PRONOSTIC
aussi, à ce moment, le diabète prendre un caractère grave. Toutes les éventualités, je le répète, peuvent se présenter.
Voilà les principaux éléments qui influent sur la gravité du diabète. Mais celte énumération est bien incomplète, et beaucoup d’autres mériteraient d’étre étudiés, par exemple le sexe : Je vois dans la statistique des hôpitaux prussiens* que la mortalité du diabète chez la femme est plus forte que chez l’homme et je trouve le même fait brut dans une statistique parisienne1 2. Cette coïncidence est curieuse et il est probable qu’elle correspond à une réalité ; mais, pour le moment, je ne vois pas pour quel motif le diabète présenterait, chez la femme, une gravité plus grande.
En résumé, le diabète chez un homme dans de bonnes conditions, et qui se soigne, n'est pas, sauf exceptions, une maladie très grave ; il permet d’espérer une survie, sinon égale à celle d’un homme sain, au moins assez longue. Aussi comprend-on mal que les compagnies d’assurances sur la vie considèrent la glycosurie comme un vice rédhibitoire. — Qu elles écartent les diabétiques âgés de moins de trente ans, et ceux qui présentent une complication sérieuse, surtout l'acctonurie, rien de plus naturel; mais il est incompréhensible qu’elles refusent d’admettre les diabétiques légèrement atteints. M. Siredey leur a proposé très judicieusement de les renvoyer à un an.
1. G. Heimann. Zur Verbreitungder Zuckerkrankeit im preussichen Staate. ( Deutsche med. Wochensch-, 12 août 1900. p. 505).
2. D’après Bloch ( Médecine moderne, 1897, p. 818), il est mort à Paris du diabète, pendant la période décennale 1 885-1 894-, 1748 hommes et 1223 femmes. Gela fait 41 femmes pour 100 diabétiques. Cette proportion est plus forte que celle de la morbidité de la femme pour le diabète.