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el d’un taureau nourris exclusivement de viande, prétendait que ce sucre se forme dans F intestin aux dépens de matières albuminoïdes. Cette conclusion lui paraissait légitimée par le fait généralement admis, par Cl. Bernard tout le premier, qu'il n’y avait pas de sucre dans le sang de la grande circulation, sinon dans les heures qui suivent l'ingestion d’hydratesde carbone. Le sucre du chyle chez les carnivores ne pouvait donc venir du sang. On comprend dès lors la portée des recherches de Chauveau, alors chef de service à l’école vétérinaire de Lyon1 :
De dosages de sucre faits dans le sérum, cet expérimentateur concluait :
1° Que pendant l’abstinence, môme prolongée, le sucre ne disparait pas dans le sang des vaisseaux de la grande circulation;
2° Que le sang des veines sus-hépatiques est le plus sucré;
Que la lymphe est sucrée, même après une longue abstinence;
4° Que le sucre de la lymphe ne provient pas des tissus ; car on ne trouve pas de sucre dans les tissus, sauf dans celui du foie;
o° Que le sang des veines de la grande circulation est un peu moins sucré que celui des artères; qu’une partie du sucre du sang artériel filtre dans les vaisseaux lymphatiques, et que l’autre « subit une métamorphose dont la nature reste à prouver ».
Dans une communication ultérieure Chauveau montra que l’injection de glycose dans le sang augmente considérablement le sucre de la lymphe*.
I. Chauveau. Nouvelles recherches sur la fonction glycogénique ((’. H. (le l Acad, des Sciences, 19 niai 1856). Si I on veut apprécier la valeur absolue des chiffres de Chauveau il faut savoir (ce qu’on ignorait alors) : lu que 100 centimètres cubes de sérum renferment plus de sucre que 100 centimètres cubes du sang qui a fourni le sérum, attendu que le plasma renferme plus de sucre que les globules ; *2"qu il se perd une notable quantité de sucre pendant la coagulation spontanée du sang, même si elle a lieu à la glacière.
2 Chauveau. Lettre à l'Académie de médecine, 2 juin 1857. — Béraro admettait la formation du sucre dans les reins (Gazette hebd., 1857. p. 345).
Lépike.
HISTORIQUE
Découverte de la matière glycogène. — La découverte de la « matière glycogène » vint donner un nouvel essor à la doctrine de la glycogénie hépatique.
Depuis I H. Cl. Bernard avait remarqué que « la décoction du tissu hépatique chez un animal nourri de matières féculentes et sucrées présente toujours une apparence lactescente, émulsivc1 ». 11 ignorait d’ailleurs la nature decel te matière. Hensen, alors étudiant à Wiirzburg, eut l’idée de la traiter par de la salive et du suc pancréatique, et constata qu’elle produit du sucre 2 Sans connaître cette importante observation, Cl. Bernard 3 arrivait de son côté à l’isoler et à déterminer sa nature.
On prend, dit-il, le foie encore chaud d’un chien nourri de viande et on le divise en tranches minces qu’on jette dans l’eau bouillante. On brise ensuite dans un mortier ces morceaux de foie coagulé, et on fait cuire trois quarts d’heure celte bouillie dans une quantité d’eau juste suffisante pour la baigner. On l’exprime ensuite, et on additionne le liquide de décoction, de 4 volumes d alcool à 40°. 11 se forme un précipité blanc opalin floconneux. Ce précipité recueilli sur un filtre est lavé à l'alcool. Il reste une matière blanc grisâtre que je nomme matière glycogène, et qui a la propriété de se redissoudre dans l’eau, à laquelle elle donne une teinte opaline, et d’être de nouveau précipitée par l’alcool concentré. Pour la purifier, ou la fait bouillir dans une dissolution de potasse caustique 4.
La preuve palpable de la glycogénie hépatique (tout au moins post niortem ) était ainsi fournie ù tout juge impartial; mais elle ne suffit pas aux adversaires de Cl. Bernard. Entraîné par l’ar-
1. Cl. Bernard. Leçons de physiologie expèr., 1855, 13 janvier.
2. Hensen. Verhandlungen der phys. med. Gesellschaft zu Würzburg , 18 j uli 1856, t. VII, ]). 219, et Virchow’ s Archiu., t. XI.
3. Cl. Bernard. Sur le mécanisme physiologique de la formation du sucre dans le foie ( C . R. de l'Acad. des Sciences, 16 mars 1857).
4. Voir aussi E. Pelouze. Sur la matière glycogène (C. II. de l'Acad. des Sciences, 29 juin 1857) et A. Kékulé. Pharmaceut. Central b. , 1858, p. 3oo Un peu plus tard Berthelot et de l,uca montrèrent que le sucre provenant du glycogène est identique avec le glycose (C. R. de l' Académie des Sciences, lur août 1859).