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bonatées fortes, et surtout les sulfatées sodiques trop perturbatrices et trop débilitantes, et qui pourraient avoir des inconvénients chez les femmes arrivées à Tâge critique. Quant au traitement du diabète malin, où si peu d'eaux réussissent, si les symptômes cachectiques commencent à apparaître, il faut renoncer aux eaux antidiabétiques proprement dites, qui sont plus dangereuses qu'utiles, et l'on ■doit se borner à soutenir les forces, à relever l'état général du malade.
Une certaine disposition congestive de l'appareil respiratoire contre-indiqueles eaux alcalines de Vichy, du Boulon, de Garlsbad, ou les eaux chlorurées sodiques telles que Bourbon, Balaruc, et les bains de mer ; dans ces cas, dit le D"" Schlemmer, on pourra essayer des eaux du Mont-Dore,en évitant toutefois l'action sédative trop marquée des salles d'inhalation. Certaines eaux sulfureuses, telles que Mauhourat de Cauterets, ou Saint-Sauveur, pourraient aussi bien convenir.
Au dire du D'^ Frémont, la tuberculose pulmonaire chez les diabétiques n'est une contre-indication des eaux de Vichy que si elle gagne les deux poumons et si elle les a atteints dans une grande étendue. Ce distingué praticien a traité et amélioré très manifestement des diabétiques tuberculeux : le diabète s'efface, le terrain devient plus fort et la lésion pulmonaire s'arrête ou rétrograde.
Moins encore que la tuberculose, le cancer contre-indiquerait les cures alcalines chez les diabétiques Le D'' Frémont cite le cas de deux de ses clientes diabétiques qui, atteintes, l'une et l'autre, de cancer du sein, virent leur sucre tomber, à Vichy, de 92 à 6 grammes pour la première qui subit ensuite l'opération avec plein succès, — de 320 gr. à 12o gr. pour la seconde qui, non opérée, mourut, un an après, de son cancer.
Complications.
Dans la première partie de ce travail, nous avons décrit rapidement les diverses complications par lesquelles un diabétique peut voir son existence traversée. Au point de vue du traitement hydrologique, on pourrait diviser ces complications en deux catégories: celles où le traitement parles eaux minérales est inutile et contre-indiqué, et celles où réellement il peut rendre des services.
Il va nous suffire d'énumérerles premières de ces complications qui n'ont rien à faire avec un traitement thermal. Ce sont : le coma diabétique et l'acétonémie dont il dérive ; — les attaques de sommeil invincible qui se présentent quelquefois au cours du diabète ; — les lésions de Tencéphale ou de la moelle qui donnent lieu au diabète spécial décrit sous le nom de cérébro-spinal; il faut cependant faire une exception pour l'ataxie et certaines paralysies médullaires qu'améliorent certaines eaux ; — l'agueusie et Fanosmie n ont guère de chances d'être avantageusement modifiées par les eaux minérales ; — les maladies organiques du cœur, les artério-scléroses, la gangrène diabétique qui en est la suite, seront dans le même cas ; — la cataracte et autres affections oculaires dues au diabète ne se laissent pas influencer par la cure hydrobalnéaire ; — enfin les lésions du pancréas, sous la dépendance desquelles se trouve le diabète dit pancréatique, dénommé malheureusement aussi diabète grave, diabète malin à cause de sa résistance habituelle aux meilleures médications, ces lésions, si elles ne contre-indiquent pas l'usage des eaux minérales, n'ont guère rien à attendre de leur action ; ici cependant les eaux dites reconstituantes, les ferrugineuses, certaines sulfurées éminemment toniques et remontantes, peuvent agir favorablement sur l'état général, la débilité et la paresse des fonctions.
Il n'en est plus de même heureusement des affections des
voies respiratoires ; qu'elles soient en relation directe avec le diabète, ou simplement en coïncidence avcc lui, les bronchites, lesbroncho-pneumonies, les pneumonies chroniques, les pleurésies, Fasthme et Temphysème, et enfin la phtisie pulmonaire, développés chez un diabétique, conserveront les^ mêmes indications c[ue chez tout autre malade non glycosurique. Les diabétiques catarrheux,pw/mon?^Mes, dirions-nous volontiers, en donnant à ce vieux mot le seul sens qu'il devrait garder aujourd'hui, de « malades du poumon », seront donc dirigés vers la station la plus en harmonie avec leurs diathèses respectives, leur constitution personnelle, leur manière d'être à chacun, qui aux eaux d'Auvergne, qui à Saint-Honoré ou en Savoie, qui à Uriage ou aux Pyrénées. Les développements dans lesquels nous sommesentrés pour chacune des stations qui avait à se réclamer dequelques services rendus aux diabétiques, nous dispenseront d'insister ici sur ces points particuliers, et les tableaux, synoptiquesjoints àcette étude compléteront nos renseignements.
