Léger et Leroux. [Annales médicales de Caen, 1904, n
COMPLICATIONS DU DIABKTK
Lécorché croit que la cataracte apparaît seulement à une période avancée du diabète. C’est une erreur : comme toutes les complications de cette maladie, la cataracte peut en constituer une manifestation précoce. Elle est en effet le résultat de causes complexes, de conditions locales et de la dyscrasie diabétique. Or, si les premières sont suffisamment efficaces, il n’est pas nécessaire que la dyscrasie dure depuis un temps fort long.
Quel est, parmi les éléments de la dyscrasie diabétique, celui dont le rôle est le plus nocif sur la nutrition du cristallin ? Il est, en l’état actuel de la science, fort difficile de le dire. .Naturellement, on pense au sucre, d’autant plus cjue la vraie cataracte diabétique, celle des jeunes sujets, ne se produisant guère que dans les cas de glycosurie intense, il y a des raisons de croire à une forte hyperglycémie. Mais, en admettant que le sucre constitue réellement l’élément nocif, il lui faut un certain temps pour manifester son action ; car on a pu porter- momentanément à 20 p. 1.000 la teneur de l'humeur aqueuse en sucre, sans provoquer l’opacité du cristallin \ Or le sang diabétique en renferme rarement plus de b p. 1 .000.
L. Dor- pense que les cellules des procès ciliaires, qui, d’après Koch1 2 3 4, sont fréquemment altérées dans le diabète, « laissent passer des substances qui sont toxiques pour les cellules épithéliales de la capsule du cristallin (cytolysines ou diastases hydratantes), et qu’à la suite de ces altérations, le cristallin lui-môme s’opacifie. Tout ce processus n’aurait que peu de rapport avec la présence de sucre dans l’humeur vitrée ou dans le cristallin *,
1. Foa et Viteiu.i (Archives italiennes de Biologie , 1907. XLV11I, p 15), n’ont réussi qu’avec une très forte proportion de glycose.
2. I,. Dor. Affections du cristallin, p. 181 (Extrait de VEncycl. franc., d'ophtalmol.).