‹ Le diabète sucréChapitre 30 sur 654 · VI. — a la graisse · texte numérisé non relu

VI. — a la graisse

Ainsi, d'après Seegen, il existerait toujours dans le sang des veines sus-hépatiques une forte augmentation de la proportion de sucre. Celle augmentation est assez extraordinaire chez les chiens des séries III et IV; car, chez ces animaux, en raison de

t. Seegen. Ueber Zucker im Blute, mit Rücksicht aui Ernàhrung [P/tueger's Archiv, 1885. t. XXXYU, p. 348; el 1886, t. XXXIX, p. 121).

2. Je reproduis ces chiffres, comme documents historiques, en remarquant, qu'ils n’ont, d'une manière absolue, pas plus de valeur que ceux de Cl. Bernard.

Lépine.

HISTORIQUE

leur alimentation sucrée, la proportion de sucre dans la veine porte était déjà fort élevée (surtout dans la série IV), et on aurait pu s’attendre à ce que le foie retînt du sucre, loin d'en ajouter à un sang déjà surchargé. De tels résultats sont de nature à faire penser que les chiffres relatifs aux veines sus-hépatiques sont moins dignes de confiance que les autres, et en effet, quelle que soit la méthode employée, il est impossible que l'intervention opératoire n'augmente pas la proportion de sucre dans les veines sus-hépatiques1.

Quoi qu'il en soit de cette question délicate, sur laquelle nous aurons à revenir, Scegen a confirmé la réalité de la glycogénie hépatique. Mais, au lieu de l’expliquer, comme Cl. Bernard, par l’hydrolysation du glycogène, il a émis l’hypothèse qu’elle était due à une production de sucre au dépens des matières albuminoïdes2. H est inutile de reproduire ici les considérations quiontamené Scegen à modifier la doctrine de son devancier3. Qu’il me suffise de rappeler qu’ayant dosé, à différents moments pendant une période de vingt-quatre heures, le glycogène et le sucre de foie laissé in vitro, à la température du laboratoire, il crut constater, dans les premières heures, la constance du chiffre de glycogène, malgré l’augmentation de celui il u sucre4.

1. Pklueger Archiv far die gesammte Physiologie, 1891, t. L, p. 397), a surtout incriminé l'ouverture de l’abdomen. D’autres, les mouvements de l’animal sur la planche. Mais Seegen ( Centralblatt fiir Physiologie, 20 mars, 1897), dit avoir dosé 38*, 17 de sucre dans le sang des veines sus-hépatiques d’un chien calme, le sang de 1 artère renfermant Ib‘,73. — Bi.no (Skandin. Archiv far Physiologie,. 1899, l. IX) accuse avec raison les procédés employés pour recueillir le sang des veines sushépatiques de produire une stase pendant laquelle le sang se charge de sucre.

2. Colin. (Recueil de méd. vétér., 1864) et Griesingeh (Archiv fiir phys. lleiltiundc, 1859) avaient déjà supposé que le sucre peut provenir des matières albuminoïdes.

3. Une d’elles est que le glycogène au contact du suc pancréatique se transformerait en maltose, tandis que le sucre produit dans le foie est du glycose.

Page 1