‹ Le diabète sucréChapitre 216 sur 654 · C. LÉVL’LOSURIE alimentaire · texte numérisé non relu

C. LÉVL’LOSURIE alimentaire

On a dit qu’en général le lévulose est mieux assimilé (pie le glycose par un sujet sain. Mais il est impossible d'accepter sans réserves celte assertion. Le chien, qui mange de la soupe et qui est par conséquent habitué au glycose, tandis qu’il a peu d’occasions d’absorber du lévulose, devient facilement glycurique après l’ingestion dece dernier sucre L Si l’homme le tolère bien,

t. biiEi i. lui-même dit cependant (Archiv fur Path. et Pliarmak., 1899. XL. p. 28' qu'une abondante ingestion d'amidon fait monter à 2 p. 1.000 le sucre normal de l’urine.

2. Miura. Beitrâge zur alim Glykosurie. ( Zeitschrift fiir Biologie, 1895, \X.\U. p. 281) Il n'est pas impossible qu’une influence de race ait chez lui. joué un rôle.

3. Maphael. I ntersuchungen über aliment. Glykosurie. Zeitschrift f. kl. Med., 1899, XXXVII, p. 19). — .1 Strauss. Aliment, spont., und diabet. Glykosurien. ( Zeitschrift f. kl. Med., 1900, XXXIX. p. 220, etc.). — Schôndofk (Pflueijer's Archiv, CXXI, p. 386 a noté de la glycosurie chez deux soldats qui, enfermés à la caserne, n'avaient eu pour touLc alimentation qu'un kilogramme de pain et de l'eau.

i. D'après Schlesinger. ( Wiener rtied. Woch. 1902, p. 769), un petit

LKS GLYCURIES

c’est qu’il y est adapté par l'usage du saccharose, ou plutôt (car le processus paraît complexe), c’est parce que son foie a contracté l’habitude de transformer le lévulose en glycose.

J. Strauss et Sachs 1 ont observé que des grenouilles privées de foie deviennent lévulosuriques si on leur injecte dans le sac lymphatique une certaine quantité de lévulose, tandis qu’elles tolèrent bien l’injection de la même quantité de glycose. Ce fait prouve que le lévulose a besoin d’étre transformé par le foie.

Ce n’est pas seulement chez la grenouille que l’intervention du foie est nécessaire : l’homme dont le foie est malade, tolère mal le lévulose. Aussi Strauss 2 a-t-il proposé de faire l’épreuve de l’état fonctionnel de cet organe avec ce sucre. Ferrannini 3 et surtout Landsberg* font h cet égard des réserves6.

A une femme de cinquante-trois ans présentant un ictère intense dû à une obstruction du cholédoque8, j’ai fait plusieurs fois ingérer, le matin, 100 grammes de glycose pur, dans un demi-litre de tisane ; jamais elle n’a eu de glycosurie consécutive. Je puis affirmer le fait, car la malade ne quittait pas son

chien de b kilogr. assimilerait 50 grammes de glycose, chiffre plus fort que celui d’IIoFMEisTER (voir l’historique, p. 44) et deviendrait lévulosurique après 20 grammes de lévulose.

1. Saciis. ( Zeitschrift fur klinische Medicin, 1899, XXXVIII).

2. Siuuss. Zur Funktions-prüfung der Leber. [Deutsche med. Wochensch., 1901, n° 44.

3. Ferrannini. ( Centralblatt fiir innere Medicin, 1902, n° 37).

4. G. Landsberu. Zur Frage der alim. Levulosurie. ( Deutsche med. Wochcnsch, 1903, 0 aug., p. b63).

5. Voir encore : Crisafi. Clinique infantile de Mva. ( Clinica Mcdica, 1903). — Chajes. Clinique de Senator. ( Deutsche med. Woch., 1904, n° 19). — Chutante. ( Gazetta internaz. di medicina, 1903). — de Rossi. [Riforma, 1904). — II. Strauss. (XX/ Congressfür innere Med.). — V. IIala’sz. ( Wiener klin. Wochcnsch, 1908, n° 2). — Sabatowski. (W iener klin. Woch., 1908, p. 794.)

G. On percevait facilement à l’épigastre une tumeur de consistance ligneuse. Le diagnostic clinique avait été : cancer hépatique avec oblitération complète du cholédoque ; il a été vérifié à l'autopsie. — L’anatomie pathologique de ce cas a été rapportée par Devic et Gallavardin. ( Revue de médecine, 1901, p. b62.)

LEVULOSÜRIE ALIMENTAIRE

lit et toutes ses urines étaient exactement recueillies. Je lui ai fait alors ingérer, un jour, un demi-litre de liquide renfermant 80 grammes de lévulose et 20 grammes de glycose : consécutivement il y a eu une lévulosurie très nette ; plusieurs grammes de lévulose ont été éliminés. Quelques jours plus tard je lui ai administré, toujours dans un demi-litre de liquide, 150 grammes de glvcose ; pas de glycosurie ; et, quelques jours après, la malade étant devenue de plus en plus cachectique, encore 150 grammes de glycose; pas de glycosurie. Deux jours plus tard elle succombait. A l’autopsie, le foie était très ictérique.

Ainsi, chez une malade profondément cachectique et dont le foie était en grande partie privé de ses fonctions, 80 grammes de lévulose ont provoqué une lévulosurie, tandis que 150 grammes de glycose n’ont pas amené de glycosurie.

Bruining1 a vu, dans un cas de cirrhose hépatique, que l'ingestion de lévulose était suivie de lévulosurie, tandis que l’ingestion de glycose ne provoquait pas de glycosurie; mais, fait paradoxal, il a cru voir que l’ingestion de 150 grammes de saccharose amenait une glycosurie. Schlesinger3 cite le cas d’un ictérique qui, après l’ingestion de 100 grammes de lévulose eut d’abord de la lévulosurie, puis de la lévulosurie avec de la glycosurie, enfin de la glycosurie seule pendant deux jours.

Dans deux cas d’acromégalie, 100 grammes de lévulose ont amené d'abord de la lévulosurie, puis de la glycosurie. 11 ne faut pas trop s’arrêter à ces anomalies : les processus dans l’organisme sont plus complexes qu i/i vitro.

En résumé, sauf quelques exceptions, on peut dire que la lévulosurie est un assez bon signe d’insuffisance fonctionnelle du foie. Mais il faut bien savoir que la lévulosurie alimentaire a été observée chez des sujets dont le foie paraissait normal3.

‘ 1. Bruining. Zur Frage der alimentaren Glykosurie bei Leberkran ken. ( Berliner kl. Wochensch., 1902, p. 587. n° 25).

2. W. Schlesinger. (Wiener klinische Wochenschrift, 1902, p. 772).

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