VARIATIONS DE LA GLYCOSURIE
Injection de macération de pancréas frais. — Elle est, d’après mes expériences, à peu près inefficace. C’est aussi ce que dit llédon. — Gley dans un cas qu’il a soigneusement étudié, n’a pas vu qu’elle agit mieux, en injection intra-péritonéale. Hugounenq et Doyon-, par l’injection d'extraits pancréatiques divers n’ont constaté aucune diminution de la glycosurie. Les résultats négatifs obtenus par différents expérimentateurs ne laissent donc aucun doute sur l'insuffisance de l’opothérapie pancréatique chez le chien dépancréaté.
Injection intra-veineuse de suc de levure — J’ai préparé du suc de levure par le procédé indique par Buchner, c’est-àdire en le broyant avec du sable, et en le soumettant à une forte pression obtenue par une presse hydraulique. On sait, palmes recherches antérieures faites avec la collaboration de Martz , qu’à la dose d’un demi-centimètre cube par kilogramme, ce suc frais injecté dans les veines d'un chien n’est pas toxique ; qu’il a produit, le plus souvent, une hyperglycémie transitoire, bientôt suivie d’une hypoglycémie progressive qui dure plusieurs heures et qui parait en raison inverse de l’élévation de la température.
Ceci connu, voici ce que j’ai observé en injectant une dose un peu plus forte, 1 à 2 centimètres cubes de suc de levure, dans les veines d’un chien dépancréaté et glycosurique :
Pas de diminution de l’hyperglycémie; diminution du pourcentage du sucre dans l’urine, et surtout diminution de la quantité de sucre excrété par heure et par kilogramme, ce qui tient à l’effet antidiurétique du suc de levure dans ces conditions. La diminution de la diurèse explique probablement en partie le
1 (!i.ky. ( Annales de la Société (le médecine de Garni. 1900).
•1. Hugouxen’o et Doyon. [Archive* de physiologie, 1897, p. 834).
3. Lkpine et .Martz. Sur les effets produits par l’injection intra-veineuse. chez le chien, de sue de levure. I Archives internationales de pharmacodynamie, 1899, VI, p. 99).
3G6 DIABÈTE PANCRÉATIQUE l>U CHIEN
chiffre (ilcvé de l’hyperglycémie < j ne j ’ui parfois constaté quelques heures après l’injection du suc de levure.
Lésions constatées à l'autopsie des chiens dépancréatés,et ayant succombé à une péritonite trente ou quarante heures après 1 opération. — Outre les lésions de la péritonite, sur lesquelles je n’ai pas à insister, la seule lésion macroscopique frappante est la dégénération graisseuse du foie. Le plus souvent, il est très pauvre en glycogène (Minkowslii, Hédon). Il y a cependant des exceptions à cette règle : ainsi, chez un très jeune chien sacrifié vingt-quatre heures après l’ablation du pancréas, et dont le sang renfermait un peu plus de il grammes de sucre p. 1 .000, j’ai trouvé dans le foie plus de 2 gr. 0 de glycogène p. 100. Ce chiffre n'a rien, dans l’espèce, d’extraordinaire. 11 mérite, toutefois, d'être retenu, parce qu’au moment où l’animal a été sacrifié, la glycosurie paraissait déjà en voie de1 2 diminution.
Almagia et Embden ont dosé par la méthode de Pllueger le glvcogône chez 3 pet its chiens de o kilogrammes, dépancréatés depuis huit jours et laissés à l’inanition. Ils n’en ont pas trouvé dans 100 grammes de foie ; 100 grammes de muscle ont donné de 0,48 à 0,08.
Le cœur en renfermait davantage ; le poumon et les reins des traces. — Ils estiment à 10 grammes au maximum la quantité de glycogène de tout le corps *.
D'autres organes peuvent présenter, si on les examine quelques jours après l’ablation du pancréas, des altérations appréciables, au moins à l’aide du microscope; liberti ’, qui a étudié avec soin l’histologie de la thyroïde dans diverses conditions morbides, dit que chez deux chiens dépancréatés, morts
1. Mahco Ai.maiua et G. Emhden. Ueber die Zuckcrausscheidun^' pankreaslüser timide. ( llofmeister's Bcitrür/e, 1903. \ll, p -98).
2. Tibkhti . Suit atlivita secretoria delta ghiandola liroidi. (Spe riment ale, 1905, p. 2Ü4-2S0).