XVI PRÉFACE
métallifères, que le système nerveux se remonte aussi et que les diabétiques envoyés dans les hautes régions des montagnes peuvent revenir fortement améliorés ou quelquefois guéris.
Dans son énumération des eaux favorables à la guérison du diabète, M. Duhourcau parle des eaux arsenicales d'Auvergne, dont il proclame, avec les confrères qui ont écrit sur ces sources, les bons effets dans le traitement de la maladie qui nous occupe. Sans doute, l'arsenic est, nous le reconnaissons, un grand modificateur de l'organisme ; mais à côté de l'arsenic, il y a dans les eaux d'Auvergne une quantité relativement très considérable de métaux d'une activité physiologique et thérapeutique incontestable. La plupart des eaux antidiabétiques citées par M. Duhourcau en contiennent aussi, quelquefois même en quantité très sérieuse.
Et c'est parce qu'on ignore ces faits volontairement (car depui s plus de 2o ans on est resté sourd aux résultats des analyses consciencieuses et très délicates qui les ont mis au jour,) que l'hydrologie médicale a piétiné sur place, et a empêché, par l'insouciance de tous, de voir le triomphe éclatant et expliqué de sa puissance curative dans le traitement des maladies chroniques, au nombre desquelles la glucosurie occupe une si large place.
C'est le mercantilisme, aidé de tous ses moyens d'action, qui a présidé jusqu'à ce jour, chez trop de médecins, à l'application des eaux minérales. C'est la direction scientifique et l'instruction profonde qui doivent faire oublier, à l'avenir, ce triste écart de la ligne droite et des exigences de notre dignité professionnelle, en mettant l'hydrologie médicale à Fabri des attaques dont
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elle a été l'objet à notre époque, plus encore qu'à toute autre.
Comme complément indispensable à son excellent traité du diabète et de sa médication hydropathique, M. Duhourcau accompagne son exposé des indications et contre-indications du traitement. C'était là une chose utile àtous, aux médecins des grandes villes surtout, qui ignorent généralement les détails intimes de chaque groupe de sources.
L'ouvrage se termine parmi appendice chimique sur les urines diabétiques. Excellent exemple à donner à ceux qui veulent consciencieusement suivre les malades dans chaque station thermale, et publier ensuite des observations médicales et des conclusions pratiques dignes de foi.
Le travail du D"" Duhourcau sur le diabète, et ses autres publications relatives aux eaux minérales et à leur usage, marqués au sceau de la science et du bon sens médical, n'auront pas peu contribué à maintenir l'hydrologie française au niveau auquel tous les médecins hydropathes, aimant réellement leur pays, doivent ambitionner de la voir s'élever.
Le côté pratique de l'ouvrage est indiscutable.
Toulouse, /e 10 mars 1898.
D"^ F. Garrigou.