Morisson. (E linburgh mcd. Journal, 1878. mars, p. 80i
2. Liouville. (C\ R. delà Société de Biologie . 1893. p. 18(5).
3. Voir IIictiiNS et Ogdkx. ( Boston City Hospital Reports. 1895). — IIorciiard. l'eber das Auftreten und die Ursache von Glykosurie, Cylind ru rie nach schweren Schüdetverletzungen. ( Wiener mcd. Blâtter, 1903, n° 2).
LES GLYCÜRIES
On sait, depuis les travaux de Duret, qu'une forte commotion cérébrale produit des lésions dans le quatrième ventricule1. Ces lésions, bien rarement observées chez l’homme (car la commotion cérébrale n’est pas habituellement suivie de mort), semblent capables de provoquer une glycosurie (temporaire) ; mais celle-ci n'est que fort rarement signalée dans les observations de commotion cérébrale, probablement parce qu’on n’a pas souvent la possibilité d'examiner la première urine émise après le traumatisme.
Une grosse hémorragie du corps strié amène l’irruption d’une certaine quantité de sang dans les ventricules, et réalise ainsi, en partie, le mécanisme invoqué par Duret. Mais, probablement parce que dans ce cas l'hypertension intra- ventriculaire n’est pas brusque , on n’observe guère de lésion du plancher; et, cependant, la glycosurie a été constatée dans tous — ou presque tous — les cas d’inondation ventriculaire où l'on a pu examiner la première urine. J’ai vu moi-mème plusieurs cas de ce genre. En voici un, comme exemple :
Un homme de stature athlétique meurt à ma clinique deux heures seulement après une attaque apoplectique. Son urine, retirée de la vessie avant la mort, était très pâle et renfermait, par litre : urée, 5 grammes; albumine, 2 grammes; sucre, 8 grammes. Comme les indications données par la liqueur de Fehling et par le polarimèlre étaient parfaitement concordantes, il est certain que ce sucre était du glycose.
A l'autopsie , hémorrhagie cérébrale, ayant, en partie, détruit le corps opto-strié du côté droit et envahi les quatre ventricules. Les reins étaient, microscopiquement, sains.
Dans les inondations ventriculaires, la glycosurie est, en général, très faible. Cependant, il y avait 8 grammes par litre d'urine, dans le cas que je viens de citer, et Bouveret, quelques heures après une attaque, en a trouvé 10 grammes2. Robin et
1. Duret. Etude expérimentale sur les traumatismes cérébraux. [Thèse de Paris . 1878}.
2. Bouveret. Hématome du nerf optique, (/leu. de Mëdec., 1895, p. *637).
LÉSIONS PROT UBÊRANTIELLES
Kuss1 2, également dans un cas où l'inondation des quatre ventricules est considérable1, ont dosé au polarimètre la même quantité de sucre (10 grammes).
Certains sujets atteints de lésions cérébrales ont, comme on sait, des attaques apoplectiformes ou épileptiformes sans lésions nouvelles. Dans ce cas, il ne se produit pas de glycosurie. Celle-ci me parait donc un signe positif de lésion récente.
D'après mon observation, les lésions de la protubérance qui n’intéressent pas le plancher du ventricule ne sont que fort rarement suivies de glycosuries chez le chien. Le lapin se comporte, peut-être, différemment ù cet égard : Becker prétend l’avoir observée plusieurs fois chez cet animal, dans des cas où « l’aiguille avait pénétréau niveau des tubercules quadrijumeaux antérieurs et postérieurs, dans l’intervalle des pédoncules cérébelleux postérieurs • ».
Chez l’homme, les bonnes observations de lésion protubérantielle, avec glycosurie, sont des plus rares.
Un malade de mon service, âgé de soixante-six ans, a été frappé d’une hémiplégie gauche, totale avec plosis de la paupière supérieure gauche et déviation de la pointe de la langue à droite. Voici les résultats de l’examen de l'urine dès le lendemain de l’attaque :
U rée Sucre Kap|>ort du sucre
par litre. par litre. à I urée.
8 avril matin 10 16.6 1,66
8 — soir 20 25 1,25
9 — matin 22,5 24 1,07
12 — — 25 trace.
Ainsi, par rapport à I urée, le sucre a été sans cesse en proportion décroissante. A lautopsie, laite quelques jours plus tard,
1. A. Robin et Kess. Apoplexie cérébrale et glycosurie. La Médecine moderne. 31 juillet 1897).
2. Becker. Ueber das Verhalten des Zuckers beim thierischen Stoffwechsel. ( Zeitschrift fur uissenschaftliche Zoolojic, 1854, V, p. 172-
LES GLYCURIES
j ai trouvé un ramollissement du côté droit de la protubérance, peu apparent extérieurement, mais très étendu dans la profondeur. L’artère basilaire était très athéromateuse.
Voici un autre cas également de ma clinique :
Un homme de soixante-cinq ans est apporté en état de coma, peu d heures après une attaque d'apoplexie. Il meurt le soir. L’urine renferme p. 1.000 1 1 gr. 2 d’urée et environ 40 grammes de sucre (le polarimètre donne 39 et la réduction 41). C’est donc 3,o de sucre pour 1 d’urée, proportion forte.
A l’autopsie, énorme hémorrhagie occupant près de la moitié de la protubérance. Les faisceaux pyramidaux sont relativement intacts. C'est la moitié supérieure de la protubérance qui est surtout détruite. Une large perforation du plancher fait communiquer le foyer avec le 4° ventricule qui est rempli de sang. Le pancréas est très congestionné, mais l’examen histologique ne montre pas de lésions notables.
Mais dans un cas, vu l’intensité de la glycosurie, on doit se demander si ce malade n’était pas diabétique avant l’attaque1 2.
11 n’est pas impossible que de minimes lésions, ou môme de simples troubles fonctionnels - de la région bulbo-prolubérantielle, produisent de la glycosurie.