dessus ou leurs similaires seront utiles dans le traitement des diabètes pseudo-arthritique et nerveux, où sont contre-indiquées les eaux bicar-
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