ÉTAT DU COEUR
raie n’est grosse chez les diabétiques que par suite d'une complication infectieuse ou autre.
J’ai pratiqué de mon côté 30 autopsies de diabétiques.
Chez 10 la rate était de poids normal.
Chez 8 elle était au-dessous du poids qu’elle eût du avoir.
Chez 18, au contraire, son poids était supérieur à ce qu’il eût du être.
Mais plusieurs des sujets affectés de splénomégalie étaient des phtisiques avec cavernes, et. en conséquence, infectés *.
D’autres étaient atteints de cirrhose du foie.
En résumé, le diabète ne me semble pas capable de déterminer par lui-même une splénomégalie.
L’observation clinique ne révèle, chez un certain nombre de diabétiques, aucune anomalie bien notable du fonctionnement cardiaque. Chez quelques-uns, le |K>uls présente une tension exagérée1 2; et, dans ce cas, on observe généralement de la polyurie.
D’après mon observation — et j’insiste depuis vingt ans sur ce fait — le pouls est accéléré dans le diabète grave. Quant aux signes de faiblesse cardiaque, j’en parlerai plus loin au chapitre complications.
Post-mortem, Frerichs dit avoir vu souvent le cœur « petit et atrophié, pesant seulement de 130 à 200 grammes. Mais si on dépouille ses ou autopsies il ne semble pas que le mot souvent soit suffisamment justifié. En effet, en mettant de côté 4 cas
1. Je remarque, en passant, que toutes les infections ne produisent pas nécessairement une splénomégalie: deux de mes diabétiques, morts d'anthrax, avaient, à l’autopsie, une rate petite.
2 Ce fait a été signalé par Dotais. (Voir aussi Sevene, Thèse de Paris, 1 907). Pour ma part je ne l’ai que rarement constaté. On peut se demander si. dans ce cas. il n’y a pas une activité exagérée des surrénales. — Voir page 194.
SYMPTOMATOLOGIE DU DIABÈTE
concernant des enfants, on ne trouve dans le tableau des nécropsies que quelques cas où le myocarde est signalé comme présentant une atrophie brune, et seulement 14 cœurs petits. Or, dans tous ces cas il s’agit de phtisiques. Ainsi, d’après les faits précédents, ce ne serait pas au diabète, mais à la phtisie qu’il faudrait attribuer la petitesse du cœur.
Dreschfeld a trouvé le cœur sain chez 40 p. 100 de ses diabétiques ; il a noté que le myocarde était pâle et mou. Restent 20 p. 100 avec des lésions diverses : dilatation, hypertrophie, surcharge graisseuse, rarement lésions valvulaires.
Dans le tableau de ses autopsies, Naunyn ne signale l’état du cœur que chez 12 sujets. Chez 5, cet organe était atrophié.
Voici le résultat des miennes :
Cœurs petits (au-dessous de 270 grammes pour les hommes et de 250 grammes pour les femmes). 17
Cœurs gros 14
Cœurs normaux 5
Ainsi, sur ces 30 diabétiques, 14 avaient un cœur dont le poids dépassait la normale. Mais chez quelques-uns les reins étaient brightiques ; chez d’autres, il y avait artériosclérose ou athérome de l’aorte; enfin dans o cas il existait une hypertrophie générale des organes. Le foie, les reins, etc., étaient plus gros qu'ils ne devaient être normalement. En défalquant ces cas, et d’autre part en éliminant aussi parmi les 17 cœurs petits, ceux qui appartenaient à des diabétiques tuberculeux, il reste? cœurs petits et o normaux. On doit donc conclure que lorsque le diabète a duré quelque temps, et que la mort arrive par le lait de cette maladie, et non par une complication, le cœur est plutôt petit que gros.