LE PANCREAS CHEZ LE CHIEN
ques-uns depuis vingt-quatre heures). Avant ce jeûne préopératoire, ils avaient été nourris avec delà viande de cheval, en quantité sulïisante pour qu’ils eussent dû conserver leur poids; et cependant un certain nombrede cesanimaux, au bout de quelques jours de ce régime, avaient perdu quelques centaines de grammes, probablement cause de l’état de captivité où ils se trouvaient, dans un sous-sol insuffisamment aéré. Ajoutons que beaucoup d’entre eux étaient vieux, ce qui est une condition défavorable pour une bonne nutrition
Ces fâcheuses conditions — et d’autres circonstances — m’empêchaient de conserver ces animaux. Leur survie n’était d'ailleurs pas indispensable, Minko\vski,Hédon,Sandmeyer, etc., nous ayant bien fait connaître la marche du diabète chronique, consécutif à l'ablation du pancréas. En conséquence, je me suis borné ù observer — et je l’ai fait aussi minutieusement que possible — le diabète des premières heures.
J'ai toujours pratiqué l’opération en une fois, et je l’ai toujours faite complète , sauf dans quelques cas, où j’ai volontairement laissé certaines portions de la glande dans l’abdomen. Cette ablation complète n’est d’ailleurs pas difficile, si, pour simplifier l’opération on lie l’artère pancréatico-duodénale, ce qui entraîne presque fatalement la gangrène du duodénum et la mort ù brève échéance.
On peut considérer le pancréas chez le chien comme constitué par 3 portions:
1° La principale, intimement unie au duodénum par 2 canaux excréteurs1, dont 1 inférieur (canal de "NYirsung) est de beaucoup le plus considérable, et par de nombreux vaisseaux. A l’union de ces deux portions se trouvent l’artère et la veine pancréatico-duodénale, qui sont les principaux vaisseaux du pancréas.
2° La portion gastro-splénique dont l’extrémité s’enfonce pro-
t 11 en existe même, parfois, un troisième.
fondement et 3° la portion descendante qui se sépare du duodénum au-dessous du canalde YYirsung et qui reçoit par son extrémité libre un pédicule vasculaire. — En détachant du duodénum la première portion, il faut veiller à ne pas laisser de grains glandulaires adhérents à l’intestin, et, en arrachant la deuxième portion (plongeante) on prendra garde à l’hémorragie par les petites veines qui se jettent dans la veine porte ; si on les rompt près de leur embouchure, le sang de la veine porte s’épanche dans le ventre et l'animal peut mourir en peu d'heures.
Après l’opération, mes animaux ont été laissés à l’inanition absolue jusqu’à leur mort, qui, chez la plupart, est survenue avant la quarantième heure. Quelques-uns ont eu de l’eau à leur disposition; mais, le plus souvent ils l'ont vomie, ce qui n’est pas étonnant, les chiens, comme on sait, vomissant avec une grande facilité.