‹ Le diabète sucréChapitre 598 sur 654 · I. — L URINE RENFERME-T-ELLE UN SUCRE RÉDUCTEUR · texte numérisé non relu

I. — L URINE RENFERME-T-ELLE UN SUCRE RÉDUCTEUR

11 faut savoir qu'une trace de sucre dans Furine peut être complètement méconnue par le médecin; car, s'il en fait la recherche avec la liqueur de Fehling, la créatinine, en sa qualité de hase, maintient en dissolution, si elle se trouve en proportion un peu forte, l’oxydule qui devrait être précipité. On a la preuve de cette cause d’erreur en ajoutant à l’urine d'un sujet sain, s’alimentant largement de viande, une petite proportion de glycose (2 grammes environ par litre) : Avec les sels de cuivre on sera incapable d'en reconnaître la présence, tandis que le dosage de la même propor tion de glvcose dans Veau pure s’y ferait avec une exactitude absolue1.

Il faut donc se débarrasser de la créatinine, ce qui est facile en déféquant l’urine avec le nitrate acide de mercure, par le procédé de Pateiu \

L'erreur inverse, qui consiste à croire à tort à l’existence de sucre dans une urine, est encore plus commune.

11 est très fréquent de rencontrer des arthritiques plus ou moins obèses qui ont l’apparence de diabétiques, sauf que leur urine est peu abondante. S'ils sont gros mangeurs, elle renferme une forte proportion d’acide urique, substance réductrice. Un opérateur peu expérimenté croira que la réduction est due une matière sucrée.

Un moyen très simple d éviter cette erreur consiste îi refroidir l urine en la maintenant dans la glace pendant quelques heures.

1. Si le sucre est en proportion un peu forte, on a bien une réduction ; mais le précipité n'est pas rouge, comme il l'estavec une solution purement aqueuse de sucre. Voir Dessaignbs. ( Journal de pharmacie et de chimie, 1857). — Wohm-Mukllkr. ( l'/lueger's Archiv, 1882. XXVII). — Hki mavkr. ( Deutsche s Archiv . 1900, LXVII, p. 195). — Cipoi.lina. (Deutsche med. Woch., 1901. p 440;.

2. Voir aussi Porcher et IIkrvikux. (Journal de physiol. et de pathol. générais, oct. 1902', et Ecry. (Bulletin de la Société chimique. 1900 XXIII, p. 45).

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DIAGNOSTIC

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L’acide urique el les u rates sont en grande partie précipités; on liltre; puis on additionne l’urine de liqueur cuprique et on l’abandonne vingt-quatre heures dans un endroit frais. Si, au bout de ce temps, dans ces conditions, il y a un précipité d’oxydule de cuivre, on peut admettre l’existence de sucre ; car les matières réductrices, non sucrées, de l’urine ne réduisent qu’à chaud.

Worm-Müller a indiqué une méthode très élégante et très sûre pour les cas de ce genre :

On détermine exactement sur une portion d’urine la quantité nécessaire pour décolorer I centimètre cube de liqueur de Fehling; puis on fait fermenter une autre portion avec un peu de levure de bière. Quelques heures plus tard, on recherche si pour décolorer la même quantité de liqueur de Fehling, il faut employer une plus grande quantité d’urine. Dans ce cas, il est clair que la réduction était, au moins en partie, causée par du sucre fermentescible. — Cette méthode est théoriquement excellente; pratiquement, elle est délicate, et demande un manipulateur un peu exercé.

On peut encore, si l’urine renferme au moins grammes de sucre par litre, employer le réactif de Xylandcr ', l’oxyde de bismuth ayant sur celui de cuivre l’avantage de n’èlre pas réduit par l’acide urique, la créatinine, etc. Mais il est indispensable d’opérer avec une urine débarrassée d’albumine et de mucine, car une trace de matière albuminoïde noircit le liquide, à cause de la formation de sulfure de bismuth. En cas de doute, il faut de toute nécessité recourir à l’épreuve de la fermentation, et surtout s’adresser à un chimiste qui fera un osazone.

I. Le réactif de Nylanderest une solution de sous-nitrate de bismuth et de sel de Seignette dans de la lessive de soude à 10 p. 100. On fait bouillir pendant deux minutes 1 partie de ce réactif avec 10 parties d’urine. La présence du sucre est prouvée par la coloration noirâtre du liquide.

DIAGNOSTIC

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