‹ Le diabète sucré et son traitement hydrologiqueChapitre 23 sur 49 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Arrivés au terme de cette étude, il nous reste à poser nos conclusions, que nous tâcherons d'émettre en répondant nettement et de notre mieux à la question posée par l'Académie.

1^ Le diabète sucré est une lésion de la nutrition, et dans notre travail nous le considérons comme tel, appuyé sur les opinions de Claude Bernard, de Brouardel, de Jaccoud, de Gubler, de Bouchard, de Péter, de G. Sée. de Dujardin-Baumetz, d'Albert Robin et de la plupart des hydrologues, Durand-Fardel, Frémont, etc., dont les noms ont été cités au cours de ces pages.

2° Comme dans les maladies dépendant d'une lésion de nutrition, la médication hydro-minérale a une action favorable dans le diabète, et elle est nettement indiquée dans son traitement.

3° A notre point de vue, nous acceptons les formes suivantes du diabète sucré :

a. — Un diabète constitutionnel, relevant de l'arthritis, que nous appelons, avec beaucoup d'auteurs, diabète ar Ihritique ;

b. — Un diabète accidentel et passager : (ces deux formes peuvent être rangées sous les dénominations de diabète gras, diabète hépatique de quelques auteurs) ;

c. — Un diabète nerveux, dans lequel Tétat du système nerveux a une part évidente comme cause paihogénélique ;

d. — Un diabète progressif, grave, que Ton peut dire malin, et qui correspond à la forme dite maigre de quelques auteurs, au diabète pancréatique de certains autres.

4° C'est surtout dans les deux premières formes ci- dessus queles eaux minérales ont une action réelle et marquée; c'est donc à ces formes que s'adressent plus particulièrement nos indications.

5° Si nous admettons que les eaux minérales, aidées surtout de pratiques hydrobalnéaires convenablement choisies, puissent aussi agir jusqu'à un certain point sur le diabète nerveux, nous considérons que, jusqu'à ce jour, elles n'ont pas nettement prouvé leur action sur le diabète maigre, ou pancréatique ; nous avons donc eu celui-ci moins en vue dans notre étude.

6° Les choses étant ainsi, et notre travail devant aboutir à poser des indications précises des eaux minérales dans le traitement du diabète sucré, nous dirons :

a. En tête du traitement du diabète arthritique, du diabète gras, du diabète fort, se placent les eaux alcalines de Vichy, de Vais, du Boulon, et leurs similaires, convenant aux diabétiques azoturiques, à oxydations exagérées.

Les anémiques et ceux qui ont leurs oxydations abaissées devront choisir, parmi ces eaux, les bicarbonatées ferrugineuses, et les moins minéralisées de préférence.

b. Après elles, viennent les eaux de Carlsbad et leurs congénères, applicables surtout aux diabétiques obèses, aux azoturiques, à pléthore abdominale marquée.

(A^. B.) — Toutes ces eaux sontcontre-indiquées chez les diabétiques affaiblis, neurasthéniques, et dans la forme du diabète dite maigre ou progressive.

c. Aux diabétiques goutteux, dyspeptiques, conviendront les eaux de Fougues, d'Evian. Ces dernières, avec celles de Sail, de Mauhourat, semblent avoir une action sur quelques diabétiques maigres, à tempérament herpétique.

d. Aux diabétiques arthritiques et goutteux, uricémiques et graveleux, on prescrira Conlrexéville, Viltel, Remoncourt, Capvern, etc. A ceux-ci qui sont plus nerveux, Bagnères-de-Bigorre, Néris, Dax, etc.

e. Aux diabétiques arthritiques, à oxydations abaissées, polydipsiques, on conseillera Evian, le Neubourg, et quelques eaux qui vont suivre.

f. Aux anémiques, fatigués, au début de la cachexie, — les eaux ferrugineuses légèrement alcalines, — ou les eaux arsenicales de la Bourboule, de Royat.

Quelques diabétiques maigres pourront bien se trouver de Royat ou d'Ems.

