CHAPITRE IX
DYSCRASIE DIABÉTIQUE
Les diverses formes de diabète, quelques dissemblables qu elles paraissent, ont pour caractère commun une dvscrasie plus ou moins prononcée1 2. Celte dvscrasie est la cause essentielle des processus morbides si variés qu'on observe chez les diaboliques. C’est donc elle qui est l’élément important, et non le passage à travers le rein d’une urine sucrée, comme l’indique ii tort le mot diabète.
Tant qu’elle ne se complique pas d’acidose, la dvscrasie diabétique est constituée presque exclusivement par l’augmentation des matières sucrées du sang.
HYPERGLYCÉMIE
Sauf exception des plus rares1, l’hyperglycémie est constante, mais elle n’est pas toujours très considérable. Seegen a fait remarquer que dans les diabètes légers le sucre du sang ne paraît pas atteindre 3 grammes p. I 000. Au contraire, dans les diabètes graves le chiffre de a grammes a été souvent observé: Chez une femme diabétique, morte peu d’heures après son entrée à la
1. Il n’y a pas de caractère absolu en nosologie : chez certains diabétiques l’hyperglycémie est à peu près nulle.
2. Nous avons vu qu'il peut exister des glycosuries temporaires sans hyperglycémie; mais un diabète s’accompagne presque toujours d’un certain degré d’hyperglycémie.
4oi
DYSCRASIE DIABÉTIQUE
clinique1, mon préparateur, très habile dans les dosages du sucre du sang, a trouvé, par la méthode de la réduction, 10 gr. (i p. 1.000. (.0 chiffre, fort extraordinaire, et qui dépasse de beaucoup ceux qui ont été publiés jusqu’ici, a été obtenu dans deux dosages consécutifs. On doit donc le tenir pour exact. Mais il faut remarquer qua l’autopsie de la malade on a constaté une atrophie rénale très prononcée, ce qui explique, en partie , cette hyperglycémie excessive. De plus, le dosage n’a été fait que par la méthode de la réduction, et l’extrait de sang n'avait pas été préparé avec un sel de mercure. Il est, en conséquence, très probable qu’une matière réductrice (non sucrée) existait dans l’extrait, et a notablement élevé le chiffre obtenu.
Acide qlycuronique. — Nous avons vu que dans le sang du chien dépancréaté l’acide glycuronique ne se trouve qu’en proportion très faible. Bien que mon expérience, quant au sang de l'homme diabétique, soit relativement restreinte, ■ — car on a rarement l’occasion de saigner un de ces malades, — je crois qu’à cet égard l’homme ne diffère pas du chien. En fait, dans le sang veineux de plusieurs diabétiques de mon service, Boulud n’a pas trouvé d’acide glycuronique en proportion notable.
La presque totalité des matières sucrées du sang diabétique est donc constituée par du glycose2 3 4. Les autres sucres ne paraissent y exister qu’en faible proportion.
Décoloration du bleu de méthylène. — D’après Ihl et Wohl 1 le bleu de méthylène se décolore quand on le chauffe avec du glycose et de la soude.
Williamson a utilisé cette réaction pour différencier le sang diabétique du sang normal *.