INFLUENCE DE DIVERSES INFECTIONS
Dans le langage de l'Ecole, les causes que nous avons jusqu’ici passées en revue appartiennent aux causes prédisposantes, et celles que nous allons maintenant examiner méritent Je nom d’efficientes. Mais il y aurait beaucoup à objecter à cette dichotomie scholastique: car, dans nombre de cas, I on ne trouve d’autre cause évidente de diabète que l'hérédité ou la goutte. Ces deux causes ont donc agi comme efficientes. D’autre part, il est douteux qu’une infection, un traumatisme, etc., suffisent à provoquer un diabète, si le sujet n’y était prédisposé. Yoilù pourquoi, tout en reconnaissant qu'il y a des causes absolument efficaces (par exemple une hémorragie en un certain point du plancher du quatrième ventricule), je ne pense pas qu'on doive séparer d’une manière trop tranchée les causes prédisposantes et les causes efficientes.
SYPHILIS
On a souvent soupçonné la syphilis d être une cause de diabète ; on a même prétendu qu elle en était la cause la plus habituelle *. Les auteurs qui ont soutenu cette étrange opinion se sont
i. Von Sciixee. (Le diabète sucré. Édition française. Paris 4 890' .
SYPHILIS
fondés sur le fait qu'ils avaient rencontré beaucoup de diabétiques avant eu la syphilis. Mais cette maladie n’est pas rare dans le milieu social où le diabète est lui- même fréquent. En réalité, la syphilis ne joue qu'un rôle très effacé dans 1 étiologie du diabète. Assurément, des lésions tertiaires (gommes du cerveau ou des méninges’), ou bien une pancréatite, peuvent être suivies de diabète. D’autre part, on a vu des glycosuries même intenses céder à un traitement anti-syphilitique'; mais ces faits sont rares \
Lemonnier’ a rapporté un cas de diabète chez un enfant de
LenoxCurtis. (T/te Medical Record 1905, oet. 14. p. 613 . — Voir d’autre part Lan»; ( Vorlesunyen ueber Pathologie and Thérapie der Syphilis. Wiesbaden, 1885-86, p. 253).
I Voir Lki iikt Clinique medicale de I Hôtel-Dieu de Rouen ) Femme de trente-deux ans. guérison par l'iodure de potassium. Méningite de la base). — Frbrichs. (Der Diabètes, p. 231). Femme de cinquante-neuf ans. Homme interhémisphérique — Kersenboom. Syph. Erkrankung des central Nervensystems complicirt v. D. (Inaug. Dissert. Berlin. 1895). — Hemptensiaches l'ebereinen l’ail von l>. mellitus syphilitieus. ( Mittheilunyen ans den llamburgischen Staalsl.rankcnanstalten, 1901 II s’agit dans ce cas d'une fille publique devenue diabétique dix ans après avoir contracté la syphilis, puis hémiplégique. L’urine renfermant plus de 30 grammes de sucre par litre, l’n traitement nntisyphililiqueénergique lil disparaître le diabète et une gommequi existait sur le crâne; l’hémiplégie persista — Khhmann Deutsche med. Woch ., 1908, n” 30‘. — diabète en apparence grave, forte glycosurie et acétonurie, guérison rapide. — (juelques semaines plus tard l’ingestion de 150 grammes de glycose n'a pas été suivie de glycosurie.
2. Ils ne sont d’ailleurs pas rigoureusement probants; car on a vu des diabètes non syphilitiques améliorés par un traitement mercuriel.
3. Lemonnier. Diabète hérédo-syphilitique. ( Archives de médecine infantile. 1903. il” 3). Voir encore sur le d. syphilitique Servaxtik. ( Thèse de Paris. 1876). — Kevek. (Wiener med. Presse. 1877 . (cas douteux). — Scheinmann. (Inaug. Diss rt . Berlin. 1884 (Critique de quelques-unes des observations de Servantie). — Lemonnier. (Annales de Syph et de Dermatologie, 1888, p. 398, id Dans ce dernier cas la quantité de sucre s’élevait à 70 grammes par litre, et l’absence de glycosurie a été constatée pendant les onze mois qui ont suivi la cure antisyphilitique. — Acgagnbuh. Prorince Médicale. 1898, p. 68). — Decker Deutsche med. Woch , 1889. n° 46) (un cas — Feinberg. (Berliner klinische Wochenschr.. 1892. n”‘ 6 et 7 cas douteux). — Chahnaix. (Thèse de Paris. 1894 —Manchot [Monatsh fur prakt. Dermatologie, 1898. XXVII. 5 et 6). Troller. ( Thèse de Paris. 1905). — Ozenne (Son. med. 1894, p - 180, Ktiolugie mixte, arthritisme et syphilis .
ÉTIOLOGIE
sept ans, hérédo-syphilitique, qui fut guér i après trois mois d’un traitement spécifique.
TUBE rtC U LO S K
On sait que la tuberculose pulmonaire est une complication fréquente et grave du diabète. Mais il est des cas où elle est la première en date dans l’évolution clinique \ cl on peut se demander si parfois elle n’a pas provoqué le développement d'un diabète. Les faits font actuellement défaut pour débattre cette question.
.MA LA It IA
On a beaucoup parlé, il y a quelques années, du diabète paludéen. Verneuil en a soutenu l’existence. Rumpf- a trouvé des antécédents paludéens chez 13 p. 100 de ses diabétiques. Four moi, j’en suis à chercher une observation prouvant qu’une intoxication malarienne a produit un diabète. — Ce n’est pas le cas de Seegen s qui entraînera la conviction. Laveran fait, de son côté, remarquer que le diabète est rare dans beaucoup de localités où le paludisme est endémique*.