Voir le chapitre Glycogénie
4. Seegen. Der Diabètes mellitus, Berlin, 1870. — J'emprunte la description de ces deux espèces de diabète à son livre plus récent: Die Zuckerbildung im Thierkôrper , traduit en français par Hahn, sous le titre : La glycogénie animale, Paris, 1890, p. 238.
CANTANI
dércr la forme légère du diabète comme résultant d’une impuissance de la cellule hépatique à faire subir aux hydrates de carbone alimentaires leurs transformations normales...
Dans la seconde forme de la maladie, la glycosurie se produit sans qu’une trace d’hydrate de carbone soit introduite, cl il n’y a guère lieu de douter que ce soit ici le sucre du foie normalement formé qui se trouve éliminé en plus ou moins grande quantité par l'urine. Le sucre provenant du foie doit (à l'état normal) subir une oxydation constante dans l’organisme... La glycosurie indique que toute l’économie, ou une partie plus ou moins grande tle ses éléments, ont perdu la faculté de’ détruire le sucre.
j’ai souligné les mots normalement formé, parce que, dans la pensée de Seegen, ils indiquent que, pas plus dans cette forme que dans la première, il ne se produit du sucre en quantité exagérée. Dans d’autres publications, il revient sur cette proposition qui est, pour lui, fondamentale. Ainsi, à cet égard, Seegen se sépare de Cl. Bernard, comme il s’en sépare sur le mécanisme de la production du sucre dans le foie.
Les travaux que je vais maintenant analyser reposent aussi sur l’idée qu’il n’y a pas, dans le diabète, une production exagérée de sucre :
TRAVAUX DK CANTANI
Les premiers en date sont ceux de Cantani, qui remontent à 1871 *. Se fondant sur des idées théoriques et sur le fait, d’ailleurs inexact, que le sucre du sang diabétique ne dévierait pas la lumière polarisée, Cantani a émis l'hypothèse que ce sucre ne serait pas du glvcose, mais un isomère, moins apte que le glycose à être détruit dans l’organisme, et dont la production serait due à une altération chimique des cellules pan créa tiques. Cette altération aboutirait à leur atrophie, avec dégénérescence graisseuse.
I. Cantani. Le diabète sucré et son traitement diététique, trad. française parCharvct. Paris-, 1876.
HISTORIQUE
Au point de vue clinique, Cantani professe qu’il n'existe pas plusieurs espèces de diabète, mais seulement plusieurs degrés ou stades. Il en distingue surtout deux :
1° Chez les malades du premier degré, la diète carnée exclusive fait disparaître la glycosurie. Chez ceux du degré, le sucre éliminé provient de la viande ingérée, non de l’albumine des tissus. La preuve en esl donnée par le jeûne, qui fait toujours disparaître la glycosurie1. Il y a, d'ailleurs, chez ces malades, comme chez ceux du 1er degré, des stades différents de gravité.
Dans les cas légers, le sucre introduit (ou produit) dans l’économie peut encore s'y brûler en partie; dans les cas graves, il abandonne en totalité l’organisme. Il n'y a d'ailleurs pas, chez le diabétique, une production de sucre plus gronde qu'à l'état normal.
HYPOTHÈSE DE SCHULTZEN
D’après C. Ludwig et Scheremetjewski, l’infusion intra-veineuse d’une solution de glvcose ne serait pas suivie d’une augmentation correspondante de l’acide carbonique exhalé2. Schullzen 3 en tira la conclusion que le glvcose est incapable d’élre oxydé dans le sang, s’il n’est pas dédoublé au préalable. Ayant trouvé, d’autre part, dans l’urine de sujets intoxiqués par le phosphore, c’est-à-dire chez lesquels les oxydations sont diminuées, un corps qu’il considère comme de l’aldéhyde glycérique, il supposa qu’à l’étal normal le glycose se dédouble en aldéhyde glycérique et en glycérine
La théorie de Pawlinoff 5est une variante de celle deSchultzen :
1. Sydney Ringer avait affirmé la possibilité de la persistance de la glycosurie chez certains diabétiques à l’inanition. Cantani conteste à tort l’exactitude de cette assertion.