SOUCIS
développa un étal anxieux qui la rendit incapable de toute occupation. Quatre semaines après le début de ces accidents on constata chez elle de la polydipsie, de la polyurie et de la glycosurie; puis, ultérieurement, des symptômes d’un diabète grave, auquel elle succomba au bout de dix-sept mois. L’examen histologique de la moelle (durcie dans le liquide de Müller) lit découvrir de très petites hémorragies dans la région des stries auditives, au niveau du noyau du pneumogastrique et du glossopharyngien gauche, dans une hauteur d’un quart de pouce. Cette femme jouissait auparavant d'une bonne santé et rien dans ses antécédents ne pouvait faire supposer qu’elle fut prédisposée au diabète. Assurément, ce cas est discutable. Mais il ne paraît pas inadmissible que l'émotion, toujours accompagnée, comme on sait, fie troubles vaso-moteurs, ait produit les petites hémorragies du plancher du 4* ventricule, constatées à l'autopsie l.
J’ai observé moi-môme le cas suivant :
I n tailleur de cinquante-quatre ans, sans antécédents morbides, éprouva, dans l’espace de huit jours, trois émotions assez vives : Il fut assailli la nuit par des malfaiteurs ; puis on lui annonça la nouvelle (d'ailleurs fausse (pie sa lillc avait été écrasée. Enfin, un de ses voisins lui lira un coup de revolver (sans 1 atteindre). Moins de deux mois plus tard, il se plaignait d’une soif inextinguible et remarquait de la polyurie. Cinq mois après, il succombait dans h1 coma.
A I autopsie, le foie, de volume normal p. 1.400 gr.), a paru (histologiquement) sain. Le pancréas, un peu mou, présentait des bandes fibreuses périacineuses, mais pas de sclérose intraacineuse. Ce diabète n’était donc pas d’origine pancréatique.
Des chagrins, la perte d’un enfant ou d’un mari, des soucis prolongés — surtout les soucis d’argent — ont le même effet qu une émotion brusque. Nombre de banquiers, de négociants, d’hommes d'affaires, deviennent diabétiques. Il est vrai que les soucis et les préoccupations ne sont pas seuls à agir chez eux, et qu’il s’y joint, presque toujours, l'abus de la bonne chère, dont l’influence pathogénique est très grande. J’en ai la preuve