DIABÈTE A MARCHE AIGUE
Celte forme de diabète se rencontre surtout chez les enfants, et particulièrement à la suite d’une chute sur la tète. Parfois, en quelques semaines, il aboutit au coma acélonémique. Je pourrais en citer plusieurs exemples'.
Chez l'adulte, au contraire, cette forme de diabète est tout à fait exceptionnelle.
AValbach a publié un cas, en apparence décisif, celui d’un chimiste qui, quelque temps après avoir constaté que son urine était exempte de sucre, se refroidit et contracta un catarrhe bronchique. Survint alors une soif intense, une perte des forces et de l’amaigrissement. L'urine rendue en abondante quantité fut examinée quelques jours après le début de la maladie. Elle renfer-
I. Sciiew kckexdick {Albj . uicd. Cent ralzei t . . 1907, n°l),a rapporté l’observation d’un enfant dont l’urine, deux jours après un coup de pied dans la région de l’ombilic, renfermait 47 grammes de sucre (p. 1000), et beaucoup d'acétone. La mort est survenue, dans le coma, six jours après le traumatisme. L'autopsie n’ayant pas été faite, le cas est en somme assez obscur.
MARCHE, DURÉE, TERMINAISONS
ma il 80 grammes de sucre p. 1000. Le malade mourut quinze jours après, et l'autopsie, sauf quelques lésions pulmonaires, ne présentait rien de spécial1.
Mais il serait bien étrange qu’un diabète à marche foudroyante eût été causé par un simple refroidissement. Il me paraît extrêmement vraisemblable que ce sujet était un diabétique, virtuel, mais déjà fortement touché lors du début du catarrhe. Ce cas ne me semble donc pas un cas probant de diabète aigu.
Le professeur Bernheim 2, Bœhm 3, etc., etc., ont aussi rapporté des cas de diabète terminé par la mort, et dont le début apparent ne remontait qu’à quelques semaines. Mais dans la plupart des cas on peut supposer que le diabète était resté latent jusqu'à la dernière période.
La date de début d’un diabète traumatique étant, en général, plus facile à préciser, la durée réelle de ce dernier est beaucoup moins discutable. Or, on en connaît un certain nombre qui ont guéri au bout de quelques mois4. On en pourrait citer un plus grand nombre où la glycosurie a fait place à une polyurie simple ayant duré un temps variable :
Kléc a rapporté l’histoire d’une femme de vingt-quatre ans, qui eut un traumatisme du crâne, du côté gauche, avec fracture et enfoncement du frontal. Le môme jour, soif vive. Cinq jours après, on remarqua une polyurie qui augmenta pendant douze jours (jusqu’à 8 litres en vingt-quatre heures), avec glycosurie. Puis, amélioration, également progressive. La glycosurie, cinq semaines après l’accident, n’existait plus qu’à l’état de traces. La polyurie dura encore deux mois, puis guérit 5.
1. J. Wallàch. Diabètes mellitus von fünfwôchentlichem Verlaufe. [Virchow' s Archiv, 1866, XXXVI, 291).