UTILISATION DUS ALBUMINOÏDES
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13) Examen des selles au point de vue des matières albuminoïdes. — 1° l ’tilisation de ces matières. — En 1 absence de suc pancréatique, les malières albuminoïdes sont mieux absorbées que les graisses. D’après Brugsch on ne trouve dans les selles que 2") p, 100, au plus, de b azote ingéré. Pour que la perlesoit plus forte, il est nécessaire que la bile fasse en môme temps défaut. Comme l’absence seule de la bile entraîne une perte moindre (Il p. 100), on comprend que le pourcentage de la graisse dans les malières sèches (voir plus haut) soit plus élevé dans les cas d’oblitération du cholédoque que dans l'atrophie du pancréas.
La perte d’a/.ote n’étant pas caractéristique, puisque bien d autres causes que le défaut du suc pancréatique peuvent produire une perte analogue, on a jugé avec raison qu'il était opportun de chercher à apprécier l’énergie trvptique elle-même; et, pour cela, diverses méthodes ont été recommandées.
2° Recherche de la trypsine. Méthode de A. Schmidt. — Cette méthode repose sur le fait d’observation que le suc pancréatique est la seule sécrétion du tube gastro-intestinal capable de digérer les noyaux des libres musculaires.
En conséquence, Schmidt coupe de la viande de bœuf en cubes d’un demi-centimètre, et les durcit dans l’alcool : puis il les introduit dans un petit sac de gaze et les conserve dans ce liquide. Pour faire une détermination, on prend un de ces sacs, et. après immersion pendant une demi-heure dans l’eau, on le fait ingérer au malade. Il est facile de le retrouver dans les selles : on le lave ainsi (pie son contenu et I on recherche au microscope les noyaux de libres musculaires1.
Schmidt fait remarquer cpie le séjour trop prolongé ou trop court du sac de gaze dans l'intestin est susceptible d'induire en erreur : dans le premier cas, la putréfaction peut amener la destruction des noyaux, en l’absence de suc pancréatique; dans le second, si la traversée est trop rapide, les noyaux, même en
LA. Schmidt. Funktionelle Pankreasachylie. [Deulschcs Archiv fur kliiu Med., 19U6, LXXXVII, p. 461).
DIAGNOSTIC
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présence de suc pancréatique, ne seront peut-être pas digérés. C’est ce que cet auteur croit avoir observé chez des sujets atteints de tuberculose ou de dégénérescence amyloïde de l’intestin. 11 est d’ailleurs possible que le suc pancréatique n’ait pas possédé, dans ces cas, son activité normale.
Dutton Stecle1, en employant la méthode de Schmidt, a vu aussi que, en cas d’achylie, les noyaux étaient conservés, bien que le pancréas fut anatomiquement intact. Mais, pour n’étre pas infaillible, la méthode de Schmidt peut néanmoins rendre des services.
Voici une autre méthode très simple, qu’on prétend propre à déceler l’existence de la trypsine ; si on met une parcelle de fèces sur une plaque de gélatine et qu’on laisse celle-ci vingtquatre heures à 55°-60°, on obtient une liquéfaction de la gélatine que ne produit pas la pepsine et le ferment protéolytique des leucocytes2.
Méthode do Boldyrev -Volhard. — Celte méthode a pour base un fait signalé par Boldyrev au Congrès international des physiologistes tenu à Bruxelles, à savoir que l’ingestion excessive d’huile ou d’un liquide très acide détermine le reflux du liquide duodénal dans l’estomac. Dans sa communication, ce physiologiste émet l'idée (pi on pourrait utiliser ce fait en clinique.
C’est ce qu’a effectivement tenté Volhard, en opérant de la manière suivante:
Avec une sonde œsophagienne il introduit dans l’estomac, à jeun, 200 c.c. d’huile d’olive. Au bout d’un quart d’heure il retire une centaine de grammes d’un liquide glaireux, coloré, où surnage de l’huile que l’on élimine facilement. Dans le liquide restant, on recherche la trypsine par digestion de caséine en milieu alcalin 3.
1. Dutton Steele. [21sl Meeting of tke Assoc. of Amer. Physic., mai 1906).
2. E. Mueller. (Deutsches Arc hiv für li lin. Medicin, 1908, Cil. p. 199). — II. Schlecht. (MÜneh . medicin. Woch., 1908, p. 725).
