FURONCLES ET ANTHRAX
Toutes choses égales, les diabétiques sont particulièrement exposés aux furoncles. Chez un diabétique observé par Griesinger cette complication s’est montrée après l’ingestion deux lois répétée de plus de 200 grammes de sucre. Mais tous les diabé-
1. Heinricu Kayseh. Einwirkung des Traubenzuckers auf Slapli. pyog. [Zeitschrift fiir Hygiène und Infect., 1902, XL, p. 21).
2. Grossmann. ( Ucber Gangræn bei Diabètes mellitus. Berlin, 1900).
:t. Cité par Grossmann, p. 22.
PHLEGMON' GANGRÉNEUX
tiques fortement hyperglycémiques ne sont pas atteints de furoncles, et les diabétiques légers n’en sont pas indemnes.
On a voulu assigner quelques caractères spéciaux aux furoncles ainsi qu’à l’anthrax diabétiques. On a dit, par exemple, qu’ils sont d’aspect livide, et que leur centre s’élimine comme pus, plutôt que comme bourbillon ; j’ignore s’il y a quelque chose de fondé dans ces assertions, mais je suis porté à penser que l’anthrax, chez le diabétique, a une disposition particulière à s'étendre. Au Brésil, d’après Fonseca1, il se compliquerait, le plus souvent, de la gangrène totale de la peau qui le recouvre.
L'anthrax est, comme on sait, susceptible de provoquer parfois une glycosurie transitoire, s’il survient chez un sujet prédisposé. Aussi peut-il aggraver une glvcosurie préexistante. Mais on observe rarement cette éventualité ; car des causes antagonistes y mettent obstacle. La principale est le défaut d’alimentation : un diabétique porteur d’un anthrax mange moins; cela suffit d'ordinaire pour faire baisser le taux de la glycosurie, ce qui ne diminue pas d'ailleurs la gravité des cas.
PHLEGMON GANGRÉNEUX
Un phlegmon peut se développer chez un diabétique à l’occasion d une lésion quelconque de la peau, souvent à la suite d'une éraillurc minime, qui, chez un sujet sain, n’eût entraîné aucune conséquence fâcheuse. Son siège de prédilection est aux extrémités inférieures. Il faut se méfier de sa marche insidieuse : après avoir, pendant quelques jours, présenté un caractère bénin, il peut, tout à coup, s’étendre et devenir diffus. Si son évolution est très rapide, l'inflammation est presque aussitôt compliquée de gangrène Même dans ce cas, le malade ne ressent, le plus souvent, qu’une douleur modérée, et qui paraît peu en rapport avec les désordres locaux. Quant aux phénomènes généraux, ils sont
U Outre les travaux déjà cités, on pourra consulter celui de mon élève Moirkt. (Thèse de Lyon, 189?'.
COMPLICATIONS DU DIABÈTE
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généralement peu marqués au début: la fièvre est presque nulle;
1 état général paraît bon ; puis brusquement des symptômes d’une haute gravité surviennent : les rêvasseries, le délire, la somnolence, précurseurs d'une terminaison fatale. L’éventualité de celte marche insidieuse doit être présente à l’esprit du médecin.
GANGRÈNES DIVERSES
Gallard chez un diabétique mort d’un phlegmon gangréneux de la jambe, a vu la muqueuse de l’estomac parsemée de 5 ou 0 plaques noirâtres, ovalaires, de 1 centimètre de diamètre, facilement détachables et laissant alors à nu le derme de la muqueuse.
Beaucoup moins graves sont les plaques gangréneuses de la peau, consécutives le plus souvent à des bulles ou à des ecchymoses. Marchai (de Calvi), et d’autres2 après lui, ont relaté des cas de celte lésion, d’ailleurs rare.
On a signalé exceptionnellement la gangrène d’autres organes chez les diabétiques; par exemple celle de l’utérus3, mais la seule qui mérite une description, est la gangrène pulmonaire.
GANG R ÈN E R U L M ON A I R E
Celte complication est assez rare. C’est à peine si on la rencontre une fois sur 100 autopsies de diabétiques \ Grossmann en rapporte 46 observations empruntées â divers auteurs®.
1. Gallakd. (Assoc. 'française pour /’ avancement des Sciences. Session de Clermont-Ferrand, 21 août 1876).
2. Voir GnossMAKX. (Loc. cil., p. 25). — .M. Kaposi. Zwei eigenthümliche Fâlle von Dermatosis diubelica. (Med. lahrbücher, i 804, avec planche). — W. Rosenblath. Ueber multiple Hautnecrosen und Schleimhaut Ulcerationen bei einem Diabetiker (Virchow’ s Archiv, 1888, CX1V. p. 282).