Les complications gastro-intestinales du diabète, dans^ lesquelles nous comprenons les congestions du foie, réclameront comme indications spéciales les eaux alcalines, demoyenne intensité préfêrablement ; les bicarbonatées; calciques comme Fougues, voire même quelques sulfureuses, comme Mauhourat qui a une réputation bien établie dans les Pyrénées, contre les dyspepsies atoniques et les gastralgies. L'acidité de la salive et des autres sécrétionssera combattue par les eaux alcalines.
La gravelle, les afl'ections rénales ou vésicales se trouveront bien de Contrexéville, de Yittel, de Capvern, c'està-dire des eaux sulfatées, comme des eaux bicarbonatéesmixtes que nous n'énumérerons pas ici.
L'azoturie exagérée, la phosphaturie réclameront des eaux réparatrices, remontantes, toniques, phosphatées, et en même temps des pratiques balnéaires ou hydrothérapiquesconcourant au même but.
L'albuminurie est une des complications les plus fréquentes du diabète sucré, et par suite une de celles qui ont été le mieux étudiées aux eaux minérales : aussi allons-nous lui consacrer quelques détails. Nous avons vu que, en 1883, le lyC. Laissus avait déclaré que les diabètes albumineux et sucré se trouvaient bien des eaux de Brides, surtout lorsque l'anémie accompagne Taltération nutritive, et qu'il y a besoin d'une médication tonique. En 1888, le D"" Delastre a fait connaître Tobservation curieuse d'un de ses malades soigné à Brides, glycosurique la première saison, et albuminurique Tannée suivante. A l'encontre de ce qui se passe généralement à Royat, d'après le Dr Frédet, il a vu l'albumine disparaître chez son malade à la suite de sa cure thermale et d'un régime approprié, — Pour le D'' Durand- Fardel, cette albuminurie chez les diabétiques tient à une congestion ou irritation momentanée des reins, qui disparaît quelquefois, comme il l'a constaté à Vichy. — M. Danjoy a vu de même à la Bourboule que chez ses malades l'albuminurie était légère et ne paraissait pas aggraver le diabète ; — M. Delfau a observé les mêmes faits à Capvern. — Le 0=^ Duhourcau a présenté aussi au Congrès de Biarritz un travail sur le traitement des diabètes albumineux et sucré à Cauterets. — Dans leur Traité de Valbuminurie, remarquable à tous les points de vue, les D" Lecorché et Talamon conseillent contre le mal de Bright les eaux bicarbonatées sodiques de Vichy, Vais, Royat, Saint-Nectaire; — les eaux bicarbonatées et sulfatées calcaires de Capvern, Vittel, Con- Irexéville, Fougues, Ëvian; — les eaux chlorurées sodiques de Bourbonne, Bourbon-l'Archambault, Bourbon-Lancy, Uriage, Salins, Salies-de-Béarn ; — les eaux ferrugineuses deBussang, Orezza, Forges ; — les eaux sulfatées magnésiennes ; — les eaux dites indifférentes de Néris et de Plombières, — • pour ne parler que de nos eaux de France. Or nous ne trouvons là que des eaux mentionnées également comme fort bonnes à utiliser dans la cure du diabète. C'est dire que, à moins de circonstances aggravantes particulières
dont le médecin est toujours juge en dernier ressort, aucune de ces eaux n'est contre-indiquée lorsque le diabète se complique d'albuminurie.
Au Congrès d'hydrologie de Paris, en 1889, leD^L. Souligoux, en étudiant la question de savoir si l'albuminurie est une contre-indication à l'emploi des eaux de Vichy, a montré que le diabète compliqué d'albuminurie, ce qui ne veut pas dire de mal de Bright, est favorablement influencé par le traitement hydrobalnéaire, quand en réalité cette albuminurie n'est pas un signe de néphrite : pour le professeur Bouchard, il faut, dans la très grande majorité des cas, chercher à l'albuminurie diabétique une explication autre que celle de l'existence d'une lésion rénale surajoutée, et il croit, pour sa part, à un vice plus profond de la nutrition.