3. F. Volhard. Ueber die Untersuchung des Pankreassaftes beim
DIAGNOSTIC DI-; L’INSUFFISANCE DU PANCRÉAS
Diaprés Volhard, on trouverait de la trypsine, 9 fois sur 10, dans l’estomac de 1 homme sain. S'il en est ainsi, la méthode serait justifiée.
C) Détermination du pouvoir amylolytique des fèces. — Celte méthode est à l’étude. Ambard, Binet et Stodel 1 ont pu se convaincre que, chez le chien, le pouvoir amylolytique des fèces dépend, à peu près exclusivement, du suc pancréatique. S'il en était de même chez l'homme, on aurait facilement un signe d’insuffisance pancréatique. Mais on ne peut à cet égard assimiler l’homme au chien : car la salive, chez cet animal, a, sous ce rapport, relativement peu d’importance.
Ces expérimentateurs ont confirmé le fait connu depuis von Jaksch, Léo, etc., que le pouvoir amylolytique des fèces n’est bien prononcé que dans les selles diarrhéiques. En conséquence, ils purgent le sujet, préalablement mis à la diète lactée la veille. Cette méthode, au point de vue spécial qui nous occupe, n’a pas encore été mise en pratique.
SIGNES TIRÉS !>K I.EXAil EN DE L’URINE
Les signes d’insuffisance pancréatique (pie l’on peut essayer de tirer de l’examen de l'urine ne sont pas aussi significatifs que plusieurs de ceux que nous venons de passer en revue, il convient cependant de ne pas les négliger.
On a dit — non sans raison — que dans le diabète pancréatique la quantité d’urine est le plus souvent très modérée, malgré
Menschen uml eine Méthode der quantitativen Trypsinbestimmung. [Miinch. med. Wochenscli., 26 février 1907 Voir aussi : Boldyrev. l’eber den selbststandigen n n<l künstlich liervorgerufeuen l'obergang von l'unkreassafl in den Magcn. Zentralblutt fiirdie gcsaimnc Phys. und l'ath des Stoffu'ech'cls . 1 90 s, n° 6 . et surtout Lewinski Deutsche med. Wochensch.. 1 908, nv 37 Cet auteur insiste sur l'utilité d'administrer au malade de la magnésie calcinée en même temps que l'huile.
I. L. A mii a un, M.-E. Binet et <■ Stodel. Etude de l’activité pancréatique par le dosage de l’amylase fécale. Comptes Bendus de la Société de Biol., séance du 10 février 1907. p. 265 .
DIAGNOSTIC
une forte glycosurie. Cette remarque a sa valeur; mais l’analyse de l’urine fournit aussi des renseignements utiles.
1° Détermination de la proportion des sulfo-conjugués. — On sait que, à 1 état normal, un dixième environ de l'acide sulfurique urinaire se trouve è 1 état de sulfo-conjugués. Or, on a fait la remarque intéressante que celle proportion est moindre quand le suc pancréatique fait défaut, probablement parce que 1 indol, le scatol, etc., sont moins abondants dans l’intestin1 2 3 4. Quoi qu’il en soit, et bien que parfois on ait trouvé l’indican augmenté dans l’urine de malades atteints d’affections diverses du pancréas -, la diminution des sulfo-conjugués de l’urine paraît, dans ces cas, devoir être la règle1.
2° Réaction de Cammulge. — Celte réaction consiste à chauffer l’urine en présence d'un acide et, après l’avoir neutralisée, à la traiter par la phénylhydrazine pour y rechercher des cristaux d'osazone. Dans 1 urine normale ces cristaux font défaut, comme on le sait, mais l’on en trouve assez souvent, en quantité d’ailleurs minime, quand il existe une maladie du pancréas11.
Cammidge1 avait d’abord expliqué ce fait à l’aide d’hypothè§cs que des motifs d’ordre physiologique et chimique rendaient invraisemblables, l ‘lus récemment, il a émis l’idée que la réaction est produite par une substance qui, dans l’urine acidifiée et
1. Voir D.-L. Edsall. The estimation of lhe urinary su I pliâtes and of Lfvo fecal fat in the diagnosis of pancreatic disease [Amer. Journ. of the Meil. Scienc., avril 1901) qui donne la bibliographie de la question, et K. Wilannen. ( Thèse de Saint-Pétersbourg, 1905, analysée in Ccntr. Bl. /'. inn. Med., 10 mars 1906, p. 258) qui a eu des résultats assez nets chez les chiens.