ACTION DE L'INJECTION INTRA-VEINEUSE DE DIVERSES SUBSTANCES
Transfusion. — A des chiens dépan créâtes depuis plusieurs heures et hyperglycémiqucs, j’ai plusieurs fois, aussitôt après une large saignée, transfusé, dans la veine, du sang artériel d'un chien sain, en quantité supérieure à celle qui avait été retirée. Or, la transfusion, faite dans ces conditions, ne diminue guère l'hyperglycémie; mais elle diminue toujours la glycosurie, souvent dans une proportion considérable, non seulement le pourcentage du sucre dans Turine, mais la quantité absolue de sucre excrétée par heure et par kilogramme. Par exemple, dans un cas où le chiffre était 0,07 dans l'heure précédant la transfusion, il est tombé dans l’heure suivante à 0,03, soit une diminution de plus de moitié.
Si l’on transfuse, à un chien qui vient d’ôtre dépancréaté, du sang d’un chien devenu diabétique par suite de l’ablation du pancréas, il n’est pas étonnant qu'on provoque immédiatement une hyperglycémie. Mais il est à remarquer que cette hyperglycémie n’est pas transitoire, comme elle le serait chez un chien cpii ne serait pas privé de pancréas. L’expérience suivante le prouve ;
Chien 2020. — Poids 17 kilogrammes. A 8 heures et demie du matin on lui enlève le pancréas et on retire 380 grammes de sang; puis on lui injecte d’artère à veine, environ 500 grammes du sang d’un chien, privé de pancréas depuis vingt-quatre heures, et dont le pouvoir réducteur, pour 1.000, équivalait à 7,o glvoosc. Aussitôt après, le sang artériel du transfusé possède un pouvoir réducteur équivalant à - gr. 9 de glycose.
Une heure plus tard ce pouvoir réducteur est égal à 3 gr. 25.
A 11 heures, pouvoir réducteur 2 gr. 95
11 est remarquable que le pouvoir réducteur ait augmenté une heure après la transfusion. Il est probable que 1 apport d’un sang étranger a excité la glycogénie.
3Gi
Hess1 a supposé que si l’on transfusait à un chien sain du sérum de chien diabétique, on provoquerait, chez le premier, une sécrétion interne pancréatique plus active, et qu’en conséquence, le sang de ce chien, transfusé au chien diabétique, aurait chez ce dernier une action plus eflicace. Mais les faits ne paraissent pas avoir répondu à son attente : dans 2 expériences (sur 3) il y a bien une diminution de la glycosurie ; mais elle ne paraît pas plus considérable que si on avait eu recours au sang d'un chien neuf.
Effets de l'injection d'eau salée. — Une simple injection d’eau salée n’abaisse pas le pourcentage du sucre dans l’urine autant que celui de l’urée. C'est ce que prouve l’expérience 2278 bis :
Chez cet animal, vingt-quatre heures après l’ablation du pancréas, il y avait, par litre d’urine 7i grammes de sucre et 23 grammes d urée ; une heure après l’injection de 700 ce. d’eau salée (soit 21 ce. par kilogramme) le pourcentage de l’urée s’est abaissé de 20 p. 100 et celui du sucre de 10 p. 100 seulement.
Injection de peptone et de pancréatine. — J’ai injecté dans les veines de chiens dépancréatés diverses peptones, des peploncs du commerce purifiées, des peptones fabriquées par le procédé de biquet, etc. Dans certains cas, il a semblé que cette injection avait diminué passagèrement la glycosurie. Mais ce qui est surtout à noter, c’est que dans 2 cas où les peptones ont été injectées aussitôt apres l'ablation du pancréas, la glycosurie a fait défaut jusqu’à la mort de l’animal (survenue par suite de la perforation du duodénum). Dans ces deux cas, les peptones ont été injectées sous la peau à diverses reprises, la première injection ayant été faite aussitôt après l’ablation du pancréas. Un de ces deux chiens n’a succombé qu’au bout de quarante-huit heures.
L’injection intra-veineuse de 3 centigrammes de pancréatine amène une diminution passagère, mais très nette, de la glycosurie.
1. Otto Hess. (Münchcncr med. Wochensck. 1902. p. 1 4L> 1 ) .