Tommasi et Hussard. (Gazette médicale de Paris
TROUBLES NERVEUX
Abolition des réflexes. — Après la perte des forces et l'impuissance, 1 abolition des réflexes rotuliens est l’anomalie nerveuse qu'on rencontre le plus souvent chez les diabétiques. Elle a été signalée chez eux par le professeur Bouchard. On la rencontre quatre fois sur dix environ, et de préférence chez les diabétiques jeunes (W illiamson). — Ce fait, qui pourrait étonner au premier abord, s’explique par la gravité plus grande du diabète dans le jeune Age.
h' exagération des réflexes rotuliens aurait été observée dans certaines conditions ; par exemple avant le coma
D’après Williamson •, le réflexe achilléen ferait défaut dans le diabète, à peu près dans la même proportion que celui du genou. 11 pourrait même disparaître plus tôt que ce dernier, ainsi qu’il arrive parfois chez les tabétiques. C’est donc un réflexe à rechercher dans les cas où le réflexe rotulien est conservé.
Le professeur Pitres, qui a examiné avec soin les réflexes rotulien, abdominal, crémastérien, plantaire et pupillaire, chez trente-deux diabétiques, a obtenu les résultats suivants1 2 3 :
Kotul. Abd. Crëm. I‘lanl. Pupii.
Abolis 13 16 19 16 1
Affaiblis .... 1 8 6 2 0
Exagérés. ... 2 6 4 6 0
Normaux. .... 12 1 3 8 31
Il ressort de ce tableau que les réflexes cutanés (abdominal, crémastérien et plantaire) sont affaiblis ou abolis plus souvent que le réflexe rotulien, mais que le réflexe pupillaire est à peu près constamment intact ; c’est là un signe diagnostique important dans les cas où l’on hésite entre un tabes et un diabète.
Névralgies. — Les névralgie* sont assez communes chez les diabétiques, surtout la névralgie sciatique. Elle est souvent
1. Zaudy. (Deutsclies Archiv fur klinische Medicin, 1901, LXX, p. 312).
2. Williamson. (Rcview of Xeurology and Psychiatry, oct. 1903).
3. Pitkf.s. (C. B de ta Sjciété de liiolofjie , 1902, p. 1286).
COMPLICATIONS IX DIABÈTE
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bilatérale. Aussi ce caractère devra éveiller l’atlention sur la possibilité d’un diabète. Chez un de mes malades, fort indocile d’ailleurs, une sciatique double a duré des années.
Après le sciatique, le trijumeau, et bien d’autres nerfs, peuvent être atteints de névralgies dans le cours du diabète.
Dans les membres inférieurs, les douleurs revêtent parfois le caractèrede douleurs fulgurantes. J’ai observé ce symptôme chez plusieurs diabétiques, qui ne présentaient, d’ailleurs, aucun autre signe de tabes, sauf l’abolition des réflexes roluliens. J’y reviendrai plus loin.
Anesthésies. — Une recherche minutieuse fait parfois découvrir des parties anesthésiques sur la peau des diabétiques.
D’après Williamson *, la sensibilité osseuse, recherchée parla méthode d'Egger, au moyen du diapason, ferait défaut au moins en certains points, par exemple aux malléoles, chez le tiers environ de ces malades.
Démangeaisons. — On en observe surtout sur les parties qui peuvent être souillées par- l’urine. Dans ce cas, il existe un certain degré de dermite. Nous traiterons de cette complication dans un autre chapitre.
Angine de poitrine. — Elle a été signalée chez les diabétiques par le professeur Yergely de Bordeaux) : mais, ainsi qu’Iluchard, je la crois chez eux plutôt en relation avec l’arthritisme et avec des lésions vasculaires qu'avec le diabète lui-même".
Anidrose. — Sueurs. — La peau est sèche chez beaucoup de diabétiques. Chez d’autres, notamment chez les diabétiques gras, il peut exister de l’hyperhydrose :t.
1. Williamson The vibrating sensation in affections of the nervons System and in diabètes. ( The Lancet, lüOü, april 1).