Or, dit le D^ Souligoux, du moment que l'action médicatrice des eaux de Vichy, dans le diabète, consiste surtout dans la régularisation des fonctions de nutrition, il doit arriver que lorsque l'on administre ces eaux à doses convenables, modérées, dans les cas de diabète s'accompagnant d'albuminurie, mais sans qu'il y ait des symptômes de néphrite, on verra à la fois le diabète s'améliorer et l'albuminurie diminuer ou disparaître. Deux tableaux d'analyses donnant les dosages respectifs de sucre et d'albumine montrent que les choses se passent bien ainsi.
Le D^ Souligoux se croit donc fondé à prétendre que l'albuminurie chez les diabétiques n'est pas une contreindication formelle à l'emploi des eaux de Vichy, si elle n'est pas accompagnée des symptômes d'une néphrite, et que, lorsqu'elle est simplement l'effet d'un vice de nutrition, selon la théorie de M.Bouchard, loin de s'aggraver, elle diminue presque toujours sous l'influence de la cure thermale alcaline. Il en est de même, ajouterons-nous, avec d'autres eaux, — mais pas quand l'albuminurie s'accompagne d'œdème, de troubles de la vue, de maux de tête, de vomissements, auquel cas le diabétique est en état ou en imminence de cachexie. Bien entendu que dans ces con-
ditions, il faut défendre au diabétique l'usage des eaux alcalines.
Le professeur Albert Robin, qui vient d'exposer à PAcadémie de médecine une étude originale et complète de l'albuminurie en dehors du mal de Bright, albuminurie qu'il appelle fonctionnelle, a recommandé les eaux minérales pour le traitement de ces albuminuries, phosphaturiques simples, neurasthéniques ou pseudo-brightiques, dont il a créé les types. Comme on peut rattachera ces albuminuries fonctionnelles celles qui accompagnent le diabète, nous estimons que les indications de la cure hydrologique données par le savant agrégé s'adressent aussi rationnellement aux diabètes albuminuriques. En conséquence, ceux-ci se trouveront bien d'une cure d'eaux chaudes arsenicales dans la plupart des cas. Mais les diabétiques excitables et artério-scléreux obtiendront de meilleurs effets avec les eaux chaudes faiblement minéralisées, ou avec les eaux chlorurées sodiques. Le traitement doit viser moins l'albuminurie que les troubles bio-chimiques de désassimilation.
Une autre complication qu'on rencontre dans le diabète sucré est l'uricémie, ou excrétion exagérée d'acide urique. Les eaux recommandées contre la gravelle urique, Fougues, Contrexéville, etc., qui sont également bonnes contre le diabète en lui-même, trouveront ici leur emploi. Gigot- Suard avait beaucoup prôné contre l'uricémie, dont il avait fait une excellente étude, les eaux silicatées, et en particulier l'eau silicatée sulfureuse et chaude de Mauhourat, que nous avons vue recommandée, à Cauterets, contre le diabète.
On a signalé encore comme accompagnant quelquefois le diabète, des douleurs d'oreilles, des otalgies, ou des otites particulières, qu'on pourra soigner comme de simples otites catarrhales ou des otalgies diathésiques, aux eaux recommandées dans ces cas, en Auvergne et dans les Pyrénées.
L'abaissement de la température du corps, que l'on observe parfois chez les diabétiques, pourra être l'objet de
quelques indications hydrologiques spéciales, ayant pour but de ranimer la circulation, de relever la chaleur périphérique. Outre l'oxygène, il faudra utiliser ici les eaux remontantes, excitantes, même Teau oxygénée de Neubourg dont nous avons parlé.
Enfin une des plus importantes complications du diabète, -qui relève du traitement hydrominéral, est celle qui porte son action sur la peau. Le professeur Fournier a consacré -une leçon clinique à l'étude des lésions cutanées qui sont sous l'influence du diabète, et que pour ce motif il a appelées rfmôé/irfes, parmi lesquelles il a retrouvé toutes les formes classiques, eczémas, lichens, herpès, simple érythème et un xanthôme spécial ; il n'y a pas à rappeler ici les furoncles et anthrax diabétiques. Le professeur a signalé le traitement heureux de ces complications par les eaux minérales. Chez les diabétiques, les diabétides se trouveront bien des eaux de Royat, comme Ta démontré le D' Fré- •det, ou des eaux de la Bourboule, que Danjoy a vues agir d'une façon remarquable surles accidentsinflammatoires et gangreneux delà peau, chez ses diabétiques. A ceux qui sont en puissance d'un tempérament herpétique, les eaux ■sulfurées pourront mieux convenir.
Nous résumons dans le tableau qui suit tout ce que nous venons de dire au sujet des complications du diabète, et des effets que produit sur elles le traitement hydrologique.
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