^. Aux arthritiques affaiblis, à nutrition lente, à oxydations abaissées, de tempérament lymphatique ou scrofuleux, conviendront les eaux chlorurées sodiquos telles que Brides, Chatelguyon, etc.. dont le choix est considérable, ou les chlorurées sodiques sulfureuses, comme Uriage.

h. Pour les diabétiques arthritiques, congestifs, à manifestations broncho-pulmonaires avec dénutrition, au début ou peu avancées, avec affaiblissement, il faudra préférer le Mont-Dore, la Bourboule, etc.

i. A ceux chez qui domine le catarrhe, l'atonie, on conseillera les eaux sulfureuses, comme Saint-Honoré ; s'il y a des troubles dyspeptiques ou gastralgiques, on préférera Mauhourat, de Cauterets.

j. Aux diabétiques herpétiques, c'est cette dernière station, ou ses voisines de Saint-Sauveur, Luchon, etc., qu'il faudra conseiller de préférence. En Espagne, Mondariz et Marmolejo semblent leur convenir.

7° Faisant pour ainsi dire la contre-parlie de ces énumérations, au complément desquelles notre troisième tableau pourra servir, nous dirons :

a. Les eaux bicarbonatées sodiques de Vichy, Vais, le Boulon, etc., conviennent surtout aux diabétiques arthritiques, gras, forts, azoturiques, au début surtout ; — les eaux

de Carslbad, etc., aux mêmes, avec pléthore abdominale, avec dyspepsie et catarrhe gastro-intestinal.

b. Les eaux de Royat, la Bourboule, Chatelguyon. Ems, s'adressent de préférence aux diabétiques arthritiques, non azoturiques, faibles, aux diabètes passagers et nerveux.

c. Les eaux de Fougues, Evian, etc., aux diabétiques arthritiques, anémiés, dyspeptiques.

d. Les eaux de Contrexéville, Vittel, Capvern, aux diabétiques arthritiques, goutteux et graveleux.

e. Les eaux du Mont-Dore, aux diabétiques arthritiques, à manifestations pulmonaires congestives, avec menaces de tuberculose. Ems et Royat peuvent également bien convenir.

/. Les eaux de Saint-Honoré, aux diabétiques arthritiques non congestifs, torpides, à manifestations pulmonaires catarrhales.

g. Les eaux de Cauterets, aux mêmes, et en plus aux dyspeptiques et aux herpétiques.

h. Les eaux silicatées simples de Sait, d'Evian, les silicatées sulfureuses de Mauhourat peuvent donner des résultats dans quelques cas de diabète maigre, malin et progressif.

Nous arrêtons là ce détail déjà long, renvoyant, pour plus de renseignements, à nos deux tableaux où nous avons dressé le parallèle, la comparaison des indications des eaux minérales dans le traitement du diabète sucré.

Pour terminer, nous résumons de même ici les indications des eaux minérales de l'étranger que nous avons le mieux étudiées, c'est-à-dire celles de la péninsule ibérique, notre première voisine:

1° Aux diabétiques gras^ à face vermeille, forts, congestifs, conviennent les eaux de Mondariz ou Marmolejo, en Espagne, — les eaux de Pedras Salgadas, Vidago, en Portugal, — ou bien les eaux lithinées de Felgueira, — les eaux siliceuses de Caldellas, Gérez, etc.

2° Les anémiques devront choisir, parmi elles, les plus ferrugineuses et hyposalines.

3° Les dyspeptiques useront des bicarbonatées sodiques gazeuses.

¥ Les lymphatiques, des chlorurées, — etles scrofuleux, des mêmes, en les faisant suivre d'une saison complémentaire au bord de la mer.

5° Contre Tazoturie exagérée, le D"" A. L. Lopes conseille les eaux chloro-bicarbonatées sodiques, telles que Luzo, AguasSanlas, etc.

En finissant, nous constatons avec satisfaction que la France est le pays où se remcontre la gamme la plus complète et la plus variée des eaux minérales qui ont été conseillées, jusqu^à ce jour, contre le diabète sucré.

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