‹ Le diabète sucréChapitre 18 sur 654 · SANSON · texte numérisé non relu

SANSON

deur delà lutte, Figuier prétendit que c était « une singulière illusion de croire que l’on peut débarrasser de tout son glvcose le foie d’un animal par un simple courant d’eau 1 », attendu que, même après trois quarts d'heure de lavage, cet organe « convenablement examiné renferme encore une trace de gl vcose, et que, si on l’en débarrasse rigoureusement par un lavage méthodique et prolongé, il ne se charge pas ultérieurement de sucre. Cette expérience, dit-il, a été répétée plusieurs fois avec le foie de cheval - ». En conséquence il persiste à considérer l’organe hépatique comme un simple dépôt où est retenu le sucre introduit dans l’économie. .

Dans un autre mémoire publié peu après, le même physiologiste 1 établit que le sang de la grande circulation, comme celui de la veine porte, renferme une substance qui réduit le réactif cupro-polassique, n’est pas précipitée par le sous-acétate de plomb, et fermente, après ébullition en présence d’un acide, et il soutient l’hypothèse, séduisante d’ailleurs, qu’il existe dans les différents organes divers principesde la nature du sucre, qui subissent certaines transformations, et peuvent former du sucre fermentescible.

Sanson chef des travaux à l'école vétérinaire de Toulouse, allirmuit de son côté et avec raison, que la viande de boucherie, comme celle du cheval, renferme toujours de la dextrine végétale ou matière glycogène, et qu’en conséquence Cl. Bernard

I. Figuier. Expériences qui prouvent qu’il ne se forme point de sucre après la mort dans le foie des animaux [Gazette hebd.. 1857,

2 Figuier dit (p. 418) avoir reconnu que le cheval est un des animaux dont le foie est le moins sucré; il ne s’est donc pas mis dans les conditions les plus favorables pour reproduire le résultat annoncé par Cl. Bernard.

3. L. Figuier. Nouveaux faits et considérations nouvelles contre l'existence de la fonction glycogénique du foie [Gazette hebdom., 1857. p. 577 et 608).

4. Sanson. Origine du sucre dans l'économie animale [C. H. de l'Acad. des Sciences, 1857, t. XLIV, p. 1150 et 1323 et XLV), p. 343 et Journal de la physiologie de B.-S., 1858, I. p. 244 et 1859, 11, p. 104.

HISTORIQUE

était mal fondé à prétendre que les chiens au régime de la viande ne recevaient pas d'hydrates de carbone dans leur alimentation. D’après le même expérimentateur il existe certainement de la dextrine dans le sang de la circulation générale (et aussi dans celui de la veine porte d’un chien nourri de viande ’).

En résumé, pour Sanson, « s’il est vrai que l’économie animale peut donner naissance à du sucre, elle ne jouit pas de la propriété de produire le principe amylacé d’où il provient, et celle propriété demeure l’apanage de l’économie végétale. Les végétaux créent ce principe; les animaux le transforment et le détruisent ».

En face de cette opposition, Cl. Bernard s affirmait « que la matière glycogène se rencontre exclusivement dans le foie, sans qu’aucun autre organe en présente la moindre trace ». A cet égard il était dansl’erreur, etlui-méme peu après s’exprimait de la manière suivante:

« Il existe, dans le placenta des mammifères, une fonction qui jusqu’ici était restée inconnue, cl qui coïncide avec l’absence de la fonction glycogénique du foie pendant les premiers temps de la vie embryonnaire. Cette fonction temporaire est localisée dans un élément anatomique transitoire, glandulaire ou épithélial du placenta. Cet organe hépatique temporaire, en permettant d’étudier directement dans un élément anatomique isolé la production de la matière glycogène, confirme et complète, par un exemple nouveau, ce que j’ai dit depuis longtemps, que la formation de la matière amylacée glycogène est une faculté commune aux règnes animal et végétal1 2 3. »

1. Tandis que Figuier n'en démontrait l’existence qu’en faisant bouillir l’extrait du sang, en présence d’un acide, Sanson vit que cette substance, qu’il a considérée à tort comme de la dextrine, se transforme spontanément en glycose, au bout de quelques heures d’exposition du sang à l’air. 11 a entrevu le dégagement de sucre aux dépens de ce que j’ai nommé plus tard : sucre virtuel.

2. Cl. Bernard. Remarques sur la formation de la matière glycogène (C. II. de l'Acad. des Sciences, 29 juin 1857, et Gaz. hebd., p. 480).

3. Cl. Bernard. Sur une nouvelle fonction du placenta ( Journal de la physiologie de B. -S., 1859, t. Il, p. 31'.

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