D’UN DIABÈTE
Alors môme qu’on aura la certitude que l’urine renferme du sucre, le diagnostic du diabète ne sera pas établi ; car elle peut renfermer un sucre qui n'est pas du glycose.
LACTOSUHIE
L’urine sucrée d’une femme dont la lactation Aient brusquement d'èlre interrompue, renfermant, par conséquent, du lactose, pourrait être considérée à tort comme une urine diabétique ; mais les circonstances cliniques du cas suffiront généralement pour éviter toute erreur. Ajoutons «pie la lactose ne fermente pas avec la levure de bière.
l’KNTOSURIE
L’urine d’un sujet d'ailleurs sain, qui, quelques heures auparavant, avait mangé une grande quantité d'oignons blancs du Midi, possédait un pouvoir réducteur équivalant à près de 40 grammes de glycose. Boulud, (pii l'a examinée avec soin, a constaté qu’elle ne présentait pas de pouvoir rotatoire Son pouvoir réducteur était dû à un pentose arabinosc inactive).
Y. Jaksch a trouvé qu’il suffit à un homme sain de boire 4 litre à 1 litre et demi d’un vin de fruits non fermente pour être pentosurique pendant vingt-quatre heures au moins*.
L’absence de pouvoir rotatoire et de pouvoir fermentescible permet de différencier la pentosuriede la glycosurie. Or, la pentosuric n’est pas toujours d’origine alimentaire. On a, dans ces dernières années, publié un certain nombre de cas de pentosurie idiopathique1.
t. Il est probable que l’épreuve de la fermentation eut été négative.
2. Non Jaksch. (Ceulralblatt fiir innere Mcdicin , 1906. n° 6).
3. Nous avons signalé, en traitant de l’urine diabétique, la pré-
DIAGNOSTIC
fii8
Les sujets chez lesquels on a observé cette singulière glvcurie différaient beaucoup des diabétiques ordinaires ; car ils n’ont présenté ni les symptômes, ni les complications du diabète, et le traitement anti-diabétique est loin de leur être favorable.
L’observation princeps a été publiée par Jastrowitz et Salkowski 1 : dans l’urine d’un morphinomane, ils ont trouvé accidentellement un sucre présentant les caractères d’un pentose inactif vis-à-vis de la lumière polarisée.
t’n sujet, observé par F. Meyer-, âgé de vingt-neuf ans, pâle et nerveux depuis son enfance, mais ne se sentant pas malade, avait été refusé, comme diabétique, par le médecin, d’une compagnie d’assurances sur la vie. Neuf ans plus tard, il se plaignait de faiblesse, de maux de reins, de céphalée, de vertiges et de névralgies, surtout de sciatique double. Peu d’appétit; pas de polydipsie, pas de polyurie (1.800 centimètres cubes d’urine claire, sans dépôt ni albumine, réduisant la liqueur cuprique, mais avec cette particularité (pie la réduction se faisait seulement après un chauffage prolongé et alors tout d'un coup.
Pouvoirs rotatoire et fermentescible nuis.
La réaction des pentoses par l’orcine était positive, et. en faisant l’extraction de la couleur par l'alcool amylique, on obtenait une raie entre C et 1) :1. L’osazone avait pour point de fusion 159° et renfermait 17,09 p. 100 d'azote.
Le régime antidiabétique et la cure de Carlsbad n’amenèrent aucun résultat; mais le régime lacté fut suivi d’une améliora-
sence éventuelle de pentoses, en très petite proportion, conjointement avec le glycose ; mais, dans la pentosurie idiopathique, l’urine ne renferme point de glycose.
1. Salkowski et Jastrowitz. ( Centralblatt fur die mcd. Wissenscli., I. nu 19). Cette urine réduisait la liqueurde Fehling, mais tardivement. La polarisation et la fermentation ne donnaient qu’un résultat négatif. Avec la phénylhydrazine, on obtenait un précipité d’osazone (environ 3 grammes par litre d’urine). Cet osazone se distinguait du glycosazone par son point de fusion ( 1 58°) beaucoup plus bas que celui de ce dernier (203), et par le fait qu'il était soluble dans l’eau — Certains jours, l’urine du malade renfermait aussi du glycose.
i. F. Meyer, (lierliner Idinische Woch., 1901, p. 785).
3. La quantité de pentose, par litre, a été évaluée à G grammes.
PENTOSURIE
lion réelle; le malade engraissa, vit disparaître ses névralgies et diminuer la pentosuric. Puis, quelques mois plus tard, des émotions et du surmenage amenèrent le retour «le l'état morbide (urine 1.800 centimètres cubes, avec 0 grammes par litre de pentose; névralgies, etc.). Un régime convenable l'améliora de nouveau.
Une alimentation riche en hydrates de carbone et en nucléine 1 n'augmentait pas la pentosurie.
Tintemann- a publié l'observation d’une jeune fille israélite, âgée de vingt et un ans, qui excrétait par jour de 800 à 1.500 centimètres cubes d'urine. La densité, en relation inverse avec la quantité, variait de 1 .025 à 1.018, La réduction se faisait quelques minutes après le commencement de l’ébullition de l’urine mélangée à la liqueur de Fehling. Pas de pouvoir rotatoire; pas de fermentation avec la levure. Réactions colorées des pentoscs, et bandes d’absorption entre C et D. Osazone fusible à 156° — 159°; la quantité de pentose excrétée par jour (3 grammes environ) était indépendante de l’alimentation. La malade tolérait bien le glycose et le lévulose.
L'ingestion de xylose donnait lieu, comme chez l’homme sain, à l'excrétion de 40 j>. 100 environ de ce sucre.
L’urine d une dame, considérée comme atteinte de diabète léger, présentait les caractères suivants : pouvoir rotatoire nul; pouvoir réducteur énergique; coloration verte par le réactif de lîial ; absence de fermentation après addition «le levure de bière, même après huit jours de séjour à l’étuve. Au bout de ce temps, cette urine donnait, comme avant, la réaction de Bial '.
L un des deux pentosuriques de Vas jouissait d une bonne santé; l’autre était neurasthénique*.
Wcil (de Stuttgart) a observé trois pentosuriques; tous trois étaient israélites. Le deuxième cas est celui d'un jeune homme
!. .Nechew; a démontré «pie « 'est du xylose qui est fourni par l«* dédoublement de la nucléine. Or, c'est de l'arabinose qu'on trouve dans l’urine des pentosuriques.
2. Tintemann. Stofïwechseluntersuch. bei einem Fait von Pentosuric. (Zeitschrift fur kl Medicin, 1905, LYIII. p. 190).