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TOXICITÉ DF. FORTES DOSES DE SUCRE

Quelques expérimentateurs, notamment Paul Bert, et après lui Vaughan Harley, ont signalé les accidents produits par l'injection intra-veineuse de très fortes doses de glycose (environ 10 grammes par kilogramme) chez des chiens dont les uretères étaient liés. Je pourrais rapporter ici un certain nombre d’expériences personnelles du même genre, mais je m’en abstiens, parce que ces expériences n’ont aucun rapport direct avec le diabète.

Mais si les uretères sont libres, et si l’injection est faite assez lentement, on peut faire pénétrer, sans amener la mort, une proportion de sucre très forte : Hédon et Arrous* ont injecté dans la veine marginale de l'oreille, chez des lapins, une solution de divers sucres à 2b p. 1ÜU à la vitesse de G à 8 centimètres cubes par minute. Dans ces conditions, l'introduction de 45 grammes de glycose ou de saccharose par kilogramme n’est suivie d’aucun accident toxique. Le lévulose aurait une toxicité un peu plus forte : l’injection de 14 à 15 grammes par kilogramme est, disent-ils, suivie de la mort de l’animal en quelques heures.

Le sucre interverti, fait inexpliqué, amène la mort immédiate à la dose de 8 à 10 grammes par kilogramme. 11 en est de même d’un mélange de glycose et de lévulose, à parties égales, ce qui prouve que la toxicité du sucre interverti provient bien du mélange de glycose et de lévulose (et non d’une substance toxique qui se serait produite pendant l’inversion). Enfin, si l’on ajoute du sucre de canne à la solution de sucre interverti la

t. Vaughan Harlby. l’eber den pliysiologischen Abbau des Traubenzuckers. ( Archiv fûr Anat. und Physiolog., 1893, Suppl. Bd.

2. Arrous. (C. H. de la Société de Biologie, 1898, 7 mai). — Arrous. [Thèse de Montpellier, 190U, p. 35).

HYPERGLYCÉMIE

toxicité de ce dernier est diminuée. Il ne faut pas trop s’étonner de ces singuliers résultats; la toxicologie nous fait connaître (les faits de même ordre : l’addition de divers produits toxiques peut donner une toxicité supérieure à la somme des toxicités partielles. Il n’en est pas moins curieux de constater de telles différences de toxicité entre des substances qui ne paraissent différer que par des caractères stéréochimiques.

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