ALBUMINURIE
Celle opinion, exacte d'une manière générale, ne l’est pas dans tous les cas ; car on rencontre parfois chez des diabétiques une albuminurie, même considérable, qui paraît, en raison des variations singulières qu'elle présente, dépendre plutôt de conditions vasculaires que de lésions graves du rein.
On peut, en effet, (tendant une période plus ou moins longue, observer une albuminurie intense et une glycosurie faible ; puis, inversement, pendant une autre période, une albuminurie faible et une glycosurie intense. Il peut donc exister une véritable alternance de l’albuminurie et de la glycosurie.
Chez quelques-uns de ces malades, l’influence du régime est évidente : si, dans leur alimentation, ils remplacent les féculents par la viande, la période albuminurique survient ; et, s’ils usent largement de féculents, ils redeviennent surtout glveosuriques ; mais, chez quelques autres, l'élément nerveux parait être le plus important. Des faits de ce genre ont été rapportés par B. Teissier1 2, et j'en ai observé moi-môme plusieurs, dont un très net, chez une femme hystérique*.
Il faut distinguer de ce diabète alternant les cas dans lesquels l’albuminurie augmente par le progrès de la néphrite, en même temps que diminue la glycosurie, par suite de la cachexie et aussi h cause de l’imperméabilité du rein \
On a cru remarquer que, dans le diabète traumatique, l'albuminurie était particulièrement fréquente. Celait tendrait à prouver que, chez certains diabétiques, elle est de cause nerveuse.
Chez d’autres diabétiques, l’albuminurie parait plutôt dyscrasique. En somme, l’albuminurie dans le diabète a une pathogénie très complexe, qu il faut, pour chaque cas particulier, s’efforcer
1. U. 1 eissier. (Gazette hebdomadaire. 1877, p. (j|6). Voy. surtout les observations lit et IV.
2. I. épine. (Le Diabète non compliqué et son traitement, Paris, 1905
:t. En même temps, l’hyperglycémie peut augmenter, en raison de la rétention du sucre dans le sang, à moins que la glycogénie soit fort réduite.
552 COMPLICATIONS DU DIABÈTE
de débrouiller, si l’on veut porter un pronostic exact et instituer un traitement convenable *.