‹ Le diabète sucréChapitre 46 sur 654 · V. MER ING ET MINKOWSKl · texte numérisé non relu

V. MER ING ET MINKOWSKl

nique d'une lésion du pancréas, Lancereaux prêta le flanc à la critique ; car on ne tarda pas à rencontrer des diabètes maigres à l’autopsie desquels il fut impossible de constater la moindre altération, même microscopique du pancréas1; et, d’autre part, on peut noter très fréquemment l’existence de sclérose du pancréas à l’autopsie de diabétiques vulgaires. Ce fut alors que Baumol (de Montpellier) eut l'idée d’étendre la théorie pancréatique à toutes les espèces de diabètes.

Pour les cas où l’on ne trouve pas de lésions, même histologiques, du pancréas, Baumel suppose que le diabète pourrait être dù à la suspension de la sécrétion pancréatique par une influence circulatoire ou nerveuse; et à l'appui de cette hypothèse, il rappelle que Bernstein a vu l'excitation du bout central du pneumogastrique arrêter l’excrétion du suc pancréatique. Quant au mode d’action de cette suspension de l’excrétion du suc pancréatique sur la production du diabète, Baumel est très explicite : « C'est l’absence ou la diminution du ferment saccharifiant pancréatique dans le tube digestif, et peut-être dans le foie, qui explique la transformation incomplète des matières amylacées donnant lieu à l’excès de glucose...* »

C’était un retour à la théorie discréditée de Popper.

Mais la voix de Baumel demeura sans écho, et la question du diabète pancréatique, posée par Lancereaux, resta stationnaire jusqu'au moment où v. Mering et Minkowski publièrent une courte note que, vu son importance, je traduis en son entier.

Après l’extirpation du pancréas chez le chien, il survient un diabète sucré, qui commence quelque temps après l'opération et qui dure des semaines, sans interruption, jusqu’à la mort de l'animal.

Outre la glycosurie, on observe la polyurie, la polydipsie, la

1. J’ai observé moi-mème plusieurs cas de ce genre. Dans l’un d eux, l'examen du pancréas a été fait par mon savant collègue le professeur Renaut.

2. Baumel. Pancréas et diabète. (Montpellier méd., nov. 1881, janv. et mai 1882.

Léimnf..

HISTORIQUE

polyphagie, puis un amaigrissement très prononcé, et une grande faiblesse, malgré une alimentation abondante.

L’urine d'un chien dépancréaté, et à jeun depuis quarante-huit heures, renfermait 30 à (JO grammes de sucre par litre.

Lu autre chien, de 8 kilogrammes, soumis à une alimentation exclusivement carnée, excrétait, par jour, près d’iin litre d’urine renfermant de 60 à 80 grammes de sucre. Après l’ingestion de glucose, le sucre de l'urine monte, temporairement, à 120 grammes par litre. La plus grande partie du sucre ingéré se retrouve dans l’urine.

L’urine deschiens dépancréatés renferme une quantité notable d’acétone.

La proportion de sucre du sang est très augmentée. Dans un cas, elle s’élevait à 3 p. 1 .000, et dans un autre à 4,6.

Quant au glycogène des organes, il disparaît : chez un chien, diabétique depuis quatre semaines, et sacrifié en pleine digestion de viande, nous n avons pu déceler de glycogène, ni dans le foie, ni dans les muscles.

Le ganglion solaire n’est pas lésé pendant l'opération. 11 faut considérer le diabète comme la conséquence directe de l’extirpation du pancréas.

La transfusion du sang d’un chien diabétique dans la veine d'un chien sain n’est pas suivie, chez ce dernier, de glycosurie.

Mentionnons enfin que la résorption de la graisse est troublée à un haut degré chez les chiens dépancréatés et que l’utilisation des albuminoïdes paraît aussi laisser à désirer1.

Pour comprendre la nouveauté des faits énoncés par la note précédente, il importe de se rappeler qu’un certain nombre de physiologistes, Bérard elGolin2 3 4 5, KlebsetMunk \ Finlder -, Serin8,

1. v. Merino und O. Mixkowski. Diabètes mcllitus nach I’ankreas exstirpation. ( Ceutralblatt filr klinisclie Med., 1860, 8 juin, p. 394).

2. Bérard et Coun. Mémoire sur les effets de l’extirpation du pancréas. ( Gazette hebdomadaire, 1858, p. 59).

3. KiÆBseLMuxK. Tageblattder 43 Versammlung deutscher Naturforscher in Innsbruck, 18G9.

4. Finkler. Verhandlungen des Congresses fur innere Medicin. iesbaden, 1858

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